‹ Le problème économique et la doctrine catholiqueChapitre 16 sur 47 · SUR LE CAPITAL, LE CAPITAL SUR LA VERTU, ET LA VERTU SUR U · texte numérisé non relu

SUR LE CAPITAL, LE CAPITAL SUR LA VERTU, ET LA VERTU SUR U

roi (1). »

U laissait suffisamment entrevoir le bien-être réalisable snr ce globe même, dès que la foi y ferait fleurir la vertu, quand il disait : « Cherchez PREyiÈREMENT le règeie de Dieu et sa JUSTICE, le reste sera donné par surcroit. » Sa sévérité à l'égard du paresseux, aussi bien que les exemples de sa vie, disait éloquemment quelle importance il attachait au travail.

Les riches de son temps, pris dans leur ensemble, étaient corrompus et corrupteurs ; ne devait-il pas leur adresser un langage sévère ? Sévérité pareille à celle de ses ministres qd épouvantent les pécheurs pour les sauver. Sans doute, il eut des tendresses particulières pour les pauvres, plus malheiïreux, plus timides ; mais il ne dédaigna ni l'entretien du riche Nicodëme, ni la table des riches Simon et Zachée, ni l'hospitalité de Marie, Marthe et Lazare ; et le disciple fidèle qui l'ensevelit et lui donna un sépulcre était Joseph d*Arimathie, un riche^dÀi formellement l'évangéliste saint Mathieu (ch. xzvu). L'avarice proscrite par Jésus-Christ, c'est l'affection désordonnée aux réalités visibles, la cupidité qui préfère les bien matériels aux biens spirituels. Assurément il faut savoir, dans l'occasion, préférer le royaume de Dieu à tous les biens périssables, à la vie même. Ce choix a fait des millions de martyi*s. Et notre siècle, si commun qu'y soit l'amour de l'or, n'at-il pas vu, hier encore, de nombreux ministres de la secte anglicane, renonçant à leurs opulentes prébendes , embrasser en même temps la vérité catholique et la pauvreté ? N'apprenons-nous pas chaque jour, par les Annales de la Propagation de la Foij que de nombreux chrétiens ont préféré à l'apostasie la misère, l'exil et la faim? Qui ne sait pas sacrifier les richesses

(1) De la Resiauration françaUe, liv. T, ch. ii.

visibles au royaume de Dieu est aveugle ou insensé. Mois jamais Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a tait de l'abandon de toute propriété une condition de salut. Par quelle singulière distraction M. Renan a-t-il confondu deux choses tout à fait distinctes : faire partie de la troupe apostolique, et faire partie de la société chrétienne? Les apôtres, mais les ApAtres seuls, devaient renoncer à tout pour s'occuper uniquement de la prédication de l'Évangile et de la fondation de l'Église. Un jeune homme se présente un jour au Sauveur et pose la question du salut : « Maître^ quel est le bien que je dois accomplir pour avoir la vie éternelle? » Jésus répond: « Sivous voulez entrer dans la vie^ gardez les commande^nents. » — u Quels commandemenis?^ — « Vous ne tuerez point. Vous ne commettrez point Fadultère. Vous ne volerez point. Vof(s ne pm-tcrez point de faux témoignage. Honorez votre père et votre mère, et aimez votre prochain comme i\ous-mnne, n Dans cette ré-

ponse, qui rappelle eu abrégé le Décalogue de Moïse, avec mention spéciale de la charité fratern(^llc, pas un mot sur la nécessité de se dessaisir de sa propriété. Loin cle 1»\ : « Vous NE VOLEBEZ POINT, » dit le Sauvcur. Mais le jeune honune continue l'entretien : « Ces commandements Je 'ks ai gardés dès mon adolescence; qu est-ce qui me manque encore? » (En d'autres termes, quel bien supérieur puis-je accomplir?) Jésus lui dit : « Si vous voulez êtke parfait, allez^ vendez ce que vous avez et donnez (le prix) aux pauvres; vous aurez un trésor dans le ciel. Ensuite^ venez ^ suivez-moi (Accompagnez-moi, prenez place parmi les hérauts de la bonne nouvelle (1). »

La morale tant naturelle que surnaturelle comporte deux degrés.le devoir commandé, Théroïsme conseillé. Au jeune juif observateur de la loi le Seigneur montre une voie plus haute. Veut-il être parfait, qu'il suive pauvre le divin Pauvre; veut-il simplement se sauver, qu'il demeure dans sa maison et au

(i) Maith. XIX.

milieu de ses propriétés; mais il y rencontrera les subtiles tentations de la richesse, et il sentira bien vivement le besoin de la toute-puissante assistance de Dieu. Ce que déclare la suite du texte cité plus haut : « Mes chers enfants^ combim difficilemeiit ceux qui se confient dans les richesses entrent dans le royaume de Dieu. »

La parabole du festin, rapportée pai* saint Matthieu (xxujet saint Luc (xiv) ne dit pas un mot de ce que M. Renan lui fait dire. Loin d'être impitoyablement exclus, les gens comme il faut sont au contraire invités les premiers, et les gens recueillis sur les places ne sont appelés qu'après leur refus. A leur tour, ces derniers ne sont point accueillis sur leur seul titre de pauvres, puisque l'un d'eux, qui ne s'est point revêtu de la robe nuptiale, est non-seulement chassé, mais condamné à la prison (1).

Enlin, la parabole « ôizarren de l'intendant infidèle, n'est bizarre (|ue dans le résumé du critique infidèle. Ce n'était point parmi les pauvres du pays, c'était parmi les débiteurs de son maître que cet intendant s'était fait des amis, en diminuant le chillre de leurs dettes. Le maître ne trouva nullement morale, mais admira comme « ingénieuse » la conduite de ce mauvais sujet [laudavit Dominus villicum iniquitatis, quia PKUDENTER fecisset). Jésus-Chi'ist, sans approuver cette

(1) Au fond, cette parabole n'a aucun rapport à la question de la l'ichossc. Coinmo la tradition chrétienne Ta parfaitement compris, les nooos du fils du roi fifçurent l'union du Verbe avec rhumanité par l'Incarnation. Les premiers appelés à cette grande fête spirituelle sont les Juifrs. Sur leur refcs, les Apôtres se tournent vers lesCentilsetles font entrer dans riCirlise. Mais comme les bons et les méchants y pénètrent âi la fois, Jésus-Christ passe en revue ces conviés, et chasse ceux qui n'ont pas la pureté requise pour s'asseoir à sa tabl& Los pécheurs scandaleux eux-mêmes sont appelés, mais à la condition d'une conversion sincère, et s'ils passent avant les pharisiens, c^est que le péché des pharisiens, l'orgrueil, est de tous le plus réfractairc à la pénitence. — Qui veut trouver dans le livre divin ce que .soixante ^i^nérations chrétiennes n'y ont jamais trouvé, arrive à ne pas y voir ce que tout le monde y voit. C^est ce qui advient à nos critiques délicats.

escroquerie, fait remarquer avec tristesse à ses disciples que les enfants des ténèbres se montrent plus avisés dans leurs machinations perverses que les enfants de lumière dans Taffiiîre du salut; et pour tirer une conclusion pratique de ces réflexions, il les exhorte à se faire des amis i)armi les pauvres avec cet argent qui devient si souvent, entre des mains coupables, un instrument d'iniquité; ils mériteront ainsi d'être accueillis par ceux qu'ils auront secom-us dans les tabernacles éternels. Certes, l'Évangile ne dit rien des avantages qui résultent de Tagglomération des biens matériels; les contemporains du Sauveur n'avaient pas besoin d'être stimulés à la poiireuite de la fortune; mais de ce silence à un enseignement communiste la distance est grandi*. Le droit de pr()i)riété est paitout admis dans l'Evangile. Le Sauveur veut que ses disciples sachent, à l'occasion, faire l'aumône et prêter gratniteruent. Pour donner et pour prêter, il faut posséder, co semble. Nenio dat quod non habvi, La conversion d(î Zacliée est célèbre. Or, que t'ait Zachée converti, Zacliée honoré dos laveurs de Jésus? 11 donne aux pauvres la moitié de ses biens, et, par conséquent, demeure maîtnî du resti». Il se montre très-généreux et demeure propriétaire. Sans douto, il n'cntro point dans la comniiinauté apostidbpw^ assujettie à (1rs devoirs spéciaux et librement acceptés, mais il est admis dans la société chrétienne, (.omment font les modenies copistes des anciens hérétiques pour ne i)as saisir une distinction si visible (1) ?

On lit dans saint Luc cette sentence du Maître : u Si quelqu'un ne hait pas son père^ sa mère, son cpome^ ses enfants, ses frères, ses sœurs et sa vie meniez il ne peut être mon dis-

(i) Les découvertes de nos cxégètes libres penseurs ne sont, en général, que de très-vieux sophismes. Ainsi Pélaire avait découvert dans TEvangile, comme M. I\enai), la niahkliction de la propriété. Saint Augustin le réfuta facilement, et IN^Iage eut le bon vsens de se rétracter ( A ug., ËpisL lxxxix ad Ifilnrium, EftUt, ad Paidinnm), IMaise au cierque les égarés contemporains se laissent, eux aussi, vaincre par la vérité!

ciple (1). » Avec une légère connaissance du génie des langues orientales, et même avec un peu de bon sens et de réflexion, on comprend aisément la pensée de THomme-Di^L Il s'agit d'être prêt à sacrifier tous ses biens, à lutter contre toute sa famille, à mourir plutôt que de manquer à son devoir. Il s'agit de préférer Dieu à tout, quoi qu'il en puisse coûter dans de pénibles et délicates circonstances (1). Combien de martyre, depuis sainte Perpétue jusqu'à Thomas Morus, ont dû tiiompher des larmes de leui"S proches pour éviter la suprême lâcheté de l'apostasie! Et d'autre part, hélas! combien d'adorateurs de Mammon, plutôt que de renoncer à une fortune mal acquise, vivent et meurent loin de Dieu!

L'Evangile a consolé la pauvreté involontaire, glorifié la pauvreté librement choisie, réprouvé le vol, maintenu la propriété, maudit l'abus égoïste et inhumain de la richesse, prémimi l'homme contre les entraînements de la cupidité : les utopistes n'y trouvent point la confirmation de leurs rêves; ils y sont condamnés. Les vrais commentateurs de l'Évangile sont les Apôtres. lnterrog(*ons-les.

Saint Pierre : « Que personne parmi nous n'encoure de condamnation pour vol (2). »

Saint Jacques : « Si un de vos frères ou une de vos sceurs sont 71US, et s* ils manquent de la Jiourriture de chaque jour ^ et que quelqu'un de vous leur dise : a Allez en paix, réchauffez» vous et rassasiez-vous^ » sans leur donner ce qui est nécessaire au corps^ à quoi cela servira-t-il? Aifisi la foi^ si elle n'a pas

(1) Le pape saint Grégoire explique ainsi le fameux texte : Qui non odit, « On peut demander comment nous recevons l'ordre de haïr nos parents, nous à qui l'amour des ennemis eux-mêmes est prescrit l'aul dit : « Maris, aimez vos épouses, comme le Christ son Eglisp. » Quoi! le disciple ordonne d'aimer, le Maître commande de haïr!.... Nous devons aimer épouse et parents; mais s'ils viennent à nous barrer le chemin qui mène à Dieu, alors ils deviennent pour nous des étrangers, des ennemis qu'il faut fuir. » {Homélie bur cet Evangile,)

(2) I Epit, IV, 15.

les œuvres^ est morte (1). » L'Apôtre affirme dans cette comparaison le devoir de l'aumône, qui lui-même suppose la propriété, la richesse. Un peu plus loin, c'est une apostrophe éloquente, non contre toute sorte de riches mais contre les riches avares qui , devant leurs frères nus, laissent ronger par les vers les vêtements entassés dans leurs coffres, contre les riches injustes qui fnistrent de leur salaire les ouvriers qui ont moissonné leui*s champs. Néanmoins, ce n'est pas à la guerre sociale que l'Apôtre exhorte les pauvres, mais à la patience, jusqu'à l'avènement du Seigneur, qui les vengera. L'Apôtre a appris à l'école de Jésus-Christ que la charité à l'égard du pauvre est pour le riche un devoir dont l'omission mène à l'enfer ; mais il n'ignore pas non plus que la charité, essentiellement libre, laisse le propriétaire responsable devant Dieu seul du bon emploi ou de l'abus criminel de sa propriété.

Saint Jean : « Ils ne firent pénitence^ ni de leurs meurtres^ m de leurs etnpoisonnements^ ni de leurs impudicités^ ni de leurs vols (2). » L'attentat à la propriété est classé parmi los grands crimes.

Tous ces Ajïôtres ne nous ont laissé qu'un très-petit nombre de pages, sur quelques pointas spéciaux de la doctrine chrétienne. Saint Paul nous offre un enseignement plus explicite.

Il écrit à son disciple Timothéc : « C'est un grand ginn que la piété avec le suffisant. Car nous n'avons rien apporté en ce inonde^ et sans doute nous nen pouvons rien emporter. Ayant donc la nourriture et le vêtement^ conteyîtons-nous-eîi, parce que ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans les filets du diable^ et dans beaucoup de désirs inutiles et nuisibles^ qui plouf/ent les ho7?it?ics dans la ruine et la. perditio?i. Car la raciiic de tous les maux est la cupidité. Quelques-uns^ ?/ at/ant cédé, ont dévié de la foi et se sont engagés dans une multitude de douleurs....

(1) Epii. n, 17. — (2) Apoc. ix, 21.

u Prescris aux riches du siècle de ne point s^en/ler âw- (jueiU de ne point mettre leur espoir dans de vaines richesses^ mais dans le Dieu vivant [qui nous donne toutes choses avec abondance pour notre usagé) ; de bien agir^ de devenir riches en bonnes œuvres^ de donner facilement^ de faire la part d' autrui [communicare) ^ de thésauriser un bon fondemeiU pour F avenir^ afin de parvenir à la vie étemelle (1). » Adniirables leçons, parmi lesquelles on chercherait en vain l'obligation d'un dépouillement absolu !

Tel est renseignement apostolique, écho fidèle de renseignement divin. Mais, dit le communisme obstiné, la communauté primitive de Jérusalem ?...

Voici sur la communauté primitive de Jérusalem Tappréxiation d'un homme très-compétent.

.( Le premier élan d'amour et de foi dans la jeune Église avait tant de force, que non-seulement tous vivaient ensemble comme une famille, mais encore que les riches se dépouillaient VOLONTAIREMENT de h plus grande partie de leur bien et chargeaient les Apôtres de le distribuer aux pauvres. Toutefois, cette communauté de biens n'allait pas sans doute jusqu'à un complet anéantissement des droits et des rapports de la propriété; elle n'était pas non plus imposée à personne comme un devoir, et elle ne fut point introduite dans les autres Eglises (2). »

Que dit, en effet, l'historien sacré? « La multitude des a'oyants était im srul cœur et une seule âme: et nul 7i'appe^ lait siomes les choses qu'il possédait^ mais toutes étaient communes pour eux., .. Et il n'g avait personne dans la détresse parmi eux^ car tout ce qu'il y avait de possesseurs de champs

(t) Ch. VII.

(*i) Doellinger, Origines du C/ms(iams)nn,\\y, /, ch. vm. — Quelques Pères, et à leur suite Bossuet, dans un sermon dont nous donnons à la fm du volume un fragment, ont, dans dt s amplifications oratoires, dépa^N-sé la mesure, chose facile et pardonnable à ces opoques oil les systèmes communistes ne menaçaient pas comme aujourd'hui Tordre social.

ou de maisons les vendment et offraient le prix de ce qu^ils avaient vendu : ils le déposaient aux pieds des Apôtres y et ensuite la distribution se faisait selon les besohis de chacuti (l) .

Dans ce récit, évidemment approbatem* et proposé comme un bel et touchant exemple, tout indique la spontanéité et la générosité du dépouillement; rien ne fait supposer une obligation stricte, un devoir imposé. Où ne mènerait pas une exégèse traîtreusement littérale? Il est dit, au même endroit, que les premiers chrétiens de Jérusalem persévéraient unanimement dans le temple (2). La prière dans le temple était-elle donc une loi fondamentale du (Ihristianismti, f|ui i)récisément condamnait ce temple à une prochaine et irréparable ruine? Si la communauté eût été absolue, poun|uoi faire remarquer qu'il ne se trouvait, parmi les disciples de ri!lvangile, <( personne dans la détresse? » Les Apoti-es distribuaient à chffcan selon son besoin, c'est-à-dire à rhacnn drs pfrtfvrf'S(\u\, grâce aux versements abondants des riches dans la bourse administrée par les Apôtres, étaient délivrés des horreurs de la détresse. La formule fouiiéiistc?, tant admirée des |)aresseux modenies: a chacun selon ses besoims! (qu'il ait travaillé peu ou beaucoup.) était tout à fait inconnue aux premiers chrétiens.

S'il pouvait subsister quelque doute, ce doute serait levé par deux faits éclatants, l'un g<'in''raL l'autre particulier.

Le fait général, c/cst la conduite d^s A|)ùtres ([ui, partout occupés à rapprocher le riche dn [)aij\re, accej)tent partout le fait de la ricin 'ssr. Ou l«'s entriid adrcsstT au riche oublieux de ses devoirs de sé\ ères réprimandes, au riche bienfaisant les ])lus pathéti(|ues encouragements : ils prêchent l'usage charitable de lapi'opriété, connue l'Ilglise h» fera ajnvs eux; rien de plus, (lependanl ils ont été formés à la niOine école que les fondateurs de l'Eglise de Jérusalem, saiut Piejre et saint Jacques, et ils leui'denieureui [)arl'aitemeni unis. Le Jait

(1) Ac^'s IV, 32, et n, tiU. — (2) Actes, n, '47.

particulier, c'est l'histoire d' Ananie et de Sapphire, non pas condamnés à mort par saint Pierre mais frappés de mort subite par Dieu même, à l'occasion d'un champ vendu par eux. Quel fut leur crime ? d'avoir gardé une portion du prix de ce champ? Nullement; le chef de l'Église nsdssante le déclare, a Est -ce que ce champ^ demeurant entre tes mains^ Il était pas à toi? Vendu, n^ était-il pas en ta puissance? (sous la forme équivalente de sa valeur), h Mais ces misérables époux voulaient paraître ce qu'ils n'étaient pas, et se faire compter parmi les bienfaiteurs insignes de la communauté, parmi les parfaits. C'est cette hypocrisie sacrilège que l'Apôtre leur reproche, et que Dieu châtie. « Tu n^a» pas menti aux hommes^ mais à Dieu ! » dit Pierre à Ananie, qui sur-lechamp tombe mort. Et ensuite à Sapphire. « Pourquoi vous Hes'vous concertés ensemble pour tenter l* Esprit-Saint? (Pour voir si votre fraude demeurerait inconnue) (1). »

Ni la production, ni l'appropriation, ni la multiplication, ni l'amélioration des biens terrestres ne sont prohibées par l'ÉvaiH gile. L'Évangile réprouve uniquement les vices qui, trop souvent, accompagnent et déshonorent la richesse. Mieux connu, plus écouté, l'Évangile rendrait la richesse à sa destination providentielle. Il y aurait toujours des riches ; il y en aurait beaucoup plus qu'aujourd'hui, grâce à l'augmentation du travail et à la diminution du luxe ; mais les riches, sachant quel emploi doit faire de l'argent un enfant de Dieu, ne seraient pas ces monts sourcilleux qui attirent les nues vers leurs cimes et gardent leurs eaux dans des gouffres sans fond; ils seraient ces collines bénies qui, après avoir recueilli les pluies du ciel, les laissent descendre jusqu'à l'herbe desséchée des vallons.

(1) Actes^ V.

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