‹ Le Problème Des TransfertsChapitre 7 sur 29 · RER · texte numérisé non relu

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rieurs et l'on ne dispose à son égard que de statistiques incomplètes. Il présente toutefois cet avantage que le mécanisme des transferts peut en être envisagé avec plus de facilité des deux côtés à la fois, c'est-à-dire, aussi bien au point de vue du créancier que de celui du débiteur.

Comme il s'agit du paiement d'une indemnité de caractère politique, il importe de distinguer le paiement légal et le paiement économique (2). Ce dernier seul nous intéresse actuellement, car seul il modifie la balance des

(1) Op. cit. p. 145.

(2) Voir in/ra.

LES MOUVEMENTS DE MARCHANDISES xl

comptes respective des deux pays. Au total 5.305 millions de francs furent versés par la nation vaineue, dont 900 millions dans les semaines qui suivirent immédiatement la signature du traité de Francfort, le reste pendant l’année 1872 et jusqu’au mois de septembre 1873 à une cadence mensuelle d’environ 250 millions de francs.

Toutefois, la plus grande partie de cette indemnité ne fut pas acquittée au moyen d’exportations supplémentaires de marchandises. La France, en effet, possédait un grand nombre de créances étrangères, fruit des excédents anciens de la balance commerciale, et ce furent ces créances qu'elle utilisa largement : valeurs mobilières étrangères, intérêts à recevoir pour les placements au dehors. En outre le crédit de l'Etat français était suffisant pour qu'il fût possible de vendre à l’étranger des titres de rente (une assez forte proportion des deux grands emprunts de libération du territoire fut souscrite par les capitalistes étrangers, ce qui donnait ainsi directement des moyens de transfert). Enfin, le gouvernement put trouver assez d’or et de monnaies étrangères pour couvrir plus du cinquième de l’indemnité totale.

Le tableau de la page suivante (1) montre dans quelles proportions respectives ces différents procédés de transfert furent employés :

(HNOn cit \p 472;

48 PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE II Millions de francs Ventes de rentes françaises et de valeurs mobilières étrangères au dehors. . . . . . 1.400 29 Intérêts à recevoir de place-

ments extérieurs. . . . . . 1.500 31 Exportations nettes de mar-

CHADMÉCS AE RTE 420 8 Métal et monnaies. . . . . . 1.000 20 DAV EPS D SSP A Le 600 12

Ce ne furent là toutefois que des procédés de transfert provisoires. La France possédait assez de vitalité économique pour vouloir que le paiement de l’indemnité de guerre n’imputât en rien son capital national, et particulièrement son portefeuille étranger. Un effort supplémentaire lui permit d’y arriver. Jusqu'à la guerre de 1870 il existait normalement un excédent des exportations sur les importations, l'équilibre étant rétabli par le revenu des placements faits au dehors. En 1871, cetexcédent se maintient et même s’augmente avec l’accroissement des besoins dus à la conduite des opérations militaires. En 1872 et 1873 apparaît un excédent inverse, c’est-à-dire un excédent des ventes sur les achats : 420 millions qui, ainsi qu'on l’a dit, on servi à parfaire le paiement de l’indemnité. Mais dans les années suivantes, au lieu de voir se rétablir la situation ancienne, on voit cet excédent persister, puis, quand il disparaît, en 1876, faire place pendant quatre années encore à un déficit

moindre que celui auquel on pouvait s'attendre d’après les résultats acquis avant la guerre. En 1879 seulement les choses reprennent leurs cours normal.

Le tableau suivant (1) retrace cette évolution de la balance commerciale. On y a inscrit d’une part la balance réelle, telle qu’elle ressort des statistiques — puis la balance estimée normale d’après les statistiques antérieures à 1871, c’est-à-dire poursuivant la même progression, — enfin la balance effective, telle qu’elle ressort de la différence entre iles deux colonnes précédentes, et qui donne le véritable excédent à inscrire au crédit de la France.

Balance commerciale de la France de 1871 à 1879 En millions de francs

Balance estimée

Années Balance réelle RNA

Balance effective

— 880 + 1.07 SIER + 1.305 + 665 1877 — 935 + 938 1878 — 995 265 + 970 1879 — 1.365 5 0

Total — 9,7 : + 6.030

| | 1871 — 695 ii — 590 — 103

: L Tout s’est passé comme si la France, ne disposant pas des créances extérieures résultant de ses surplus

(1) Op. cit., p.173.

COUVE DE MURVILLE. — Le Problème des Transferts. &

d’exportations antérieures, avait commencé par emprunter pour effectuer le transfert de l'indemnité et se libérer au plus tôt de sa dette politique, puis s'était acquittée ensuite progressivement par des ventes de marchandises. Ce n’est pas autrement que la Grande- Bretagne s'était libérée envers le Canada des engagements qu’elle avait pris en lui octroyant des prêts.

La balance commerciale allemande permet de faire immédiatement la contre-partie. De 1872 à 1879 on constate un surplus régulier des importations sur les exportations. Si ce surplus est supérieur aux paiements reçus de la France, cela tient à ce que jusque vers 1875 les entreprises allemandes ont très largement emprunté sur les marchés extérieurs, probablement jusqu’à concurrence de plus de deux milliards de marks.

Balance commerciale de l'Allemagne de 1872 à 1876 (1)

En millions de francs

Années Surplus d'importations LSTA LME NE OR RS AUS EVE ANAL PAPE PP ARR TE RE pe LS PES, re ee LOS TETE TA OU LOTO UMR AR TERRE ES 1876: 0 CSA ER EEE TRS LPS PMR RE RER RE TL SL 187804 LEE OS CEE LOTS COR RS

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(1) Op. cil., p. 175, après conversion des dollars en francs.

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L'augmentation des exportations d’un côté, des importations de l’autre, fut rendue possible grâce aux mouvements du niveau des prix et à l'établissement de disparités de cours entre le pays créancier et le pays débiteur. Les prix allemands sont devenus relativement plus élevés et les prix français relativement moindres pendant toute la période envisagée. Leur comparaison avec les prix en Angleterre permet de voir qu’au cours des premières années ces derniers sont restés intermédiaires entre les précédents. À partir de 1875, l'indice anglais devient inférieur même à l'indice français, mais c’est qu’à cette époque il était normalement très bas.

Mouvements des prix de 1874 à 1879 (1) (Moyenne de 1865-1869 — 100)

Années Allemagne France Angleterre

(1) Op. cil., p. 175.

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