LEVURES
Très simpliste aussi la théorie blastomycétienne du cancer, soutenue surtout par San Felice : les tumeurs cancéreuses seraient dues à l’envahissement des tissus par le Saccharomyces neoformans. Les tumeurs à levures authentiques, les cas de Busse (72), de Gurtis(73), ne peuvent pas être considérés comme vraies tumeurs cancéreuses. Et d’autre part les figures microscopiques invoquées à l’appui de la théorie, pas plus que les expériences d’inoculation de levures, n’ont jamais démontré le rôle, des Blastoinycètes dans le cancer.
COCCIDIES
Nous avons déjà dit. ce qu'il faut penser de la théorie coccidienne du cancer.
SPIRILLES
La découverte du microbe de la syphilis a montré le rôle important que pouvaient jouer les spirilles dans la pathologie humaine et des recherches dans cette direction sont poursuivies dans divers laboratoires.
En 1905 et avant la publication de Schaudinn, j’avais déjà constaté la présence de spirochètes dans les tumeurs de la souris ; les résultats ont été publiés dans les C. B. Soc. de Biologie , mai 1906. Présence de spirilles dans des préparations obtenues par ponction de tumeurs non ulcérées. 4 cas examinés, tous positifs et deux sortes de spirilles : i° spirilles très nombreux, rigides, à spires longues, dans une tumeur provenant du laboratoire d’Ehrlich ; 20 spirilles moins nombreux, courts, fins, à spires serrées (3 à 6) dans des tumeurs spontanées, non ulcérées, d’origine parisienne.
J'avais signalé ces spirilles sans me croire autorisé à tirer de leur présence une conclusion étiologique ferme.
Des spirilles semblables (forme courte) ont été trouvés depuis par Wenyon (74) chez des souris normales sans tumeur.
Gaylord (76) aurait trouvé des spirilles identiques : i° dans 4 tumeurs Jensen de transplantation ; 20 dans 3 tumeurs transplantées dites Springfield ; 3° dans 9 tumeurs dites Brooklyn , transplantées; 4° dans 10 cancers primitifs de souris (sur 10 examinés), tumeurs non adhérentes à la peau, sauf une.
Pareils spirochètes n’ont été rencontrés dans aucun organe de souris normales (5 souris examinées). On les trouve plus nombreux dans les tumeurs les plus virulentes. Calkins (76) nomme ce spirille Sp. microggrata Lœwenthal, var. gaglordi.
Tyzzer (77), au cours de recherches sur les tumeurs spontanées de la souris (11 cas d’adénome kystique du poumon, 1 lymphosarcome, 3 tumeurs de la mamelle, 1 adéno-carcinome chez une souris valseuse), a recherché la présence de spirochètes.
Les résultats furent : pas de spirochètes dans le lympho-sar-
corne, quelques spirochètes dans la tumeur de la souris valseuse, spirochètes dans le stroma d’une tumeur Jensen inoculée.
Une souris inoculée deux fois sans succès avec tumeur Jensen est morte 6 semaines après la dernière inoculation : spirochètes en nombre énorme.
Une souris inoculée négativement avec tumeur d’Ehrlich a eu une inflammation de la patte : spirochètes dans la patte, nombreux dans le médiastin. Tous ces spirochètes, trapus, à larges spires, avec un flagelle à une extrémité, seraient identiques d’aspect aux spirilles trouvés dans les cancers des souris. De pareilles recherches doivent être continuées, l'avenir dira si les spirochètes jouent un rôle dans l’étiologie du cancer, mais la démonstration ne peut pas être considérée comme faite.