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L'usager doit s’astreindre à des nettoyages fréquents du générateur, pour le débarrasser de tous les résidus susceptibles d’obturer grilles, tuyères, cendrier, et de l’épurateur, pour le vider de toutes les impuretés entrainées par les gaz et qu'il a interceptées.
Le gazogène et ses organes annexes sont encombrants; dans les véhicules conçus spécialement à gazogène, les constructeurs se sont heureusement ingéniés à les dissimuler; mais, dans les voitures adaptées, il faut les placer où l’on peut, et l’elfet n’est pas esthétique.
B. — Le gaz d'éclairage.
Le gaz d'éclairage a un pouvoir calorifique bien supérieur au gaz de gazogène : 4.500 cal./mè. Aussi n'est-il pas étonnant qu’on ait songé depuis fort longtemps à l’utiliser comme force motrice.
À Chicago, un tramway à gaz fut expérimenté dès 1885.
En France, des essais eurent lieu en 1893, sur un tramway également, effectuant le trajet Plaine Saint-Denis- Porte de la Chapelle. On signale encore d’autres tentatives en divers pays; mais ce n’est qu'à partir de 1925 que l’utilisation de ce carburant entra vraiment dans la pratique, sans jamais prendre cependant une importance décisive.
Le gaz d'éclairage réalise pourtant, par ses nombreuses qualités, un carburant supérieur à l'essence.
De l'avis général, il permet : une grande souplesse de conduite, une marche silencieuse, et des reprises faciles; des ralentis économiques, détail intéressant pour les véhicules astreints à des arrêts fréquents en ville. Enfin, les craintes d'incendie ou d’explosion, que certains redoutaient, n’ont aucun fondement; le gaz d'éclairage donne plus de garanties, plus de sécurité, que les combustibles
liquides.
Pour l’utiliser.sur un moteur à essence, les modifications ne sont pas extrêmement coûteuses, et cependant son emploi était demeuré restreint avant la guerre de 1939, même dans les pays susceptibles de disposer de grosses quantités de carburant.
Il y avait un gros inconvénient à vaincre pour permettre sa généralisation.
Nous avons dit que le pouvoir calorifique de ce gaz était de 4.500 calories, il fallait par conséquent 1,7 mÿ (ou 1,5 m3) pour remplacer 1 litre d'essence.
Pour un rayon d'action même modeste, le véhicule était condamné à transporter un volume considérable. Les bouteilles de gaz comprimé apportèrent une première solution à ce problème; mais ces bouteilles, qui à partir de 1927 contena'ent un gaz comprimé à 200 atmosphères, devaient présenter une résistance se traduisant dans la fabrication par une épaisseur d'acier considérable et un poids excessif. Pour transporter l'équivalent de 10 litres d'essence, le véhicule supportait 150 kilos. Cette servitude limitait son emploi.
La question se présente maintenant sous ‘un autre jour. L'expérience a prouvé que le gaz d'éclairage pouvait être comprimé jusqu à 500 atmosphères au centimètre cube, et les pouvoirs publics ont autorisé des press'ons de 300 et 400 HPZ(). En même temps, l'usage d'aciers spéciaux, et, ce qui est encore mieux, d'alliages légers à haute résistance, a permis une diminution de 60 p. 409 dans le poids des bouteilles.
Désormais aucune difficulté technique ne s'oppose à l’expans'on du gaz d'éclairage dans la force motrice, les véhicules sont assurés d’un rayon d'action de 150 kilomètres et, si certains déplorent encore une perte de puissance de l'ordre de 12 p. 100, cet inconvénient, bien que très
(1) Hectopièze, mesure de pression.
A SRE
réduit, peut être supprimé par l'augmentation du taux de compression, que ce combustible supporte sans aucune difficulté.
Mais le gaz d'éclairage résulte du traitement de la houille, et des pays comme l'Italie, la Suisse, l'Espagne, pauvres en charbon de terre, l’inscriront difficilement sur la liste de leurs carburants nationaux.