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tions à Toriginalité, en dépit de la hauteur avec laquéDe & jugeaient le Christianisme comme un prévenu vulgaire, ton les utopistes de réforme sociale ont essayé d'appuyer sur l'Évangile leui*s fragiles constructions. D'une main téméraire ils en ont scruté les récits et d'une plume insolente ils en ont, au bénéfice de leurs systèmes, défiguré les ensdgiiements. L'Homme-Dieu , dans leurs brochures, n*a plus été qu'un simple précurseur de leur personnalité pédante. Vieilk folie renouvelée des hérétiques, depuis Simon le Magiden jusqu'à Mahomet! Il se i^ncontre du bon dans l'Évangile, dit chacun d'eux ; cet homme extraordinaire, le Christ, avait eu l'intuition de quelques parties de mon système !.... Pygméesl Le Christ était hier, il est aujourd'hui, il sera demain. Son nom est béni d'un pôle à l'autre. Votre évangile à vous, après avoir amusé quelques centaines de désœuvrés et d'esprits inquiets, ira rejoindre les innombrables feuilles mortes qae chaque jour entasse dans la poussière des bibliothèques ! •
Grâce à ces audaces naïves, le genre humain a été informé, tardivement, que l'Évangile est un livre communiste et que la richesse y est proscrite. Je demande au lecteur la permis» sion de prendre l'exposition de ces énormités dans la Vie de Jesus^ de M. Renan.
(^omme condensation de toutes les erreurs antichrétiennes, stupéfaites de se rencontrer dans les mêmes pages, ce matt* vais livre peut être de quelque utilité ; c'est un répertoire assez complet d'objections anciennes et modernes. Dans les chapitres X et XI, M. Renan apprend à son lecteur ces deux étonnantes nouvelles : 1° qu'en Orient la richesse est un bien de très-mince valeur ; 2° que Jésus-Christ a exclu de son royaume tous les riches sans distinction.
<( Une totale indifférence pour la vie extérieure et pour le vain appareil de « confortable » dont nos tristes pays nous font une nécessité, était la conséquence de la vie simple et douce qu'on menait en Galilée. Les climats froids, en obligeant l'honmie à une lutte perpétuelle contre le dehors, font
ttaisher beaucoup de prix aux recherches du bien-être et du DDBe. Au contraire^ les pays, qui jéveillent des besoins peu (ombreux sont les pays de l'idéalisme et de la poésie. Les acéimres de la vie y sont insignifiants auprès du plaisir de ivre. L'embellissement de la maison y est superflu ; on se ieBt le moins possible enfermé. L'alimentation forte et réguière des dimats peu généreux passerait pour pesante et désa- •réaUe. Et quant au luxe des vêtements, comment rivaliser me cMui quelNeu a donné à la terre et aux oiseaux du îd (1) tn (p. 168.)
« Le Christianisme naissant ne faisait que suivre la trace les Essétâens ou Thérapeutes et des sectes juives fondées sur ft viecénolMtique. Un élément communiste entrait dans toutes- » sectes... La communauté des biens fut f|uelque temps de ègle dans la société nouvelle. L'avarice était le péché capital: r, il fiaiut bien remarquer que le péché « d'avarice » , contre equd la morale chrétienne a été si sévère, était alors le impie attachement à la propriété. I^ première condition pour ire disciple de Jésus était de réaliser sa fortune et d'en donlO'le'prix aux pauvres, deux qui reculaient devant cette exrémfté. t'entraient pas dans la communauté. Jésus répétait ouvent que celui qui a trouvé le royaume de Dieu doit l'afaeter iau'prix de-tous ses biens, et qu'en cela il fait encore un ■lohé avantageux.
-«r...j. Quelquefois le Maître, plus versé dans les choses du iA qaé dans telles de la terre, enseignait une économie poilî^ue plus singulière encore. Dans une parabole bizarre, un Btendant est loué pour s'être fait des amis parmi les pau\Tes uz dépens de son maître, afm que les pauvres à leur tous introduisent dans le royaume du ciel. Les pauvres, en effet,
(1) Oq dit que le luxe a dévoré les finances des Orientaux à Consintinople, mais ce passage de M. Renan nous rassure... Parlons ftrieosement. Les befoins en Orient sont moindres qu'en Qpcldent; -est précisément ce qui laisse plus de champ, d'un coté à la paresse, a Tautre à la passion du luxe et à la convoitise de la richesse qui ^treifent En français vulgaire, luxe oriental signifie luxe fou.
«Want HVk les dispensateurs de ce roj'siune, n'y que ceux qui leur auront donné... Le riche (qui avait été nu compa-SBion pour Lazare) est en enfer, parce qn'îl est richa, parce 'pi'il ne donne pas son bien aux pautTes, parce tfH dîne bien, tandis que d'autres à sa porte dineot maL (ch.lL) H Jésus comprit bien nte que le monde ofGciel de aon tenp m; se prêterait nullement à son royaume..., U se toomaTai les simples. L'ne vaste substitution de race aura lieu. U iT)ynume dt- Dieu est f^t : 1° pour les enfants et pour cou qui leur resemblent ; '2? pour les rebutés de ce monde, ûtimes de la morgue sociale ; 3* pour les hérétiques et sdûmir liqnesipublicains, samaritain^:, païens de Tyr et de Sîdon. Uk paralwle énergique expliquait cet appel au peuple et le légitimait : un roi a préparé un festin de noces et envoie ses senileurs chercher les invités. Chacun s'excuse, quelque^-tnii maltraitent les messagers, i^i roi alors prend un grand parti. I^s ((ens comme il faut n'ont ])as voulu se rendre à son appel; eh bien ! c" seront le» premiers venus, des gens recueillis snr l(» jilaces et I<.-s carrefours, des pauvres, des mendiants, des Imiteux, n'im|K)rte; il faut remplir la salle, et <t je vous le jure, (lit le roi, aucun de ceux qui étaient invités ne goâten mon fesliii. »
I^ pur é/noiiisme, c'est-à-dire une doctrine enseignant que !es])au\res (c^ftwniw), sei-ont seuls sauvés, que le règne du jiauvrcs va venir, fut donc la doctrine de Jésus, du mcuns d'apr/'s l'analyse fantaisiste de M. Renan. J'ai disséqué ailleurs les procédés de cette critique dans un travaU spécial (1). .\joutezlc faiitant exploité de ta communauté des biens chez les premiers chrétiens de Jérusalem, vous avei le (U)mmunisme pscudo-évongélique tout entier.
Mais la vérité, la véi'ité facile ù constater par la simple lec- . luii! des textes non mntilcs (2) , la voici :
.) Iji tadi'/uc ei la cTiiiijue, Ctude sur les procédés de l'anti- LtHiiismu modcrae. — Douiiiol, 1S63.
Tutvm audianff loium lulvertaiU; non in parle aurea aperkaii, m
Les enseignements évangéliques envisagent la richesse an point de vue moral plutôt qu'au point de vue économique, et le Maître, d'accoi;d avec l'expérience de tous les siècles, déclare qu'une agglomération considérable de biens matériels dans une main constitue un danger pour la vertu. Longtemps avant sa venue, le fils de Sirach admirait comme un prodige la réunion de l'opulence avec la justice :
a Uor en a fait tomber plusieurs^ et son éclat les a perdus. Bienheureux le riche qui a été trouvé sans tache ^ qui n'apoint couru après tor, qui n a point mis son espoir dans P argent et les trésors. Quel est celui-là ? Nous le louerons. Il a fait des dntses merveilleuses durant sa vie. Il a été éprouvé par For et trouvé parfait; sa gloire sera éternelle. Il a pu être transgres- $eur et il ne ta pas été; il a pu faire le mal et il ne Fa pas fait. C*est pourquoi ses biens ont été affermis dans le Seigneur et toute rassemblée des saints publiera ses aumônes (1). »
Jésus-Christ disait à son tour, non comme le porte la brève citation de M. Renan : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu, » mais avec un développement qui ramène le proverbe à sa réelle mesure :
« Mes chers enfants^ combien difficilement oxjMiqm se convient DANS LES RicoESSES entrent dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau dépasser par le trou dune aiguille qu'à un riche d entrer dans le royaume de Dieu. » Tout Stupéfaits^ les disciples se essaient les uns aux autres : « Et qui peut arriver au salut? n Jésus ^ fixant son regard sur eux^ leur dit : n Cest là une chose impossible aux hommes^ mais non à Dieu- {2). » Le fondateur de cette société chrétienne, qui a créé une richesse cent fois supérieure à la richesse des sociétés païennes les plus avancées, n'ignorait pas abso-
pwrtesurdescant^ disait saint Augustin, à propos de ces passives mômes, arrangés par les novateurs de son temps {Epht. nd llUar). Voir note D.
(1) Eccli., eh. xxxL — (2) Marc, x, 2û.
lument l'économie politique. Il connaissait pertinemment cette loi qui n'a pu être formulée que par un économiste formé à son école : « La richesse repose sur le travail^ le travail