CANCERS DU TUBE DIGESTIF
L’hypothèse est à envisager dans l’étude de certains cancers humains, surtout les cancers du tube digestif et de ses annexes. Elle expliquerait très bien leur fréquence, dans les régions humides, à la campagne, au voisinage des fumiers, dans les pays à épandage.
Cancers de l’estomac et cancers du tube digestif donnent à eux seuls plus de la moitié de la mortalité cancéreuse totale.
Voici d’ailleurs une statistique de 7.081 décès par cancer, établie par Juiiusbürger (67), d'après les chiffres de la F. W., société d’assurances de Berlin. Cette statistique tient compte de deux catégories d’assurés : i° les assurés sur la vie, appartenant surtout à la population aisée; 20 les assurés du travail, appartenant surtout à la classe ouvrière.
Elle porte sur i5 années — 1885-1899.
Elle démontre que le chiffre des cancers est en augmentation :
En i885 En 1899
Hommes
Femmes j 2e €atégorie, n,4 0/0 12,90/0
Elle confirme l’opinion ancienne que le cancer atteint surtout les femmes de la classe aisée.
20 Les organes atteints sont, par ordre de fréquence, en établissant une moyenne approximative pour les 2 catégories et pour 100 cas :
l ire catégorie, 6 0/0 9,5 0/0
j 2? catégorie, 3,7 0/0 8 0/0
\ ire catégorie, 1 3,3 0/0 i5,3o/o
4 O o/o — Estomac.
3o o/o — Organes génitaux de la femme.
5 o/o — Glandes mammaires .
9 o/o — Foie.
G o/o — Intestin.
5 o/o — Œsophage.
i,5 o/o — Larynx, î o/o — Langue.
o,5 o/o — Thyroïde.
o,6 o/o — Poumon.
o,6 o/o — Reins .
o,6 o/o — Os.
Le cancer de la lèvre et du nez, dans la 2e catégorie seulement, chacun 0,1 o/o.
Le fait le plus saillant mis en évidence est l’extraordinaire fréquence du cancer du tube digestif.
Œsophage, estomac, foie, intestin donnent environ 6o o/o de la mortalité totale.
Cette donnée statistique est tout à fait en faveur d’une infection d'origine alimentaire et si l’on y ajoute la notion, qui paraît bien établie, d’une cause locale, l’hypothèse de quelque parasite venu de l’eau ou d’aliments souillés par V épandage mérite bien d’être envisagée.
Ce n’est là encore qu’une hypothèse et la détermination exacte de la cause initiale du développement du cancer dans le tube digestif chez l’homme, ne sera pas facile à mettre en évidence. Les cas de début, les plus favorables, ne seront jamais que des trouvailles d’autopsie. Au moment de l’intervention chirurgicale, les premiers stades de l’infection, si on admet cette infection, peuvent n’avoir pas laissé de traces.
Beaucoup plus faciles seront les recherches expérimentales ou l’étude des cas de début, spontanés, chez la souris ou chez le rat :
Souris et rat sont des animaux précieux pour les recherches sur Pétiologie du cancer.