L'INFILTRATION LIPIDIQUE DU REIN DANS L'EXPÉRIMENTATION
On a pu reproduire chez les animaux des lésions ana: logues à celles de la néphrose lipoïdique par trois méthodes :
Intoxication par des substancés nocivés pour lérein; ‘+
Administration de hautes doses de cholestériol ;
Emploi simultané des deux procédés.
10 Néphrile toxique expérimentale avec infiltration lipidique des cellules du rein, —— Suzuki a pu obtenir par l’urane un rein atrophique tubulaire ayant a RS du rein atrophique néphrotique.
Wichert, Jakowleva et Postpeloff ont intoxiqué des animaux par le sublimé, la cantharidine, l'urane; Dans tous les cas ils ont obtenu les mêmes altérations rénalés. Mais chez les animaux intoxiqués par le sublimé, ils ont obtenu une hÿper-choléstérinémie ét une hydrémie plus grande, quelle que soit la quantité de liquide absorbée,
En réalité ces néphrites toxiques n’ont que de lointains
rapports avec la néphrose lipoidique, en particulier le syn-
drome humoral manque. Il s’agit plutôt de néphrite avec infiltration de lipides. \
2° Maladie cholestérinique expérimentale. — Où bbient des lésions rénales qui se rapprochent beaucoup plus de celles que l’on observe chez l'homme en nourrissant des animaux, surtout des herbivores, avec :du cholestérol dissout dans l'huile. : ;
Bailey nourrit des lapins avec des ie du. cholestérol et du j jaune d'œuf. Il obtient des lésions du rein.
Schünheimer obtient avec de l'huile cholestérinée les mêmes résultats, mais seulement en HP de hautes doses de façon prolongée.
Chuma et Schônheimer obtiennent avec la lanoline, produit riche en cholestérol, des résultats beaucoup plus rapides avec des doses plus faibles. Les lésions rénales obtenues sont très voisines de celles de la néphrose lipoidique :
Aspect macroscopique. — Les reins-sont augmentés de volume. On y voit de petites rétractions à la surface. Les altérations siègent surtout à la limite cortico-médullaire, sont disposées en bandelettes radiaires entre lesquelles se trouvent des segments sains.
Lésions histologiques. — Infiitrations des cellules épithéliales par des lipoiïdes biréfringents, Les cellules peuvent être détruites à la suite de cette infiltration. Les glomérules sont toujours conservés, légèrement infiltrés de ee L'espace capsulaire est généralement dilaté.
Ignatowski donne à de jeunes lapins, en plus du régime habituel, du jaune d’œuf et du lait en abondance. Il constate de l’albuminurie, de l’ascite:et des lésions de différents organes. L’albuminurie et l’ascite ne surviennent pas chez des animaux témoins mis au lait, sans jaune d'œuf.
‘Dans les reins se produit une infiltration praisseuse de beaucoup de cellules des canalicules. is
- L'auteur constate de :plus une artério-sclérose, une cirrhôse hépatique débutante, une hypertrophie de la corticale
— Al —
surrénale, une hypérplasie des cellules de la pulpe de la rate. 2 Lôwenthal en nourrissant des omnivores avee du cho: lestérol obtient, outre les lésions rénales, de l’athérome ayant la même localisation que chez l'homme dans la néphrose lipoïdique, de l'hypercholestérolémie et de l'hypertension. Les lésions artérielles sont néanmoins beaucoup plus fréquentes et beaucoup plus précoces que celles de la néphrose lipoïdique humaine. L'hvpertension artérielle ne serait pas pour Lüvwenthal un élément de différenciation aussi nette qu’on pourrait le croire. En effet si chez l'homme on ne constate pas d’hypertension dans la néphrose lipoidique, chez l'animal l’'hypertensiôn disparaît dès que l'hypercholestérolémie a‘atteint des chiffres élevés.
Dewey a obtenu une infiltration de cholestérol des épithéliums rénaux par une méthode différente : injection dans les veines et dans le péritoine d’une solution de cholestérol.
Dans ces diverses expériences une hypercholestérolémie prolongée a toujours produit une infiltration lipoidique des épithéliums des reins et des lésions artérielles ; mais malgré celà la maladie cholestérinique du lapin diffère notablement de la néphrose lipoïdique de l'homme. Certains symptômes,
comme l'hypertension et l’arcus corneae ne se rencontrent que chez l’animal.
De plus l’évolution clinique n’est nullement comparable dans les deux cas; on ne trouve pas de modifications des albumines du sang (Grossmann) et surtout pas d'œdème.
30 Méthodes utilisant à la fois des substances toxiques pour le rein et l'alimentation riche en cholestérol. — On a des résultats qui s’éloignent encore plus de la néphrose lipoïdique humaine.
Bing, Heckscher et Jessen injectent chez des lapins, pendant une longue période de temps {4o à 60 injections s’étageant sur üne période de 2 à 3 mois) des substances toxiques pour le rein (acétate d’urane, phosphore, chromatede potasse) Ils observent une légère albuminurie, mais aucune augmen-
tation des lipides totaux et du cholestérol du plasma. Chez des animaux soumis en plus à des saignées, ils ont trouvé une augmentation des lipides totaux et du cholesté. rol ; ils en concluent que l’augmentation de la lipémie est en rapport avec la diminution des albumines du sang. Esposito obtient les mêmes résultats chez des chiens et des lapins chez lesquels il provoque une anémie expérimentale progressive par des injections d’acétate de plomb, de toluylène diamine, de saponine et de benzol.
Wacker, Hueck provoquent une infiltration lipoidique du tissu dés herbivores en les alimentant avec du cholestérol. Gross et Genck ont oblenu des résultats analogues à ceux de Bing, Heckscher et Jessen au moyen de l’acétate d’urane; ils provoquent ainsi une élimination de lipoïdes birétringents par l'urine. sS - Welimann et Biach nourrissent des lapins avec 1 gramme de cholestérol pendant 25 jours,et donnent du nitrate d’urane pendant les 7 derniers jours. | Chalatow a fait des expériences analogues.