COMBUSTIBLES SUSCEPTIBLES D ALIMENTER LES GAZOGÈNES
Le gazogène peut utiliser toute une gamme de combustibles : bois, charbon de bois, aggloméré, anthracite, lignite, tourbe, coke, semi-coke, sarments de vignes, coques d'arachides, coques et bourres de noix de coco, grignons d'olives.
Précisons tout de suite qu'aucun n'est exempt de critiques. Le climat, les ressources nationales ou régionales, les possibilités de ravitaillement, guideront mieux l’usager éventuel dans le choix du combustible que la comparaison des qualités techniques de chacun d’eux.
Le Bois. — C'est le carburant le plus simple. La propagande dans les débuts du gazogène en faisait valoir l’économie; il suffisait de se baisser, de ramasser n'importe quoi pour alimenter la voiture. On en est revenu.
S'il est admis que toutes les essences peuvent fournir du gaz carburant, les bois durs : chêne, charme, orme, frêne, et surtout le hêtre, sont supérieurs aux bois tendres : bouleau, peuplier, aulne.
Quant aux essences résineuses : pin, sapin, épicéa, elles
Se
ont démontré à l’usage que la résine, loin d’être un danger, se consumait entièrement et se transformait en gaz utile.
Le bois, sans être rigoureusement calibré, doit être
réduit en morceaux de 6 à 8 centimètres, pour descendre normalement dans le foyer sans se caler.
7 Il doit être sec. Au moment de la coupe, la teneur en eau est souvent de 40 p. 100. Si le bois était utilisé ainsi, l’évaporation, dans le gazogène, abaïsserait la température et rendrait la combustion et l’épuration difficiles. I faut donc qu'il ait au moins six mois de coupe, ce qui ramène la teneur en eau de 40 à 20 p. 100.
Même ces conditions remplies, le bois présente de nombreux inconvénients. fl donne à la combustion beaucoup de goudrons et de produits pyroligneux, qui demeurent mêlés au gaz pauvre, en dépit de tous les systèmes d’épuration, et viennent encrasser les organes essentiels du moteur.
En outre, comme il faut 3 kilos de bois pour remplacer À litre d'essence, le véhicule doit se charger d’un poids mort important, pour un rayon d'action relativement modeste.
Par contre, beaucoup plus économique que le charbon de bois, il est également plus propre, moins fragile et moins sensible à l’humidité.
LE CHARBON DE BOIS. — Produit selon l’antique procédé des meules ou dans les fours mobiles, fixes et semi-fixes, le charbon de bois est encore obtenu dans les grandes usines de produits chimiques, dont il est le sous-produit.
On a beaucoup médit sur le caractère primitif et archaïique des meules, qui ont le tort de ne pas toujours donner un charbon uniforme, laissent perdre tous les sousproduits et exigent, en permanence, la présence d’un charbonnier très spécialisé; néanmoins, de nombreux exploi-
BRUCHET. 3
DL à: Fa
tants demeurent fidèles à ce procédé, qui ne demande aucun matériel.
Les grandes usines de produits chimiques présentent évidemment un charbon toujours égal à lui-même, d'une présentation supérieure, bien dépoussiéré et calibré.
Mais ces usines, en raison de leur importance, ne sont possibles qu’à proximité de forêts très denses.
Aussi bien, le four mobile, qui est un moyen terme entre la trop petite et la trop grande installation, sans être la solution idéale, tend actuellement à se généraliser de plus en plus.
Pour être ut:lisé dans le gazogène, il faut que le charbon soit sec, exempt de poussières, de terre, de sable et de ca‘lloux. Dans ces conditions, la combustion ne donne que peu de cendres et de goudrons, ce qui rend l’épuration plus facile qu'avec le boïs.
Un kilogramme de charbon fournit, sous forme gazeuse, 4.800 calories contre 2.400 pour le bois. A poids égal, le charbon de bois permet donc un rayon deux fois plus étendu, mais sa faible densité le rend très encombrant.
LE CHARBON MINÉRAL. — L'anthracite, d’un pouvoir calor'fique supérieur, est employé soit seul, soit mélangé au charbon de bo’s. Il en résulte un gain important en poids et en volume par rapport au bois; mais le gaz produit a besoin d’une sérieuse épuration.
LE SEMI-COKE ET LE COKE. — Le semi-coke, résidu de la distillation à basse température, et le coke, résidu de la distillation à haute température, sont encore d’un emploi possible.
Les LIGNITES ET LES TOURBES. — Malgré les nombreux inconvénients tenant à leur forte teneur en cendres, ils sont parfois adoptés comme combustibles.