ET EE
Président Wilson. « Si les Alliés ne veulent pas perdre la guerre, il faut que la France, à l’heure du choc suprême, possède l'essence, aussi nécessaire que le sang dans les batailles. » Les Etats de l’Europe ont retenu cette leçon de l'Histoire et ont su préparer cette arme de guerre si efficace. La France s’est empressée de l'oublier.
Le Maréchal Pétain écrivait de son côté plus récemment: « Qu'il s'agisse de l’aviation, des chars de combat, des transports automobiles, l’essence est à la mécanique ce que le pain est au soldat. Encore le moteur humain peut-il, pour une certaine durée, se contenter d’une alimentation réduite; le moteur exige, lui, l’absolue continuité du ravitaillement. Aussi, la certitude de ce ravitaillement estelle une condition d'emploi sine qua non de l’armée moderne. Cette certitude, nous ne l’avons pas à l'heure actuelle. » Et la France n’a pas réagi.
Les besoins d’une nation en guerre sont appelés à doubler, et, malgré « la pluralité et la dispersion géographique » de nos sources de ravitaillement, nous ne contrôlions aucune exploitation importante et n'’étions pas certains de trouver les 15 ou 16 millions de tonnes nécessaires le cas échéant. D'ailleurs, comment faire parvenir ce pétrole à destination ? Notre flotte pétrolière, d’un tonnage évalué à 450.000 (© tonnes en 1938, ne pouvait transporter en temps de paix que 50 p. 100 de nos importations. En temps de guerre, du fait de l’augmentation des importations, ses possibilités se trouvaient ramenées à 25 p. 100, proportion que les sous-marins ennemis se seraient chargés rapidement de réduire encore davantage.
En pratiquant cette politique, la France s’est condamnée à vivre sous la dépendance plus ou moins déguisée de l'Angleterre, et dans un effacement, en matière de politique étrangère, indigne de son passé. Depuis vingt ans,
() Notre flotte pétrolière était inférieure à celle de l'Italie.
co Reg
nos dirigeants ont toujours été obligés de ÉCMpOSer pYec le Royaume-Uni, pour éviter le risque de voir se tarir, du jour au lendemain, nos sources de ravitaillement ce produits pétroliers. La Défense nationale commandait avant tout, les pouvoirs publics n’en ont pas tenu compte.