FIRMES
dans les régions 0cCupéeS par nos troupes
Essen, Bochum, Annen, Hamm, Berlin.
Rheinhausen (hauts four-| neaux), Benrath (s. de
Krupp.
| Dusseldort).
Stinnes . À une participation dans | Gelsenkirchen, Bochum, Berlin. la Vulkan. | Mannesmann } Rath, Huckingen. | Witten, Remscheid. Phœnix . .| Ruhrort. Borbeck, Hœrde, Dortmund,
Lippstadt.
i Oberhausen, Osterfeld, Sterkrude, Gelsenkirchen, Hamburg, Osnabrück, Schwerte.
Haniel . .! Duisburg, Dusseldorf.
Thyssen . .| Duisburg, Meïiderich, ! Dimlaken, Mülheim, Essen. Hamborn.
Deutsche
Maschinen-
fabrik . .| Duisburg, Rath. | Wetter, Gelsenkirchen.
Rheinische }
Stahlwerke | Duisburg, Meiderich. 1 Essen, Wattenscheid, Hohenlin- ! burg, Kassel.
Haspe, Unna, Troisdorf.
Essen, Witten, Annen, Haspe,
| Menden, Brême, Stettin.
Kiœckner .|Dusseldorf. Stumm . .| Dusseldorf.
A côté de la métallurgie qui est l’industrie la plus importante des pays occupés, d’autres branches importantes, le textile et la confection, sont obligés d'acheter leurs matières brutes où semi-manufacturées en Territoire non-occupé, bien qu’elles aient également des centres propres de production à Aix-la-Chapelle, Düren, Eus-
kirchen, München-Gladbach etc. …
Le district d’Aix-la-Chapelle dispose d’une grande quantité de fuseaux et les matières premières manquantes doivent être importées de l'Allemagne non occupée. La filature d'Eupén qui l’alimentait avant la guerre est devenue par suite de son rattachement à la Belgique et du cours élevé du franc incapable de toute concurrence.
C’est encore l'Allemagne non occupée qui approvisionne les fabriques d’aiguilles d’Aix-la-Chapelle en fil d'acier et l’industrie des wagons en lots de roues.
L’'enchevêtrement du trafic et des échanges est ainsi trop étendu et trop touffu dans l’industrie rhénane pour que l’on puisse la diviser nettement en régions de productions différenciées et autonomes.
Dans l'alimentation on verrait la ruine de l'industrie de la margarine. La taxe entraverait tout commerce d'exportation. L'Allemagne fait une très grosse consommation de ce produit mais les principales fabriques, se trouvent en Territoire Occupé. Telles sont les fabriques de conserves de Goch et de Clèves et leurs succursales de Cumerich, Francfort, Neuss, Crefeld. Les usines de Clèves, Crefeld, Cologne (1), Duisbourg produisent à elles seules la plus grande partie de la margarine consommée en Allemagne, et il serait impossible aux pays Rhénans d’absorber leur production.
La région de Cologne fait un commerce très important d’articles de mode avec la rive droite et 90 % de la production de l’industrie de la chaussure sont exportés vers l’Allemagne non occupée. Or, en mars 1921, cette industrie subit une crise telle qu’une partie des fabriques du Palatinat et du Rhin inférieur ont dû fermer leurs ateliers et que celles de Cologne ne travaillent que trente heures par semaine. Déià, la marchandise ne peut être écoulée qu'à perte. Il est à craindre que dans ces circonstances, les fabricants de chaussures ne puissent supporter une taxe à l’exportation. D'ailleurs, même dans une situation normale, l’industrie des chaussures de la rive gauche du Rhin, après l'établissement de la fron-
(1) Où l'on compte trois centres de production.
te
tière douanière, ne pourra plus concurrencer les fabriques de chaussures établies en Allemagne non occupée. Elle sera contrainte de limiter sa production, tandis que les fabriques de la rive droite l'augmenteront d'autant.
Toutes les industries en général seraient atteintes par les droits
à acquitter sur le charbon d'importation. Non seulement les produits seraient taxés au passage du Rhin à l’exportation, mais encore le coût de fabrication en serait au préalable augmenté des droits perçus sur le combustible et éventuellement sur les matières premières.
Egalement, la production vinicole des Pays Occupés serait. dangereusement concurrencée par les vins étrangers.
En définitive, il faut considérer que, sur la totalité du commerce rhénan, eviron 15 % a lieu avec l'étranger et 85 % avec l’Allemagne libre. L'examen du trafic ferroviaire montre que, pour l’ensemble des marchandises importées dans la Province du Rhin, 19 % seulement sont absorbés par elle ; le reste est réexpédié. Pour l'exportation, 14,5 % seulement en sont originaires. (1)
Les craintes manifestées ci-dessus paraissent donc justifiées et les règlements qui régiront le système douanier auront à en tenir compte si l’on ne veut pas frapper à mort l’industrie et le commerce rhénans. L’admission temporaire notamment devra être réglementée avec la plus grande libéralité.
Sinon, on verra chaque fois que ce sera possible, les industries émigrer vers les pays non occupés ; les ouvriers seraient réduits au chômage et le prix de la vie augmenterait sensiblement.
Les alliés le savent et l’on verra avec quel soin le Comité Direc-
teur des Douanes s’est attaché à éviter dans la mesure du possible tous ces inconvénients.
D'ailleurs, pendant la période d’armistice, la Rhénanie a manifesté des craintes analogues. Et les puissances occupantes promulguèrent le 22 janvier 1919 une ordonnance autorisant purement et simplement l’achat sur la rive droite de toutes les matières pre-
ES
mières nécessaires à son activité économique. Toutes les marchan-
(1) Pour la métallurgie, un des hommes qui connait bien la question disait, pour en faire comprendre l'importance : « Nous sommes ici dans un moulin. Le Rhin nous apporte le grain — c'est le minerai de fer, — nous le convertissons en farine — c’est la fonte — et nous le répandons dans toute l’Allemagne pour en faire du pain.» («Le Temps »). —
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dises dont l'industrie n'avait pas un besoin absolu faisaient l’obiet de demandes presque toujours agréées. Pendant la période du 1 au 14 mars 1919 par exemple, la seule commission spéciale d’Aix-la-Chapelle fut saisie de 1015 demandes dont 900 furent agréées et 115 seulement retournées avec avis défavorable.
En réalité, la plupart de ces craintes rhénanes sont illusoires. Il semble bien que la véritable appréhension, dissimulée derrière celles-ci, est plutôt de voir le commerce étranger envahir l’Allemagne grâce à des faveurs particulières au passage de la frontière extérieure. On craint de voir reparaître la «trouée de l'Ouest » et par son canal, les vins de Champagne, de Bourgogne, de Bordeaux, les soieries de Lyon, les parfums de Grasse et les modes de Paris.
LE NOUVEAU RÉGIME DOUANIER DES PROVINCES DU RHIN ENVISAGÉ AU POINT DE VUE POLITIQUE.
Politiquement, l'Allemagne se sent profondèment atteinte par ce nouveau démembrement de sa souveraineté. Elle n’oublie pas qu'un des principaux facteurs de la formation de l'unité germanique a été, il y a 90 ans le Zollverein. Cette atteinte à l’union douanière provoque chez elle des craintes aussi violentes que vaines d’annexion ou de séparatisme.
ANNEXION. — Elle craint ou feint de craindre que la France ne veuille, par la nouvelle mesure douanière, préparer une annexion ultérieure de la rive gauche du Rhin ().
La réflexion montre pourtant que l’on ne s'incorpore pas un territoire de près de 8 millions d'habitants parlant une autre langue, surtout quand ce territoire présente des caractères particuliers qui se manitestent par des tendances vers le fédéralisme et le décentralisme ; quand, en outre, ce territoire est dans une situation économique assez favorable pour que l'indépendance politique lui soit avantageuse. La France ne peut songer à cette annexion qui modifierait profondément ses caractères politiques, géographiques, intellectuels et économiques. ?
D'ailieurs, les alliés ne sauraient admettre que par cette possession du centre industriel européen le plus important, un tel déséquilibre s’établisse entre eux.
SÉPARATISME. — La crainte de voir un appui ainsi apporté au mouvement séparatiste pourrait paraître plus fondée. En effet, le
(1) Du « Vorwärts » de Berlin - 31 janvier : « Le régime douanier spécial
dans les Pays Rhénans n’est pas autre chose que le commencement de leur annexion par la France. . . .…»
parti du Docteur Dorten et son organe « La Rheinische Republik » n'ont pas dissimulé leur désir de voir la ligne douanière du Rhin s'établir. On ne peut nier d’autre part qu'il existe un certain antagonisme entre Berlin et la Rhénañie. Au moment on sevissait la « Trouée de l'Ouest », l'Allemagne dût prendre de nombreuses précautions et souvent les Rhénans crurent y voir des mesures d’exception dirigées contre eux. En particulier, le parti séparatiste les dénonça comme autant de sanctions dirigées contre ses tendances politiques. Wu
Le contrôle par Berlin des importations et exportations fut accueilli par le commerce regional comme une double barrière établie au prix d’une partie de sa prospérité.
La presse locale protesta avec force. Mais les réclamations des représentants officiels des Pays Rhénans et les plaintes réitérées des Chambres de Commerce furent impuissantes à modifier l’état de choses établi pour rassurer les craints économiques de l'Allemagne.
«Le mercantilisme berlinois poursuit sans relâche les desseins profitables de son action cornmerciale alors que les maisons « de commerce rhénanes qui ne veulent pas user des méthodes ber- « linoises se voient acculées à la ruine. Et ceci parce que les autorité « suivant les dires du Dr. Bergmann de Cclogne, référendaire pour «le commerce d'exportation, ont reçu officiellement la consigne de * «Berlin de favoriser autant que possible le trafic Prussien aux dé- «pens des maisons de commerce rhénanes, dont il faut combattre «les sentiments francophiles. » |
(«Rheïnische Republik », 20-1-21).
Toutefois, les Banques rhénanes réussirent à se dégager du consortium berlinois mais elles furent systématiquement empêchées de faire des affaires avec l'Ouest et le Sud-Ouest où pourtant, en Belgique, en Luxembourg, en Alsace-Lorraine, est concentrée une grosse part de leurs intérêts.
L'industrie rhénane a besoin pour vivre de puiser une partie de ses matières premières dans les bassins lorrains et luxembourgeois. L’obstruction de Berlin l'en empêche autant qu’il est en son pouvoir.
De plus, les Rhénans sont naturellement portés à commercer avec la France, leur voisine ; or parmi les alliés les maisons francaises sont celles auxquelles le service les licences oppose le plus de difficultés et de chicanes.