‹ Le Problème Des Sanctions Douanières En Pays RhénansChapitre 63 sur 65 · CONSÉQUENCES SOCIALES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES SOCIALES

C’est la crise du chômage que la presse exploite avec le plus de bonheur. Elle signale en juin que la succursale du Phünix à Düsseldorf a dû congédier 650 ouvriers, que la fabrique Krupp d'acier fondu à Essen (2) doit chômer une fois par semaine, que l’industrie textile dans la vallée de la Wupper et dans la zone cis-rhénane à dû baisser le temps de travail hebdomadaire à 12 heures et de ce fait le gain des ouvriers est tombé en dessous du minimum indispensable à l’existence, etc. . .. ÿ

Monsieur Erkelenz, député démocrate rhénan, déclarait au début de juillet qu'en de nombreuses firmes le déficit de production avait atteint de 30 à 50 %. Son rapport porte sur 90 exploitations employant 50.000 ouvriers. :

Dans la région de Cologne, le Regierungspräsident de cette ville fit établir une statistique du chômage en obligeant par une ordonnance de police les ouvriers sans travail ou à travail réduit à se faire inscrire. De plus des questionnaires furent adressés à toute usine comptant plus de 10 ouvriers.

Voici les résultats résumés de cette enquête : Dans 183 établissements des pays occupés on a compté 11.939 ouvriers frappés par la crise. Sur ces 183 établissements 76 attribuent leur manque de débouchés au nouveau régime douanier de la Rhénanie. Sur ces 76, 21 sont situés à Cologne même où le nombre des sans-travail augmente sans cesse.

Cette situation est évidemment fâcheuse, mais elle n'est pas moins fâcheuse que celle de la zone non occupée. Nous donnons des statistiques établies dans la région de Schwelm et Hagen en Westphalie, qui montrent qu’en dehors de la Rhénanie occupée, la crise économique sévit avec la même force.

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(1) I n’est donné aucune preuve à l'appui de toutes ces assertions. Il convient de les accueiller avec le plus grand scepticisme.

(2) Essen est cependant en dehors du cordon douanier.

Nombre Pourcentage!

| Î : Nombre À d'ouvriers | Nombre |des ouvriersi | Nombre À ; ; Mo! Fu d'heures de! touchés par! d'heures OUR par " ; ai 2 les rimées es salariés LÉO ÈRE restrictions | Rue ; restrictions PERS de travail par OUVIKT | Ge travail Hanvier 1 36212 | 265.778 6.351 Février 36.252 267.436 6.788 Mars 36.432 269.880 7.126 Avril 36.520 307.715 i 7.624 Mai 36.295 330.311 | 9.581 Juin 36.169 | 398414 |

Chiffres proportionnels au mois de janvier 1921 :

Nombre d'ouvriers touchés par la suppression des heures travail

Heures de travail supprimées

\ Janvier

à Février

On pourra dire que les districts de Hagen et de Schwelm sont voisins de la zone occupée ; il n’en reste pas moins qu’ils sont hors de la ligne douanière du Rhin. D'autre part, la réglementation très large de l’admission et de l'exportation temporaire a permis à toutes les usines de cette région de ne modifier en rien l’ordre de leur activité.

La levée des sanctions n’enraya pas la campagne de presse et elle prit même un tel caractère que le Haut Commissaire de France düt intervenir, en particulier contre la « Trierische Landeszeitung ». Le procédé employé par ce journal est simple. Il consiste à faire état d'un discours du Dr. Wiedmann du 15 avril 1921, prononcé à

l'origine des sanctions pour conclure des effets de celles-ci.

Par ailleurs, il cite des chiffres donnés par le Syndicat de grandes firmes de Cologne, chiffres s'appliquant paraïit-il à un certain district qui n’est pas indiqué, et à une période dont la date est inconnue pour affirmer par exemple que la création de la ligne douanière du Rhin a entrainé parmi les ouvriers les licenciements suivants

Commerce des Chaussures en gros. : . .:. . . . 10 % HADAICHIONMOSE CONS IBTAS ME M RAR. on + 2 2 PAbMOreSedetlnolénm et tabis LT. +0... L., 25% Fabriques de tabac et articles électriques . . . . . . 15 % Cuirs et caoutchouc en-gros . . . rose AZ Manufactures de bonneteries de blanc ” de lies NES RE Fabriduestdeproduits CHATS MEN 1. 50 Pébiiquessdétnis-derter et ClouSe: AUBUU, 7 - , 50% Fabriques de céramiques et produits des hauts-four-

Heaux A M ls ic 00 D Fabriques de ee 0) a 50 S HereDrutS métaux EL'ACICTS enESTOS LA 2. : !. 50% MIRE XDÉITIOIL M Me reste. … 00 Ÿ Hantesetiproduits chimiques enrgrose "1. .… 6% Assurances de transports et commerce dè vins - . . 25% Commerce d’art et des vins en gros. . . . . . . . 35 % Usines de presse et de marteaux pilons . . . . . 50 &

Le même rédacteur cite encore d’autres faits qui re auraient été constatés au plus tard avant le mois de juillet 1921.

Toutes ces affirmations sont excessives ; et s’il y a eu un trouble sur le marché du travail, le premier coupable en est cette presse qui a excité l’esprit public sur les conséquences imaginaires des sanctions et annoncé à intervalles rapprochés, dès les mois de mai et de juin 1921, la levée prochaine des sanctions, invitant par là même tacitement les industriels et les commerçants à limiter leurs échanges immédiats avec l'Allemagne non occupée.

Certes, la création de la ligne douanière du Rhin a entraîné à l’origine, pendant les premières semaines d'organisation une perturbation inévitable. Mais il est avéré que la modération avec laquelle les tarifs douaniers furent déterminés et appliqués par la Haute Commission sur cette ligne amenèrent, dès le mois de juillet, un état d'é quilibre économique très supportable. La Haute Commission n'eut pas à enregistrer de troubles, de chômages anormaux, d'aug-

mentations notables du coût de la vie, et il est incontestable qu’au moment où la ligne douanière du Rhin fut supprimée, la Rhénanie participait à la situation industrielle générale de l'Allemagne, et que la légère entrave qu’elle supportait à l'Est semblait largement compensée par les facilités plus grandes des échanges dont elle bénéficiait avec l'étranger. (1)

CONSÉOUENCES POLITIQUES.

Elles sont inexistantes. La Rhénanie est aussi fidèlement attachée à l'Allemagne, après qu'avant les sanctions. À

D'autre part, si les sanctions lui avaient été aussi désastreuses que le Reich le prétendit, cela n'aurait pû que favoriser un rapprochement plus étroit entre la province soit disant « opprimée » et la mère patrie.

(1) La Haute-Commission suivit d’ailleurs, chaque fois que la situation le permit, les avis et fit droit aux demandes qui lui furent adressées par la « Commission économique pour les Territoires OCCUPÉS », organe allemand dont l'œuvre se manifeste heureusement favorable à la Rhénanie.

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