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L EFFORT VERS LA VIE ET LES CAUSES FINALES

Toreille par exemple, ou le cœur, ou l'estomac, ou le cerveau, ou les muscles. Qui donc pourrait empêcher le physiologiste de prétendre que Toreille a été faite pour entendre, le cœur pour lancer le sang dans les parties, l'estomac pour digérer, le cerveau pour sentir et percevoir, les muscles pour produire du mouvement ? L'adaptation de Torgane à la fonction est tellement parfaite que la conclusion s*impose d'une adaptation non fortuite, mais voulue.

Même dans les plus petits mécanismes, cette adaptation est extraordinaire. En anatomie, à chaque instant, on donne des raisons, qui mç paraissent le plus souvent fort plausibles, pour expliquer la disposition de tel ou tel appareil. Par exemple, j'admets parfaitement qu'on fasse remarquer que le globe oculaire est protégé par Tarcade orbitaire, saillante et résistante ; par les paupières, mobiles et rapides dans leurs mouvements; par les cils, qui défendent contre les poussières ; par la sensibilité délicate de la conjonctive, qui provoque un réflexe immédiat*

Ce ne sont pas là seulement des moyens mnémotechniques : c'est l'expression, selon moi, d'une réalité. Dire que l'œil est bien protégé contre les traumatismes, c'est énoncer non une théorie ou une hypothèse, mais bien un fait.

£t en effet, il n'y a que trois manières possibles de s'exprimer là-dessus : ou dire que l'œil est bien

protégé ; ou dire que Toeil est mal protégé ; ou ne rien dire du tout. Dire que Tœil est mal protégé, cela est manifestement déraisonnable ; et quant à ne rien dire du tout, sous prétexte qu'en déclarant l'œil bien protégé on tombe dans la théorie des causes finales, c'est témoigner une prudence qui n'est pas de la prudence, mais une pusillanimité enfantine.

La physiologie, comme Tanatomie, nous montre une extraordinaire complexité dans le jeu des parties. Par exemple, pour entrer dans le détail, lorsqu'un corps étranger irritant vient toucher la muqueuse laryngée, cette excitation des nerfs laryngés va aussitôt, par un réflexe d'arrêt, provoquer la toux et suspendre Tinspiration. Est-ce que le physiologiste qui enseigne et étudie la physiologie n'a pas le droit, et même le devoir, d'indiquer que cette toux réflexe n'est pas sans cause ? Au contraire, il doit hardiment proclamer que cette toux réflexe a une cause finale, et une cause finale qui parait bien évidente. Il faut que l'objet étranger soit expulsé au moyen d'une expiration violente ; il faut que, si cette expiration est sans eff'et, la respiration s'arrête, afin qu'une inspiration nouvelle ne fasse pas descendre profondément dans les bronches l'objet offensif.

Je pourrais citer une centaine d'exemples analogues, et plus encore peut-être ; car la physiologie

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