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L EFFORT VERS LA VIE ET LES CAUSES FINALES

Mais cette impuissance de notre intelligence à saisir la cause du monde dans son immensité né s'étend pas à toutes les parties de ce monde. En efiFet, le règne animé, végétal ou animal, à côté de Tunivers, est un microcosme dont nous pouvons préciser quelques-unes des plus essentielles manifestations. Les botanistes et les zoologistes ont, à très peu d'exceptions près, décrit et classé les diverses formes des êtres vivants. L'anatomie et la physiologie ont éclairé maintes fonctions de ces êtres, et il semble bien que de cette étude une vue d'ensemble se dégage, avec la connaissance de quelques principes directeurs qui nous permettent d'être moins réservés que lorsqu'il s'agit des lois cosmiques.

Certes cette notion de quelques faits de détail ne nous permettra pas de savoir pourquoi il y a la vie. Quelque présomptueux que nous supposent les enneinis des causes finales, notre présomption ne va pas jusque-là. Mais, si nous ne savons pas pourquoi la vie existe, pourquoi il y a des êtres vivants, au moins pouvons-nous fort bien concevoir pourquoi telle forme de vie existe, et donner une explication, erronée ou non, vraie ou non, ingénieuse ou téméraire, mais passable en somme, de certaines particularités dans l'organisation ou la fonction des êtres.

Celte finalité première est même tellement évidente a priori qu'on ne peut guère songer à la nier. Les plus acharnés adversaires de toute téléologie doivent donc se ranger à notre opinion, au moins dans certains cas.

Par exemple, est-il possible de nier que Tœil ne soit affecté à la vision? Ce serait, à mon sens, tomber dans un excès fantastique d'absurdité que de supposer qu'il n'y a pas un rapport de cause à effet entre l'œil et la vision. Ce n'est pas par hasard que l'œil voit. Il y a tout un agencement de parties, tout un mécanisme merveilleux, daps l'ensemble et dans les détails les plus minuscules, qui nous permet de dire avec certitude : l'œil est fait pour voir.

Je ne crois pas qu'on puisse se soustraire à cette nécessité. L'adaptation de l'œil à un but, qui est la vision, s'impose à nous avec une telle force que les sophismes les plus subtils ne pourront ébranler l'opinion de personne, voire celle des sophistes eux-mêmes.

On ne s'attend pas assurément à ce que je donne ici un exposé de l'anatomie et de la physiologie de l'œil ; mais cet exposé, même dans ses plus petites parties et dans ses considérations les plus techniques, ne serait, à vrai dire qu'un commentaire de cette simple proposition : Vœil a été fait pour voir.

Nous avons pris Fœil comme exemple ; mais nous aurions aussi bien pu prendre tout autre organe :

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