‹ Le Problème Des TransfertsChapitre 4 sur 29 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les mouvements de marchandises (1)

C’est dans le mouvement des prix qu’il faut chercher l'explication du mécanisme qui réalise spontanément la quasi-égalité entre les dettes extérieures d’un pays et ses créances sur l'étranger. Ce sont des modifications dans les prix des produits intérieurs par rapport aux cours mondiaux qui arrivent à augmenter les importations ou à diminuer les exportations de façon à compenser les changements antérieurs, qui font que les mouvements de marchandises en provenance ou à destination de ce pays s’équivalent très sensiblement dans le temps (2).

Le phénomène n’est pas apparent dans le cas normal

(1) Consulter principalement sur cette matière : J. RuEgFF, Théorie des phénomènes monétaires ; FRANK D. GRAHAM, Germany's capacily to pay ; JAMES W. ANGELL, Theory of International prices.

(2) On traitera dans ce chapitre la théorie classique d’après laquelle les mouvements de l’or sont à la base du mécanisme des transferts et de l'ajustement des prix internationaux. Cette théorie déjà ancienne s’est, surtout depuis la guerre, révélée comme trop rigoureuse. Aux Etats- Unis en particulier les changements advenus dans le stock d’or n’ont pas eu sur les prix et la balance commerciale les répercussions que l’on pouvait attendre. Les réserves que l'on peut de ce fait apporter à la thécrie ricardienne seront exposées au chapitre IV.

D'autre part où n'a pas tenu compte non plus des répercussions de la hausse ou de la baisse du taux de l’escompte, et des mouvements de capitaux consécutiis qui peuvent modifier les mouvements de l’or. Ces phénomènes seront étudiés au chapitre V, qui complètera ainsi la mise au point nécessaire de la théorie un peu désuète que l’on trouvera dans les pages suivantes.

d'un Etat dont la balance des comptes est, à un moment donné, à peu près équilibrée. Rien ne permet de déterminer avec exactitude quelle est la raison d'être de cet équilibre, et si, au cas où les prix dans cet Etat sont différents de ceux qui ont généralement cours dans le reste du monde, cette disparité est due à la nécessité de rétablir un équilibre précédemment rompu.

Si au contraire on imagine un pays où, la balance des paiements étant équilibrée, on introduit dans cette balance un nouvel élément de passif, les réactions quis'ensuivront, et qui, nous l’avons vu dans le chapitre précédent, s’ensuivront automatiquement, permettront de dégager le mécanisme dont nous cherchons le fonctionnement. On peut supposer par exemple qu’un prêt d'une certaine importance soit accordé par ce pays à un Etat allié ou à une colonie pour en développer la puissance militaire ou pour en activer la mise en valeur. Ou bien encore un gouvernement décide de reprendre le service d'une dette extérieure préalablement contractée. Ce sont là tous des cas de pratique courante dans nos pays soit avant la guerre, soit postérieurement aux hostilités.

Supposons par exemple qu'un tel phénomène se produise entre les Etats-Unis et l'Angleterre, au détriment de cette dernière. Que va-t-il se passer ? Afin de transférer les sommes supplémentaires devenues indispensables poir payer les engagements de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l'Amérique, les demandes de dollars

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sur le marché des changes deviendront plus importantes en même tem,s que les offres de livres sterling s’accroftront, Le cours de la devise américaine va monter par rapport à celui de la livre, et ceci jusqu’à ce que cette derniére atleigne Ls points de sortie de l'or, c’est-à-dire jusqu'au moment où il sera plus avantageux pour les débiteurs britanniques, compte tenu des frais de transport et d'assurance du métal, de se libérer en expédiant de l'or à leurs créanciers qu’en leur envoyant des lettres de change,

Ces sorties de métal d'Angleterre auront pour effet immédiat une baisse de prix. En même temps l’afflux d’or aux Etats-Unis provoquera dans ce pays une hausse parallèle, Baïsse et hausse respectives auront tendance à s’accroîtie tant que des mouvements d’or continueront, c'est-à-dire tant que le déséquilibre subsistera.

Les exportations anglaises vers les Etats-Unis sti-. mulées par ces disparités croissantes se développeront, en même temps que les achats faits par les commerçants anglais aux Etats-Unis déclineront, arrêtés par ces mêmes changements de prix. L'écart entre es importations et les exportations ira s’élargissant, comme précédemment l'écart entre le niveau des prix dans les deux pays, jusqu’à ce qu'il soit suffisant pour combler le déficit correspondant à la dette à payer par l’Angleterre à l’'Amérigffe. À ce moment-là, les mouvements d’or s’arréteront parce que les débiteurs pourront constamment et à des prix nouveaux se procurer les lettres de change dont ils ont besoin. Le conimerce international sera ajusté aux conditions nouvelles de la balance des comptes,

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l'équilibre sera rétabli, les transferts s’effectueront d'eux-mêmes.

Tel est le mécanisine des mouvements de l'or, exposé pour la première fois par Ricardo. Il ne joue bien entendu que sous un régime d’étalon or et de convertibilité, et sous réserve de restrictions qui seront indiquées plus loin. Mais dès maintenant il convient d’y apporter quelques précisions.

Tout d’abord au sujet de la provenance et de la destination de l’or dont les changements de main ont de si utiles effets. En pratique, le montant de la circulation monétaire proprement dite ne varie pas mécaniquement comme il pourrait ressortir de ce qui vient d’être dit. Ce n’est pas le volume monétaire se trouvant entre les mains du public qui est modifié. L’or envoyé d'Angleterre aux Etats-Unis a été prélevé dans les réserves métalliques, soit des banques, soit de l’Institut d'émission. Ce sont plutôt les bases du crédit qui sont diminuées. Pour ne pas laisser se réduire d’une façon dangereuse la proportion existante entre leurs réserves et le total de leurs engagements, ces établissements doivent se défendre en rendant plus onéreuses les conditions qu'ils font à leurs clients, c’est-à-dire en élevant dans la mesure jugée utile le taux de leur escompte ou de leur réescompte.

Aux Etats-Unis, l'or importé viendra s’incorporer aux stocks possédés par les Federal Reserve Banks. Les réserves augmentant, du crédit sera plus libéralement accordé, et, pour ne pas conserver des quantités de métal inemployées, pour trouver preneur pour tout le crédit offert, les banquiers américains devront à l'inverse

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