‹ Le problème du cancerChapitre 9 sur 29 · VARIÉTÉ DES TYPES MORPHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ DES TYPES MORPHOLOGIQUES

Ces images microscopiques nous paraissent particulièrement suggestives ; on les retrouve dans les cas tout à fait jeunes de cancer de la mamelle ou des glandes sébacées chez la souris ; elles montrent que, dans les épithéliums des conduits galactophores et probablement aussi dans les épithéliums malpighiens,, le virus cancéreux, si virus il y a, touche de préférence la cellule basale, encore indifférenciée. L’hétéromorphie que Ton constate dans les différents cancers tient certainement à ce que cette cellule réceptrice, initialement atteinte, peut se développer et se multiplier, soit en gardant ce type indifférencié, soit en présentant, dans la suite du développement de la tumeur, une évolution plus ou moins calquée sur l’évolution normale de l'épithélium intéressé. Cette évolution est variable suivant la région atteinte, peau, follicules pileux , glandes sébacées etc., etc., ou bien, dans le cas de tumeurs du sein, épithélium malpighien du mamelon , cellules des glandes annexes , épithélium des conduits galactophores ou des acini eux-mêmes . L’épithélioma à cellules cylindriques est l’apanage de l’estomac ou de l’intestin, etc., etc.

Le type du cancer dépend aussi, souvent, du degré de différenciation qu’acquiert la cellule cancéreuse au cours de son évolution ; dans la peau ou les muqueuses, elle aboutit parfois à la formation de globes épidermiques typiques, tandis que dans

d’autres cas elle garde le type basal le plus pur. Il 11’est pas rare, surtout dans le cas de carcinomes du sein, que la cellule cancéreuse se présente sous une forme qu’il est quelquefois difficile de caractériser comme une cellule épithéliale ; les tumeurs considérées comme endothéliomes en sont un exemple : elles donnent admirablement le type de la cellule encore indifférenciée, pseudoovulaire, avec les formations archoplasmiques considérées jadis comme coccidies.

Nous avons cru devoir insister sur la description des formes de début dans les tumeurs cancéreuses, parce que les faits que l’on peut constater au microscope paraissent difficilement explicables, soit avec l’hypothèse de Cohnheim, soit avec l’hypothèse de Ribbert, soit avec toute autre hypothèse purement cellulaire. Ces théories ne tiennent compte que de la multiplication illimitée de la cellule ou du groupe cellulaire préétabli , constituant le « reste embryonnaire » ou le fragment épithélial aberrant, admis comme point de départ. On ne saurait négliger, semble-t-il, le premier temps, la première étape dans la formation cancéreuse, c’est-à-dire la métamorphose progressive et continue de la couche ou des couches cellulaires primitivement atteintes. Les images microscopiques semblent montrer que tout se passe comme si quelque agent virulent ou toxique, présent dans la cellule, contribuait à l’extension continue du nodule initial et commandait les divisions cellulaires.

... Et I on ne peut s’empêcher de comparer l’apparition des ce llul es hydropiques dans l’épiderme du pigeon atteint d’épithélioma contagieux à l’apparition des cellules anormales vésiculeuses, pseudo-ovulaires, qui marquent les premiers débuts de la formation d’un cancer du sein, soit chez la femme, soit chez la souris.

Hétéromorphie initiale et multiplication secondaire indéfinie, sans réaction d’ immunité , caractérisent les processus cancéreux ou épithéliomateux.

Hétéromorphie et multiplication limitées bientôt par les réactions d’immunité de l’organisme, caractérisent les processus pustuleux ou épithéliosiques.

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