OBSERVATION VI
Ma..., garçon de 7 ans. Malade du service de M. le D- Apert.
Antécédents. — Né à terme. Développement normal. A eu la rougeole; la diphtérie, la varicelle, les oreillons, la: coqueluche.
Parents bien portants. La mère n’a pas eu d’avortement. 2 frères bien portants.
Histoire de la maladie, — Te 18 octobre 1938, en n pleine santé; l'enfant eut brusquement dans la matinée des frissons, puis. un. point de côté droit. Le soir, $a température était de 4004. Les.
: Jours suivants, la température se maintint au-dessus de 390. Le 22 octobre, apparition d’ædème du scrotum. Pas Den pas de douleurs lombaires.
Le 23 octobre, il entre à l'hôpital.
Examen du malade le 23 octobre. — Température 39°. On trouve en examinant les poumons, les signes d’un foyer pneumonique : matité occupant en arrière la moitié supérieure du champ pulmonaire . gauche ; au même endroit nombreux râles fins, souffle expiratoire. La radiographie confirme le diagnostic de pneumonie du sommet. Il existe un œdème assez marqué occupant la partie inférieure de la paroi abdo- -minale et surtout le scrotum.
Les urines sont assez abondantes, 500 à 600 centimètres cubes par 24 heures. Elles contiennent 1 gr. 50 d’albumine par litre, quelques leucocytes des cellules épithéliales, pas E cylindres.
Le poids est 15 kgr. 850.
Evolution. — Le 24 octobre, la température est tombée à 3706 et le 25 octobre à 37°2. Depuis elle s’est maintenue entre 370 et 3505, jusqu’à la sortie de l’hôpital. Les signes pulmonaires dis paraissent en quelques jours. Mais la crise urinaire ne se produit pas : la quantité d’urine reste de 5oo centimètres cubes par 24 heures, le poids se maintient à 17 kgr. 850. Le 26 octobre, il y a 1 gr. 25 d’albumine par litre d'urine ; le 27 octobre,1 gramme. L'enfant est maintenu au régime lacté. PSE
Le 28 octobre, le sérum contient 1 gr. 50 d'urée par litre.
Le 30 octobre, un examen plus complet du sérum (voirtableau7) montre une très légère augmentation des lipides (à la limite de
albumines,
la normale) etune inversion du rapport globulines
Le 2 novembre, le taux des urines s'élève à 750 centimètres
cubes on trouve 3 gr. 5o de chlorures par litre d’urine. Le 3 novembre. même quantité d'urine, ainsi que le 4. Le poids est descendu à 16 kgr. 300. Les jours suivants la diurèse aug-
mente très progressivement pour atteindre 1 litre le7 novembre,
et s’y maintenir jusqu’à la sortie du malade. Le poids est alors
de 16 kgr. 200. Il n’y a plus d’œdème depuis le 6 novembr & et.
plus que des traces d'albumine dans l'urine.
L’ enfant sort de l'hôpital le 15 novembre, complètement guéri. : Ace moment (voir tableau 7). les chiffres des protides et de
lipides étaient redevenus normaux,
He ADD
© Nous l'avons revu plusieurs fois depuis, la dernière le 15 jan: vier 1927. Il n’a plus eu d'œdème, d’albuminurie. Son poids était le 6 décembre de 16 kgr. 900.
Le métabolismebasal était le 22 novembre 1928 de 45 calories par heure et par mètre carré, au lieu de 54 normal à cet âge. Il était donc abaissé de 16,5 %. Nous avons soumis l'enfant à un traitement. thyroïdien (5 cgr. par jour pendant 10 ours 10 ns de repos et réprise du traitement).
TABLEAU VI 30 X = 15 XI Lipides totaux . Re re. 43,26: 6,90 Cholestérol ..... EEE FORTS: 2:95 1,99 cholest . .
P lip. tot ...... L] .... 2 ? 4 JE Protides tODLAUX encres 68,1 72,82 S'ÉTAIENT Re 29,4 — + Globuline votés ei ss eee. 38,7 R sérine b5é AD. pale eee K Men Urée 1.1. see eV ist PA ARE 0,90 0,22 Eliplasma ere Foro Rss aie — 3,26 CLR ee are rene — 1,61 C1 glob.
Rap. planete AS RIDICEU A — 0,495 NA sens Sen seen Un rene — 3,09 Franc | 1,4 APe Gps... —
39 Dans les néphrites chroniques et dans certaines néphrites subaiguës, on peut rencontrer le syndrome de É déséquilibre lipido-protidique.
Murphy a publié un travail portant sur de très nombreux cas de néphrite chronique, et d’où il avait systématiquement. exclu les néphroses lipoïdiques. En effet, tous ses cas s’accompagnaient d'hématuüries, d’élévation de la tension artérielle, d'élévation du taux de l'urée sanguine, de rétinite, et,
dans dé nombreuses observations, il a pu faire l’autopsie qui a toujours montré, soit une sclérose rénale très avancée soit une glomérulo-néphrite inflammatoire importante. Il conclut de l'examen de tous ces cas, qu'il existe toujours dans les néphrites chroniques qui s’accompagent d'œdème, un syndrome caractérisé par :
Elévation du cholestérol du plama.
Dépôt abondant de lipoides dans les tubes du rein.
Présence de lipoïdes biréfringents dans l'urine.
Par contre, dans tous les cas sans œdème (glomérulo-
néphrite ou sclérose rénale) on ne rencontrerait jamais ces symptômes et à l’autopsie. si on trouve une infiltration lipidique des tubes du rein, jamais il ne s'agirait de lipoïdes biréfringents, mais simplement de graisses neutres. Bennet, Davies et Dodds, aboutissent aux mêmes con” clusions et disent avoir toujours rencontré dans les néphrites chroniques accompagnées d’œdème une élévation marquée du taux du choléstérol sanguin. 4"
Daniels dans deux cas de néphrite so avec eine a pu vérifier par une biopsie pratiquée au cours d’une décapsulation qu'il y avaitune infiltration des tubes SonbUrAéE par les lipoïdes biréfringents.
Bing et Heckscher pensent que l'œdème est toujours associé dans le mal de BABU a une DEP EOR du cholestérol du sang.
L'infiltration par les éthers du cholestérol du parenchyme rénal peut atteindre dans les néphrites chroniques un degré aussi marqué et peut être même plus marqué que dans les cas les plus intenses de néphrose lipoïdique. C’est en effet des cas de cette sorte qu'ont décrit les auteurs anglais sous le nom de Myelin-Kidney. L'aspect macroscopique du rein est compiètement modifié dans ce cas. Malheureusement, les auteurs de cette description (Mac Nee, Weber), ne donnent que des observations cliniques insuflisantes.
Notons que, contrairement aux auteurs précédents, déjà Widal, Weill et Laudat avaient constaté que l'édème du
malde Bright même dans les formés chroniques, ne ‘associe pas toujours à üne augmentation des lipides du sérum, Elwÿn: à fait les mêmes constatations. » à Nous avons observé deux cas de né iphrite chrouique € avec ædèmes chez des enfants. Dans l'un le taux du cholestérol était normal, dans l'autre, il dépassait peu la normale. Il y avait une diminution relative de la sérine-albumine dans les 2 Cas. Cependant ces modifications peu importantes n’ont rien de comparable à celles de la néphrose lipoidique. Voici ces observations :