PRODUCTION NATIONALE
Les recherches en vue d'augmenter la production du pétrole brut national se sont intensifiées, mais les prospections et forages en cours s'avèrent négatifs, et le débit, loin d'augmenter, est passé de 26.060 tonnes en 1935 à 12.000 tonnes en 1939. Par contre, sous l'impulsion de À. I. P. À. (Azienda Italiana Petrole Albania), le pétrole albanais a bénéficié d’un développement remarquable. Le gisement le plus important, celui de Dévoli, représente à lui seul une réserve d’une quinzaine de millions de tonnes d’une huile relativement pauvre en produits légers et d’une teneur en soufre de 3 à 4 p. 100. Trois cents forages ou puits d'extraction, ayant produit près de 200.009 tonnes en 1939, alimentent deux réservoirs, point de départ d'un pipe-line enterré de 74 kilomètres, qui aboutit au port albanais de Valona. De ce port, situé en face de la côte italienne et à une distance de 90 kilomètres, le pétrole est transporté à travers l’Adriatique sans aucune difficulté et réparti entre les deux usines d’hydrogénation de Bari et de Livourne. Ces deux grandes installations modernes utilisent les procédés les plus perfectionnés dans le traitement des produits pétroliers et la fabrication des essences synthétiques. Elles sont régies par 1 À. N. I. C. (Azienda Nationale Idrogenazione Combustibili), dont le capital de 500 millions de lires a été porté récemment à 750 millions, et sont en mesure de débiter, à partir du pétrole albanais, des roches asphaltiques de Sicile et des lignites de
Toscane, 400.000 tonnes de produits divers, dont 160.000 tonnes de supercarburant d'aviation à 100 d'octane et 50.000 tonnes d'huile de graissage de premier choix.
Le tableau des importations nous a révélé que c’est surtout en ce qui concerne le brut qu'elles avaient augmenté. En effet, de 219.991 tonnes en 1938, elles ont passé à plus de 4 million et demi l’année dernière, tandis que les importations de produits finis subissaient une notable régression. Ceci résulte de l'expansion considérable de l’industrie du raffinage en Italie.
Bien que dépourvue de gisements pétroliers, elle s’est préoccupée de développer chez elle une puissante industrie de raffinage, pour n'avoir à importer que du brut, meilleur marché, et réaliser ainsi une économie de devises appréclable.
Outre les petites installations, une demi-douzaine de raffineries importantes ont vu le jour sur les bords de l’Adriatique depuis 4935 et sont en mesure de traiter 2 millions de tonnes de produits bruts.
Débit du raffinage en Italie.
1935 1938 FSSenCO NN eh aire. 103.07: 402.978 L'AMDANE MESNIL 49.869 151.596 CASOTIET ANNE SRE ER entre 33.194 247.193 FUEL ROLE TASER AT RS UE 93.942 439.899 LUPLULAN ET RER AREA E : 24.31% 75.774 304.390 1.317.370
En 1939, le débit, encore en augmentation, atteignait près de 2 millions de tonnes.
Dans le programme primitif, l'alcool devait constituer un pourcentage important de la production nationale des carburants, Le gouvernement entendait réserver une place spéciale à la culture de la betterave et autres plantes
Abo Li
alcooliïères, pour lui permettre une production de 100.000 tonnes d'alcool en 1939. Or, à deux reprises, le gouvernement a ordonné de suspendre la livraison des alcools destinés à la carburation. Faut-il en déduire que les espoirs des dirigeants italiens ont été déçus et que la production s’est avérée notoirement insuffisante pour réaliser le programme prévu ? Sans doute, l'Italie n’a pas obtenu les résultats qu’elle espérait, et les quantités qui primitivement devaient être affectées à la carburation n'ont pu être versées. Il ne faut pas en conclure trop vite à un grave échec, en la matière, de la politique autarcique italienne. En 1939, elle était trop mêlée aux difficultés européennes pour ne pas envisager d'entrer en lice à son tour; l’alcool a beaucoup d’autres emplois, et, en Italie comme en Allemagne, les dirigeants ont peut-être estimé qu’il valait mieux rationner l'alcool carburant pour l’utiliser à d’autres fins 4)...
L'Italie est infiniment moins bien placée que l’Allemagne pour obtenir de bons résultats dans la fabrication de l'essence synthétique. Son sous-sol, pauvre en charbon, ne lui a permis en 1938 qu'une production de 960.000 tonnes, dont 100.000 d’anthracite, et 1.330.000 tonnes de lignites. C’est nettement insuffisant pour ses besoins domestiques et industriels, et elle importe chaque année 10 à 12 millions de tonnes. Néanmoins il paraîtrait qu'à la suite d’une intensification de la production des lignites, plus de 4 million de tonnes auraït été extrait durant le premier semestre 1940 et transporté dans les usines d'hydrogénation pour être traité. L'Italie a fixé à 180.000 tonnes la contribution de l’essence synthétique dans la production nationale des carburants. Il apparaît difficile à certains qu’elle puisse disposer des 2 millions de
{) L'alcool, comme le benzol, est utilisé pour la fabrication des explosifs.