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RÔLE DE LA TECHNIQUE ARCHITECTURALE

>) La technique architecturale doit s’efforcer de donner à la construction un prix de revient aussi bas que possible, tout - en lui conservant une qualité suffisante. Elle peut y arriver tout d’abord par la mise au point de procédés nouveaux de construction. Mais ceci suppose, finalement, la mise en œuvre de matériaux nouveaux, généralement étrangers à la région. Or il est peu probable, qu’au moins au début, les transports de matériaux pondéreux soient régulièrement assurés.

Standardisation limitée.

a) La standardisation est souvent considérée comme un remède souverain. On croit que l’on peut appliquer aux choses immobiles et réparties en un point quelconque du territoire, le bénéfice reconnu de méthodes adaptées à la fabrication d'objets mobiles, se déplaçant eux-mêmes ou facilement transportables (1). Or pour standardiser, il faut organiser en des lieux particulièrement adaptés au point de vue de Pénergie, de la main-d'œuvre, des matières premières et des transports, des centres de fabrication en grande série.

Pour la maison, deux cas peuvent se présenter : ou l’on essaie d'organiser la fabrication en série de la maison complète, ou l’on ne s’attache qu'à quelques-uns de ses éléments. Dans le premier cas, on peut abaisser le prix de revient à la condition de s’orienter vers des solutions d’extrème légèreté, afin de ne pas supprimer par le prix du transport le bénéfice de la série. Dans le second cas, deux questions se posent : celle du gros œuvre et celle des matériaux d’équipement. Pour le gros œuvre, les considérations de transport empêchent de songer à la standardisation. Au contraire, pour les travaux, d'équipement intérieur fixe, qui ne font qu’un appel modeste au transport, la standardisation peut être poussée: très loin et procurer de grands avantages. On doit l’employér pour tout ce qui n’est pas proprement local : appareils sanitaires, tuyauterie, canalisations et appareillage électrique, parquetage, quincaillerie. Au delà, la standardisation est mauvaise ; inaugurée avant 1939 par des groupements de fabrication de ciment, de chaux ou de tuiles, elle a conduit, sans avantages appréciables, à la ruine délibérée de toute une petite

(1) U. Cassan. Rapport sur une politique du logement, Paris, 1941.

industrie locale autrefois disséminée harmonieusement dans

tout le pays.

Considérations des facilités d'entretien.

à) Il ne faut pas les oublier dans le calcul du prix de revient. Or, les procédés de construction dans lesquels interviennent, soit des produits synthétiques autres que ceux qui ont fait leur preuve au cours des âges, soit des systèmes de montage ou d'assemblage en matériaux hétérogènes deman-

dent un entretien fréquent et minutieux. Il n’est pas douteux

que si l’on suppose déux maisons identiques, l’une construite

en matériaux traditionnels, l’autre en matériaux nouveaux,

la valeur marchande de cette dernière s’écartera plus que la première de son prix de revient,

s Etudes techniques.

c) L’une des premières réalisations de la politique du loge-

. ment ouvrier peut être précisément l’entreprise, en collabora-

tion avec les organismes professionnels intéressés, d’études techniques poussées, comportant l'établissement de plans économiques de construction, exigeant pour un volume construit déterminé le minimum de matériaux et de main-d'œuvre; la recherche des formes simples paraît, à ce sujet, la meilleure source d'économies, ainsi d’ailleurs que l'adaptation aux conditions locales. « L'économie est alors particulièrement « sensible pour la maçonnerie, la couverture, la char- « pente (1). Pour cette dernière en particulier, le mode de « construction doit varier avec les régions; dans un pays de

« bois, on pourra prévoir la suppression des murs de refend

(1) U. Cassan. Rapport précité.

DANIEL MORENNE. 5

de

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