C. — Essence synthétique
La fabrication de l’essence synthétique, si répandue en Allemagne, est restée embryonnaire dans notre pays. Comme nous l'avons signalé dans la partie technique, ce sont des noms français qui sont à l’origine des premières réalisations. Avant la guerre, nos techniciens avaient mis au point des procédés qui ne le cédaient en rien aux méthodes étrangères, et cependant les applications industrielles étaient demeurées insignifiantes. À Béthune, une petite usine d’hydrogénation inaugurée en 1935 fonctionnait selon le procédé Valette; une deuxième à Liévin, mise en marche le 143 mai 1936, utilisait les procédés Audibert. Ces deux installations n’ont jamais dépassé un rendement annuel de 20.000 tonnes d’essencé, chiffre dérisoire à côté des 2 millions de tonnes fabriquées en Allemagne.
Si l’essence obtenue est d'excellente qualité, son prix de revient, évalué à 6 ou 7 francs, interdit la rentabilité de ces usines, qui ne peuvent subsister que grâce au soutien de l'Etat. Ii ne saurait d’ailleurs en être différemment. Ces installations, dites « usines pilotes », ont essentiellement un but d’expérimentation. Les divers essais qu'elles effectuent ralentissent la marche de l’exploitation et rendent la production onéreuse. Il n’y a donc pas lieu de considérer le prix de revient du litre — comme on l’a trop fa t — pour conclure à la non-viabilité de cette industrie en France. La preuve en est dans l’examen du fonctionnement de la troisième usine française d'essence synthétique dirigée par la Société des produits chimiques Courrières-Kuhlmann. Cette installation, située à Harnes, dans le Pas-de-Calais, assurait, en appliquant les procédés Fischer, une production de l’ordre de 20.000 tonnes sans recourir au soutien de l'Etat et sans aucune charge pour le consommateur.
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D. — Le benzol.
Le benzol, sous-produit de la carbonisation à haute température, dépend, quant à sa production, de l’activité des usines à gaz et des cokeries.
La France ne disposait en 1923 que de 23.360 tonnes de benzol. La loi du 22 juillet 1923, en prescrivant le débenzolage obl'gatoire, a permis d'accroître considérablement cette production, qui n’a cependant jamais atteint 100.000 tonnes.
E. — Autres carburants de remplacement.
Les autres carburants de remplacement occupaient en France une place encore plus modeste.
Le gaz d'éclairage n’était guère employé que par les services municipaux de quelques villes, Saint-Etienne notamment, et la consommation se bornaït à 1.500.000 mÿ, soit env:ron l'équivalent de 756 tonnes d'essence, chilfre bien médiocre comparé aux 300 millions de mètres cubes de gaz comprimé employé ces dernières années en Allemagne.
Les gisements de schistes biluneux sont assez répandus sur notre territoire, mais un certain nombre d’entre eux sont malheureusement pauvres en hydrocarbure; celui d’Autun, susceptible de fournir 80 à 110 litres d'huile par tonne, est le seul qui soit vraiment exploité, et ses ressources, évaluées à 1.800 millions de tonnes, représentent l'équivalent de 4% mullions de tonnes d'huile brute. L'usine Thelots (de la Société lyonnaise de schistes bitumeux) a entrepris d'extraire l'huile de ces schistes d’Autun et de la raffiner. Bien que de proportions réduites, elle utilise des procédés modernes de raffinage et livrait ces dernières années 50.000 à 60.600 hectolitres en moyenne d'une essence d'automobile de bonne qualité.