CHAPITRE III
Les Transferts sous le régime du plan Dawes
Le plan Dawes est entré en application le 1er septembre 1924. Jusque-là, l'Allemagne avait payé, tant en espèces qu’en livraisons en natuie et en biens cédés, une somme totale d'environ 8 milliards 1/2 de marks-or. Mais étant donné l’état troublé dans lequel elle avait vécu jusqu’à la stabilisation de sa monnaie, il est très difficile d’étudier les répercussions qu'ont pu avoir sur son économie, sur sa balance des comptes, et sur le niveau de ses prix les transferts effectués. Du jou: au contraire où a commencé à être mis en œuvre le plan des experts, sa situation économique et monétaire s’est notablement éclaircie et il est devenu plus aisé de voir de quelle manière elle a pu transférer les annuités de sa dette de Réparation.
Ces annuités, jusqu’au 1er septembre 1929, date de la mise en application du plan Young, ont marqué une progression régulière :
1er septembre 1924 — 31 août 1925 1 milliard.
1er septembre 1925 — 31 août 1926 1.220 millions 1er septembre 1926 — 31 août 1927 1.250 millions. 1er septembre 1927 — 31 août 1928 2 milliards.
1er septembre 1928 —- 31 août 1929 2.500 millions.
Néanmoins, à aucun moment, des difficultés de transfert ne se sont trop vivement fait sentir, et l’on n’a
st
RAS 1.” f M J sé ‘1 FAITAX 1 Fly No Pr 4 FUN S RE ET NT LE RS ENT DROLE
148 DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE fit
jamais eu besoin de recourir à la clause protectrice prévue en 1924. C’est ainsi qu’à la fin de la première année, tous les paiements en marks avaient été transférés, sauf 67 millions. À la fin de la deuxième année, il ne restait au crédit de l’Agent général que 93,5 millions, et à la fin de la troisième année que 185,5 millions. Encore, sur ce dernier chiffre, 182 millions avaient-ils été reçus pendant la dernière semaine de l'exercice, et 145 étaientils déjà pratiquement transférés du fait de contrats conclus.
Ces chiffres sont corroborés par ceux relatifs aux montants respectifs des livraisons en nature et des verse-
ments en espèces (1). Si les transferts en nature se sont -
assez fortement accrus en chiffres absolus, par contre une tendance constante se manifeste à transférer un pourcentage de plus en plus important en devises étrangères.
Les premiers au début prédominaient nettement; pour 1927-1928, les proportions étaient inversées (2) :
(4) Voir le rapport de l’Agent général des réparations pour la 4° année d'application du plan.
(2) En millions de reichsmarks, les transferts ont été effectués de la façon suivante :
I. — Transjeris en, Reichsmarks Armée d'occupationet divers . 208 102 82 71 Livraisons en nature. . . . . 414 658 617 725
Total des transferts en reichs- MATRS 5,0. 40 NS ER RUE 622 760 699 796
1 gt 1 RU és dé pelle
Transferts en Transferts an moyen hnubes monnaies de paiements en étrangères reichsmarks
17e année d’application du plan 20,37 0/0 69,33 0/0
PRNRe 0,2. .::.. 85,35 0/0 - :64,65 0/0 Ru 2; A9,45:0/0::: 50,55:0/0 0. 1.4ù D4,28 0/0: ‘45,77 0/0
En méme temps l'Allemagne a créé chez elle ce surplus économique dont le plan Dawes avait proclamé la nécessité, L’excédent de la production sur la consommation devait seul permettie de faire le service de la dette
des réparations. Or non seulement ce surplus est apparu
et a permis au fisc allemand d’effectuer des recouvrements sans cesse en plus-value, mais encore il a de loin dépassé le montant des versements prévus. D’après les estimations du Fédéral Credit Bank (1) l'épargne allemande s’est élevée :
En 1925 à 320 millions de livres sterling En 19264 315 — — — En 1927 à 380 — —— —
soit un total de 1.015 millions, alors que les paiements de
IL — Transferts d'espèces
Reparation Recovery Act, . . 139 243 299 351 Service de Vemprunt Dawes , 73 97 91 99 Transfert des monnaies étran-
RP Det IDE Le 71 259 468 7er NE MATE AT APR PE 13 5 43 34
Total des transferts en espèces, 271 476 683 943
(1) Chiftres cités par R, C. Loxo, op. cit., 2° partie, chap. TI,
d'en LOL
150 DEUXIÈME PARTIE —- CHAPITRE Ill
réparations n’atteignaient pas au cours de ces trois années le chiffre de 200 millions de livres.
Cependant, bien qu’on n’eût pas dépassé la capacité de paiement du débiteur et malgré l’aisance réelle avec laquelle les conversions de marks ont été opérées, le mécanisme des transferts provoquant le rétablissement de l'équilibre de la balance des comptes n’a pas joué : c'est que d’autres facteurs sont intervenus pour empécher la baisse des prix et le développement des exportations.