CHAPITRE II
PATHOGÉNIE DES AUTRES SYMPTOMES 1, — Lipémie.
Elle semble différente de celle des autres lipémies pathologiques dont on a cherché parfois à la rapprocher. Un trouble du métabolisme des hydrates de carbone n’est pas encause comme dans la lipémie diabétique. La glycémie est toujours normale, il n’y à jamais de glycosurie. Il faut donc la distinguer nettement des lipémies des diabétiques, bien qu'elles puissent entraîner une infiltration du rein par les lipoïdes. Il en est probablement de même des lipémies que l’on peut observer dans la maladie de Basedow et dans le myxœdème (Epstein) ; cet auteur considère pourtant la lipémie du myxæœdème comme une preuve dé l’origine thyroïdienne de la néphrose lipoïdique.
La lipémie des icières est ausssi de nature différente ainsi que celle du xanthome et ainsi que la lipémie essentielle signalée par Joël.
En réalité, nous ne savons pas la véritable cause de ce trouble dans {a néphrose lipoïdique. On a voulu l’expliquer soit par des théories générales invoquant un trouble du métabolisme, soit par un trouble du fonctionnement d'un organe déterminé.
Théories générales. — Munk pense qu'elle est due à une modification de l'état physico-chimique de tous les lipoïdes de l’organisme.
Théories invoquant la lésion d'un organe déterminé. — Le foie joue un rôle certain dans le métabolisme des lipides, maïs les lésions qu'il peut présenter sont trop inconstantes et trop variables pour qu’on puisse leur attribuer une signification.
Le système réticulo-endothélial ne présente pas comme dans la maladie de Niemann-Pick d'infiltration graisseuse (cellules de Kuppffer, rate, moelle des os) comme le montrent les autopsies de Lüwenthal et les nôtres.
Le rôle du rein semble peu probable et son infiltration lipoïdique est vraisemblablement secondaire à la lipémie.