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ne proscrit pas le progrès économique. Elle trace au contraire au recherches de la science ce magnifique programme : 1* Fûre descendre jusqu'aux niasses laborieuses l'honnête bien-dtre permis à tous, et jusqu'ici inaccessible à un grand nombre; 2*. donner aux objets façonnés par l'homme, principalement quand ils sont destinés au culte ou à la chose publique, cette beauté artistique qui est un resplendissement de la divinité et uti rayon du ciel illuminant les œuvres accomplies sur la terre. Vaste carrière, dans laquelle l'industrie peut se mouvoir à l'aise ! Car notre idéal catholique n'est point cette conception étroite rjui vise principalement à la diminutioD de la dépense, et qu'on appelle lésine. LegiTind moraliste catholique, saint Thomas, consacre, dans sa Somme théolot^HBy de belles pages à la vertu de ynagni/ieencey qui consiste àfittre, dans un but honorable, de grandes dépenses. L'Église n'a pas désavoué, sur ce point, le docteur angélique, et Tauteur du Parfum de Rome a bien rendu la pensée du maître, dans ces lignes sur le palais Pamphili, à Rome : « Quant au pafaus, deux dames très-grandes et très-fiëres, qui font souvent ménage à Rome, l'habitent en commun : ces deux dames, œs'denx sœurs, ces deux déesses, sont la Magnificence et la Vamvreté. 11 y a de l'espace au delà de tout ce qu'une imagination française peut supposer; il y a des statues antiques,des fresques de la main de Pierre de Cortone,et point de meubles. C'était l'ancien usage de Rome, encore gardé chez le Pape : bcautoupiàla magnificence, rien au liixe. Le mobilier du Vatican'semblerait intolérable à un sous-préfet. A présent le luxe arrive, la mi^nificence s'en va. 11 s'élève dans Rome des maisons à l'usage des étrangers qui semblent avoir été apportées tontes faites et toutes meublées de Batignolles ou de Clignancourt. »
De fait, sans proscrire ce qui est tolérable, sans oublier que la faiblesse humaine se passe difficilement de quelques hochets, sans refuser ses sacrements aux femmes dont les toilettes ne sont que risibles, aux hommes dont les dépenses au
café ne sont qu'inutiles, au.^ gens qui habitent des appartements somptueux et coquets , le Catholicisme préfère le beau au joli, l'art majestueux à l'art mignard» les monuments qni bra\ ent les siècles aiLx décors de carton. Il appelle le travail intelligent et hardi à se consacrer plus spécialement à l'éléTiition du niveau moral de la société; n* est-ce pas là une ndile impulsion ? Serviteui* des instincts égoïstes, le travail artistique caresse un luxe empoisonneur; serviteur de Dieu et du prochain, selon la sublime formule du Christianisme, il s* épure» Élevant et décorant d'une main respectueuse cathédrales, hôtels de ville, hospices, fortifications et tombeaux, il apparaît à l'humanité, non plus comme un proxénète vendu à la volupté, mais comme un ange protecteur et consolateur.
Il est temps, grand temps, que l'influence catholique, réveillée par le dévouement du clergé et des vrais fidèles, de ceux dont la charité est vivante et agissante, batte en brèche
. le luxe niais et souvent malséant (j'emploie une expression adoucie) du dix-neuvième siècle. On a décoché contre lui de petites brochures, de petits discours, de petites épigrammes;
• gouttes d'eau jetées de loin dans l'incendie. La répression du luxe par les pouvoirs publicsétant justement reléguée i)aiiniles olim^ l'unique espoir de la société est d^s la décision individuelle. Pour amener les grands et les petits, les rentiers et les ouvriers, les hommes et les femmes à diminuer leur train de vie, à suprimer des habitudes coûteuses, à se laisser dépasser et éclipser par des gens plus riches ou plus déraisonnables, pour obtenir ces sacrifices, insignifiants en apparence, coûteux en réalité, les exhortations les plus pathétiques de la science économique, d'ailleurs divisée, seront vaines. Si nous voulons guérir l'humanité malade, prenons-nous dans l'état où son infirmité l'a réduite. L'on trouvera plus vite dix hommes prêts à exposer leur vie dans les flots pour un inconnu qu'un seul capable de renoncer à la fumée du tabac pour soulager le dénuement de son vieux père. Dites à une jeune fille de s'adon* ner, pour vivre, à un tratail auquel sa santé succombe ; elle
e soumettra. Défendez-lui de porter des rubans ; elle éclatera D murmiires. Telle est la natuie humaine. Le luxe, nous avons montré au chapitre précédent, est un grand mal ; le lOÛt du luxe est un penchant meunrier, on n'en guérit qu'au ied de la croix.
La simplicité des mœurs et des habitudes n'est point un impie souvenir des vieux âges; elle se rencontre encore chez lès populations entières, (les populations sont sincèrement et iratiquement catholiques. Quand elles cessent de s'assembler lans leur vieille église, le torrent moderne les emporte, et le illage se dvilise, c'est-à-dire se corrompt.
Quelle vérité profonde dans cette parole du Maître : 5i voxas te denneBez comme de petits enfants, vous n entrerez pas lans le royaume des cieua:! Le petit enfant est simple. Le )OÛt du luxe n'apparaîtra en lui qu'avec les instincts dépraes de l'orgueil et de la sensualité. Si une éducation sage lit prévaloir sur ces instincts funestes les inspirations de la istice et de la charité, si l'adolescent s'accoutume à recher-
her avant tout les pures allégresses de la vertu, s'il se peroade que le vrai bonheur ici-bas consiste à garder sa condence sans reproche et à faire des heureux ,.les grossières et goîstes jouissances du luxe ne Téblouiront jamais. Il gardera, laque dans ses derniers jours, la simplicité de ses premiers
Le fils de Dieu nous a donné ces leçons, et les véritables iaciples de l'Évangile les ont toujours écoutées.