‹ Le Problème de la Traction AutomobileChapitre 26 sur 64 · ART EE · texte numérisé non relu

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visionnements de produits pétroliers et à accumuler des réserves suffisantes est, en même temps que la plus économique, la plus sûre pour répondre aux besoins pouvant surgir aux heures critiques. »

Autrement dit, pour l'Angleterre, le problème des carburants doit répondre, avant tout, aux nécessités de la sécurité nationale, et le comité est soucieux d'éviter la construction de grandes usines d'hydrogénation, qui, en cas de conflit, seraient des objectifs trop vulnérables aux actions de l'ennemi. Le rapport du Labour Party sur le même problème, bien que préconisant un programme de production de carburants nationaux à partir du charbon, se termine par des conclusions analogues.

Aussi bien, conformément à ces directives, la politique des carburants du Royaume-Uni est demeurée une politique d'importation de produits pétroliers et la production nationale ne joue qu'un rôle réduit.

Elle a importé, ,'en milliers de tonnes :

1938 1987 Pétrole Dent SAME NAS MATE 2.356 2.188 ESSENCE MR URL EI NAT 4.924 4.546 LAmpDan tente EEE OREUEUE 756 806 UD PET A TEE NE IA A EAN AAC AU 445 493 GasheniFuelNo ie LnUAeereL 3.566 3.562

Soit, au total, 11.595.000 tonnes en 1937 et 12 millions 07.000 tonnes en 1938. f

En carburant seulement, la consommation est de l’ordre de 5 millons de tonnes. Un quart de ces importations provient de son empire, le reste lui est fourni par le Venezuela, les Indes néerlandaises, l'Iran, les Etats-Unis, la Trinité, la Roumanie et l'Irak.

La production de carburants nationaux apparaît bien minime, en comparaison de ces chiffres, et c’est à partir du charbon que l’Angleterre a esquissé un effort. Dès 1927, l « Imperial chemical Industrie » fit entreprendre des

expériences d'hydrogénation qui se poursuivirent pendant quelques années et au résultat desquelles un vaste programme fut élaboré, portant construction d’une puissante usine à Billigham, pour la fabrication de

50.000 tonnes de pétrole à partir du charbon minéral. Cette usine fut inaugurée le 15 octobre 1935. Depuis cette date, on n’a enregistré aucune autre réalisation de ce genre; le débit de Billigham n’a jamais dépassé le chif- Îre prévu et même a eu tendance à diminuer.

En additionnant les chiffres de la production des carburants dérivés du charbon et du traitement des schistes bitumeux, on arrive à un total de 105 millions de gallons (4) (soit 275.000 tonnes) pour 1938.

En millions de gallons, om,

Carbonisation à hautes températures dans les 100kKerIes as Sn. LOUER MIE RE 31,6 34,5 Usines MSA re Ne Eee 10,5 10,0 Distillation du OR Re CS OS 12,6 11,8 Carbonisation à basse température......... 1,3 1,0 Hydrosénation ee EE Eee eee sr 42,3 35,0 SCDISLOSNE Msn iraniens snmnle se eee 6,8 el 105,1 100,0

Les gazogènes n'ont pas eu l’heur de plaire aux Anglais, leur nombre s'élevait à 5.000 environ en 1939. Placés généralement sur une remorque du véhicule, ils sont alimentés par des combustibles minéraux : anthracite ou semi-Ccoke.

L'électricité, par contre, est en voie de développement. De nombreux véhicules à accumulateurs assurent dans les grandes villes la livraison des marchandises, et les trolleybus tendent partout à remplacer les tramways et les autobus.

(1) Le gallon = 3,79 litres.

En résumé, ce n'est pas sans une étude préalable sérieuse que le Royaume-Uni s’est décidé à une politique d'importation. Les menaces de guerre ont influencé son attitude, indépendamment de toutes considérations d’ordre économique. Lè comme ailleurs, les dirigeants étaient bien pénétrés de cette idée qu’un pays en guerre privé de carburant est un pays perdu; et qu'en multipliant, sur un territoire relativement réduit, les usines d’hydrogénation et de synthèse destinées à satisfaire la majeure partie de ses besoins, elle offrait à l’adversaire la possibilité de paralyser la nation, en limitant les bombardements à ces seuls objectifs.

$ 2. — L’Allemagne.

La consommation de l'Allemagne en produits pétroliers, longtemps inférieure à celle de la France, a beaucoup augmenté en 1938 du fait des annexions, et dépassait la nôtre à l'ouverture des hostilités. Il lui fallait 7.500.000 tonnes pour l’ensemble de ses besoins, dont 3.200.000 tonnes de carburant.

L'Allemagne hitlérienne a entrepris et réalisé une politique complètement opposée à celle de la Grande-Bretagne. Le plan quadriennal, inauguré en 1936, devait affranchir totalement le Reich des importations d'huiles minérales pour le temps .de paix. Et si l’Allemagne a maintenu ses rapports avec ses fournisseurs étrangers, c'est à sa production de carburants nationaux qu’elle a demandé de couvrir la plus grosse partie de ses besoins. Nous manquons de détails sur l’année 1940 pour savoir si le Reich a réalisé complètement son programme d’autarcie à l'échéance fixée, mais il est un fait certain, c’est qu’en 1939 elle était déjà bien près de réaliser son dessein. Des économistes même très distingués ont donné des chiffres souvent inexacts en ce qui concerne la part qu'il conve-

BRUCHET. 4

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