LES COOPÉRATIVES DE CONSTRUCTION
3) Le groupement des constructeurs ou entrepreneurs de travaux immobiliers présente de nombreux avantages. Il permet des économies sensibles dans l'achat des terrains, l'acquisition des matériaux, l'établissement des plans de travaux, et même dans la mise en œuvre, tout en assurant des constructions ou aménagements bien conçus grâce à l'intervention d’un architecte aux frais communs.
La France a fait, après la Grande Guerre, une longue expérience à ce point de vue, pour la réparation des dommages de guerre ; les sociétés coopératives créées à cet égard ont rendu de grands services, en se chargeant pour leurs adhérents
d'opérations pour lesquelles ils n’avaient aucune compétence, et qu’elles-mêmes ont fait exécuter à bien meilleur compte.
A l'étranger, ont été créées des coopératives qui se chargent de faire construire des maisons attribuées ensuite aux souscripteurs de leurs actions, dans des conditions préalablement établies.
Il semble donc que la formule de coopération soit à même
de donner de bons résultats, en particulier pour la réduction du coût de construction. Son utilisation est nettement indiquée pour la reconstruction, dans les grandes villes, des îlots reconnus insalubres. Il y a un intérêt évident à confier, sous. le contrôle de l'Etat, la démolition et la reconstruction de chaque îlot à une association constituée par les propriétaires de cet îlot, ce groupement se substituant aux intéressés pour toutes les opérations nécessaires.
C’est au service d'Etat responsable du logement ouvrier qu’il appartient, en définitive, d’assurer le développement de la coopération dans les travaux immobiliers qui l'intéressent, si cela est conforme à la politique générale adoptée.
Toutes ces mesures relatives à la construction doivent exercer une action profonde et efficace sur les causes techniques de l'insuffisance actuelle de l’habitat ouvrier français, et diminuer ou même écarter leur influence défavorable. Elles concourent à diminuer sensiblement le coût des matériaux et de la construction, et à faciliter ainsi, le moment venu, l'entreprise des travaux immobiliers qui seront nécessaires. La technique architecturale, en particulier, peut donner à la construction ouvrière un prix de revient aussi bas que possible, tout en lui conservant une qualité suffisante. Il est incontestable, cependant, que le prix de revient dépend de -conditions dépassant largement le domaine du logement ouvrier, et qui tiennent à la situation générale de la France, et spécialement à la valeur de sa vie économique dans l'avenir.
La détente de la fiscalité. :
Une fiscalité excessive se fait tort à elle-même, car elle gène le développement et la reconstitution de la matière imposable. Elle est anti-sociale, ce qui est plus grave, si elle rend difficile ou impossible l’accession à la propriété des familles nombreuses disposant de modestes ressources, et d’une façon plus générale, si elle compromet le succès d’un mouvement de rénovation du logement des ouvriers français. Certes, on ne saurait sous-estimer’ l'importance et la complexité des problèmes financiers qui se poseront en France après cette guerre ; mais l’intérêt social très élevé de la propriété familiale, et de la rénovation de l'habitat ouvrier, ne peut être mis en échec par des considérations fiscales même justifiées — et elles le sont très souvent, — d'autant plus que l’essor économique qui peut résulter du développement de la construction et des travaux immobiliers permettra à l'Etat de compenser largement les sacrifices consentis au départ. Besoins fiscaux et nécessités sociales ne sont donc pas inconciliables. £
Dès lors, les mesures à prendre doivent agir sur les causes fiscales de la situation défavorable du logement ouvrier, c’està-dire tendre à supprimer l'obstacle que constituent pour l’accession à la propriété, les impôts existants, et pour la construction en général, le taux souvent excessif des taxes
sur la propriété bâtie, et les défauts d'établissement de la cote mobilière.