DU CLERGÉ
Du sein de ces trois classes qui forment une société, s'élève une classe spéciale. Confondue avec elles par ses origines et par une portion de son existence, elle s'en distingue par des
fonctions et une situation qui lui sont propres ; j'ai nommé le clergé. La société contemporaine sait peu ce qu elle doit au clergéy et un prêtre peut le lui dire sans orgueil, puisque l'honneur d'avoir institué ce grand corps revient tout entier à l'Homme-Dieu.
. La création du clergé catholique a été la fondation de la société nouvelle. Un corps recruté non par l'hérédité niais par la vocation, un corps dans lequel le mérite était la condition normale de la dignité, un corps qui prenait des esclaves pour en faire des prêtres et des pâties pour en faire des papes, un corps dont les membres fraternisaient à travers les barrières et les frontières, les continents et les océans, devait peser sur les destinées des nations assez fortement pour amener, avec le temps, la ruine des castes, l'égalité devant la loi et Tesprit de fraternité universelle. C'est ce qui est advenu.
« Pour conquérir à l'homme tous ses droits, a dit avec une grande vérité M. l'abbé Riche, il faut commencer par lui prêcher to^s ses devoirs. » Eh bien ! à partir du grand jour delà Pentecôte, le clergé catholique a entrej)ris cette œuvi*e et Va réalisée dans une large mesure, malgré la résistance obstinée
de tous les égoïsmes et de toutes les tyrannies. S'établissant
■•'■Il • -
au-dessus des distinctions extérieures de Juif et de Gentil, de Grec et de Barbare, de maître et d'esclave, il s'est adj'jessé à l'homme, et il a i-èstauré l'homme. Sans lui, comme aux jours d'Auc:uste et de Tibère, les sociétés humaines en seraient encore au terrible pai'tage des âges païens : exploiteurs et ex-, ploités. " '
Selon les temps, ce clergé s'est vu accusé de partialité à l'égard de telle ou telle classe de citoyens : les puissants l'ont appelé séditieux, quand il défendait les faibles contie l'oppression; les masses l'ont traité de courtisan,, quand il s'opposait aux rébellions insensées. 11. n'est, en réalité, d'aucun parti; il n'épouse la querelle d'aucune classe; recruté dans toutes, il est le ministre de Dieu au milieu de tous ses frères.
et c'est en lui que les plus éloignés se rapprochent et s'embrassent. Aveugles volontaires, ceux qui confondent certaines situations accidentelles avec' l'état normal et habituel du clergé ! Quand, au moyen âge, la noblesse féodale plaçait, malgré l'Église, des cadets sans vocation à la tète des abbayes et des diocèses, de tels clercs, naturellement, sous l'habit du prêtre, gardaient les sentiments, les préjugés et lés passiorfs des seigneurs ; or, en ces temps-là même, le proverbe populaire disait : // fait bon vivre soits la crosse!
De nos jours, peu de prêtres appartiennent par la naissance à l'ancienne noblesse ; la bourgeoisie n'en fournît pas beaucoup non plus ; l'immense majorité sort, comme les premiers apôtres, des classes laborieuses. Ce peuple, qu'on s'efforce d*îBimeuter contre le clergé, serait^ encore esclave, si l'Église , n'avait pris ses fils pour en faire les plus hauts dignitaires de la religion. Destercore eriyens 'pauperem^ ut coUocet eum citm principihus! Constitué par la vocation et l'élection, le clergé a ramené Fhumanité à ses conditions naturelles d'existence. Il ne l'a pas fait en un jour, mais il l'a fait.
P'un côté, il a, le premier, épargné et capitalisé ; de l'autre, ii a préparé la plèbe, par la haute éducation intellectuelle et morale <[u'il lui donnait, à. ses futures destinées. Acceptant, selon les tên^ps et les occurrences, les formes plus ou moins parfaiités ae la société civile, il a cherché à en atténuer les côtés défectueux, sachant bien que ramélioratîon morale qu'il poursuivait directement amènerait la société .civile à se rappiwhër piro^rpssivement de l'idéal évangélique, dans lequel la justice est maîtresse et la charité triomphante.
Le clergé du moyen âge s est enrichi au détriment de la société civile, dit-on. C'est précisément le contraire qui est le vrai. Au moyen âge, épofiue où la société civile ne connaissait, comme l'antiquité, d'autre source de richesse individuelle que le pillage, source de ruine publique, le clergé, par l'épargne, dont il était presque seul capable, a, le premier,' créé des capitaux ; ceux qu'il a reçus en don, il les a conservés, et
c'est ainsi qu'il a très-puissamment contribué au dé\'eIoppe* ment de la fortune générale. Le mot de mam-morte est ici un \'ain épouvantail. Les capitaux du clergé n'étaient nullement enfouis. Us faisaient vivre de nombreuses populations réunies à l'ombre de la cathédrale ou du monastère ; ils formaient une réserve véritablement indispensable en ce temps-là pour les joiirs calamiteux où, sous l'étiquette de dons gratuits, ils subvenaient largement aux besoins nationaux.
Quand un État en révolution, en volant les biens d'Église, a tué la poule aux œufs d*or, alors aux dons du clergé succèdent les emprunts, qui se succèdent et s'entassent les uns sur les autres, au grand ennui du contribuable. On prétend que les biens d'Église étaient mal administrés, on ne le prou\^ i pas. Le vrai, c'est que l'Église traitait paternellement les travailleurs et faisait la part de ses fermiers plus forte que les laïques acheteurs des terres du clergé (1) . Le fait fût-il exact, c*est détruire le principe de la propriété que d'évincer le propriétaire, parce qu'on l'estime administrateur maladroit ou nonchalant.
Plaçons-nous sur le terrain du droit. Qu'est-ce que le clergé, dans une société quelconque? C'est la première classe des citoyens. Je ne dis point ceci par un misérable sentiment de jactance, mais parce que le fait est nécessaire. On parle beaucoup aujourd'hui de la société laïque. J'avoue que je ne connais pas de société laïque. Une société laïque serait une société abjecte, où l'élément divin n'aurait pas de représentation sociale, une société sans culte public, sans temples ouverts à tous, sans crovances communes et sans commune adoration^ Dans une telle société, objet de mépris pour la dernière tribu sauvage, les individus pourraient croire, adoi^er, prier ; mais ces grands et essentiels exercices de l'activité humaine seraient considérés comme des fantaisies personnelles, tolérées et pro-
(1) G*ëst ce qu*a ipis récemment en lumière le projet de confiscation des biens de TÊglise mexicaine par le nouveau gouvernement de ce pays.
tégées au même titre que les spectacles, les danses et tous les actes que la loi n'interdit pas, parce qu'ils ne lui semblent pas nuisibles. Le rationalisme veut précisément mener là le monde moderne. Société laïque, tolérant le prêtre comme elle tolère rWstrion, sans lui reconnaître aucun droit inhérent à son caractère, tolérant le prêtre, homme de l'Église ou de la Reli- ' gion divinement organisée, comme elle tolère un inventeur de culte qui, de son chef, fonde en même temps le culte qu'il confectionne et le sacerdoce sans autorité dont il s'investit; voilà le thème de tous ces journaux qui relèvent de la direction maçonnique ! Voilà le rêve d'une multitude d'esprits légers et abusés !
« On a beau se défendre, dit M. Baudrillart, économiste non suspect de cléricalisme, mais observateur habile, la moralîsation des classes dites inférieures {et des classes dites su-périeures. sans nul doute) est en grande partie rœu\Te du clergé. Que nos grands réformateurs nous indiquent un moyen de sauvegarder la pureté morale, de créer l'être moral de la jeune fille et de la femme, qui soit autre que la religion chrétienne; nous ne démanchons pas nûeux!... Vous bornerezvous à adresser à l'âge des passions, des émotions vives, quelques conseils bien sensés et bien secs de prudence mondaine? Il ne suffit pas d'opposer des raisons àf des émotions... On a présenté la démocratie et l'industrie d'une part, la religion de l'autre, comme des ennemis. Permettez-moi de vous dire que je crois que c'est le contraire qui est vrai (1). »
Une société a essentiellement besoin d'une direction morale et religieuse. Cette . direction exige des hommes à part, appliqués spécialement à l'étude et à l'enseignement de ces salutaires vérités, fondement de tout l'ordre social. En réalité, la nécessité d'un sacerdoce n'est contestée par personne. Le Catholicisme affirrhe que le sacerdoce vrai est celui qui a reçu sa mission de l' Homme-Dieu; le rationalisme soutient qu'à ce
(i) Des Rapports de la Morale et de V Économie politique^ p. 568.
«sacerdoce séculaire doit succéder un sacerdoce philosophique; il prétend substituer à la prédication catholique un enseignement moral et religieux donné au nom de la multitude par df'S fonctionaaii'es ci\iis ou des docteurs d'occasion, au piiemier rang duquel les journalistes posent et les romanciers paradent. Nous avons étudié ailleurs les pièces de ce procès» dont rimportance sociale est évidente, puisqu'il s'agît de savoir à qui, du prêti'e ou du journaliste, c'est-à-dire de FÉglise catholique ou de l'athéisme pratique, le peuple doit donner sa coniiance (1).
Le prêtre consacre sa vie à un service'public, au premier des services publics. La société doit pourvoir aux besoins de ses serviteui-s. («onformément au pi-incîpe de la division du travail, le laboureur nourrit le tisserand et le tisserand habille le laboiu-eur. A plus forte raison, l'homïne qui fournit à ses concitoyens le pain de l'âme doit recevoir d'eux le pain du corps. Si les services rendus sont individuels , c'est aux individus qui en profitent à les rémunérer. Ainsi, le précepteur doit être payé par son élève. Quand ks services rendus sont d'une nature génér^ile, d'une utilité sociale, à la société même il appartient d'aviser. Toutefois, le devoir de l'Etat ne commence
(I) Les Hommei iWnf,*(in-18. Diïlet). — L'athéisme pratique^ sans mur Dieu, sans nier la ProyiUencç, opère pratiquement comme sll n'existait ni Dieu ni Providence. Cette impiété négative est phis fuiKïsto dans un Ittat que fc bFaëphëme. parce qu'elle inspire moins (riiorreup pt s'Insinuu plus subtilement. Sous l'influence tie l'ailicisine doctrinal, les générations contemporaines cessant de ^oir dans le prôirr^ le dépositaire et l'interprète de la Vérité étemelle. Ile le considèrent plus qne comme One sorte de maître de cérémonies, préposé au baptême, A la première communion, au mariage^et a^x \ionii^urs funèbres, (ormes touchantes, artistique^*, gracieuses, consolantes du développement humain des existences terrestres, ai le prêtre n'était qu'un metteur en sc^ne,pour/juoi pe serait-il pasaviki^tageusem(3nt' remplacé par des artistes laïques, n'ayant pat?, com^ie lui, la prétention do commander aux consciences? L'enterremept solidaire est un pas dans cette voie. Déjà la franc-muçonneWe SjJiit •Ingf-r le baptême et le mariage catholiques. — Voir, sur co'sujet,
Pabbô Isbard, Hierot Aujourd'/aii, eh. x, p. 171>, .. i
que là où rînitîatiye individuelle fait défaut. Si, par le don, des membres généreux de la société pourvoient aux besoins temporels du clergé, TLtat ne doit plu^ Imposer aux contrit buables une charge inutile. De tous les impôts, le meilleur Mt 1,' offrande volontaire ; les autres viennent à défaut de celui-là. Il est donc d'une saine économie de facilitet* les dotations du clergé, en prenant la précaution de teniir compte de ce qu'il possède, pour diminuer au fur et à mesure l'allocation que la société lui doit.
Ces considérations sont d'une portée purement générale, chez nous du moins. Le clergé français est pauvre. L'imm^se majorité des prêtres reçoit environ milie francs, somme que rindepinité de logement et le casuel arrivent raremeht à doubler.
Déduisez Fintérêt de la somme nécessaire à mener à fin une éducation de douze années^ que reste-t-il? Une allocation journalière égale à celle d'un terrassier.
Voilà la situation financière du prêtre contemporain. S'il était homme d argent^ il serait un bien pauvre homme. Je ne me préoccupe pas ici de ce que l'acceptation d' une telle situation prouve en faveur du désintéressement du clergé, pris en masse, je veux seulement faire comprendre que la libre reconstitution de la propriété ecclésiastique, en même temps qu elle dànnemit au clergé cette dignités cette indépendance extéj[J<eure dont un gouvernement honnête recueillerait les premiers fruits, serait mie bonne opération économique. Le clergé rt^u^ier, auxiliaire à peu près indispensable du clergé paroissial, vit des dons qu'il reçoit et des honoraires afférents aux fonctions qu'il remplit ; ses enseigi^çiments, ses conseils n'en bh*i queplus d'autorité.
..> Xe principe qu'il importe de saisir, c'est que le sacerdoce, portion intégrante et très^-nécessaire du corps social, a par là riième un droit strict à un entretien matériel convenable dans .la société. Il ne peut refuser à ses frères laïques le pain de la vérité ; ses frères laïques ne peuvent lui refuser le pain matériel. Dans ses EpUres^ je le sais, l'apôtre saint Paul se fait
honneur de n'avoir rien reçu des Corinthiens qu'il évasgélisait; et de nos jours encore, on voit des prêtres sortis de familles dans Taisance, vivre de leur patrimoine et exercer gratuitement les actes de leur ministère. Mais saint Paul a soin d'affirmer nettement le droit dont il refuse de se prévaloir vis-à-vis des Corinthiens.
H Qui porte les armes à ses propres frais? Qui plante la vigne et îie mange pas de son ft^uit? Qui fait paître le troupeau et ne se nourrit pas du lait de ce troupeau? Le laboureur doit labourer dans F espérance^ et celui qui broie le blé dans tespcrance d avoir part à la moisson. Si nous avons setné [dans vos âmes) la semence spirituelle, est-ce donc une grande merveille que nous moissonnions en retour des biens matériels? Nous y nous ne l^avoîis pas fait..,, toute fois^ le Seigneur a réglé que ceux qui annoncent l'Evangile doivent vivre de r Evangile (1). »
Les peuples qui, grâce à l'action tutélaire du clergé, ont, seuls sur le globe, créé dans leur sein une prospérité naatérielle infiniment supérieure à la misère plus ou moins fardée des nations infidèles, ont mauvaise grâce à contester à l'Église, leur nourrice, le viatique nécessaire à ses ministres pour viwe décemment dans l'exercice de lem's sublimes fonctions, se procurer quelques livres et ne pas renvoyer toujours les mains vides les pauvres dont ils sont les pères. Trop de richesse dans la maison du prêtre est un péril pour sa personne ; mais trop de gêne est une honte pour l'État et une calamité pour les indigents.
Au droit correspond toujoura le devoir, et pour le prêtre, plus que pour personne, le devoir déborde les étroites limites de la justice tit s étend aux œuMes de la charité. Avant tout, le prêtre doit travailler au salut des âmes. Mais, cela fait, il convient qu'aujom'd'hui suitout il se garde de circonscrire dans ce cercle les eflbrts de son zèle. Ce que la théologie est
(1)1 cor., IX.
aux autres sciences, le prêtre Test aux autres membres du <^rps social. Le flambeau de la théologie éclaire prenûèrement la région des vérités religieuses, et subsîdiairement tous les autres domaines de la connaissance. Ainsi lé prêtre, au milieu d'une population, est premièrement l'homme des choses divines, et subsîdiairement un ami auquel rien de ce qui intée resse ses frères ne peut être indifférent. Est-ce à dire que le prêtre doit se mêler de tout? Non, sans doute. La théologie -donne aux sciences inférieures des principes, des lumières, des secours ; elle place avec honneur leurs découvertes dans' le plan général dont elle seule a le secret; elle ne se substitue pas à ces sciences que doit développer 4e patient labeur des hommes spéciaux. Elle apprend au géologue que Tappàrition des êtres n*est pas une évolution de forces immanentes aux éléments matériels, mais une opération divine ; elle apprend au naturaliste que, dès l'origine, les êtres ont été groupés par espèces ; mais elle laisse le géologue chercher les causes formatrices des divers terrains; mais elle laisse le naturaliste déterminer et classer les espèces. De même, le prêtre ne se substituera ni au prince, ni au père de famille, ni à l'industriel, ni au laboureur pour diriger à leur place les affaires de l'État, de la famille, de la manufacture, de l'exploitation agricole ; mais il s'intéressera au bien de l'État, de la famille, de la manufacture, de l'exploitation agricole ; il aimera à recudllir daîis ses lectures, dans ses relations avec les hommes compétents, dans les enseignements de l'histoire, tout ce qui sera de nature à éclairer ses paroissiens sur ces questions, moins graves que celle du salut , mais néanmoins importantes. N*est-ce pas avec des hommes que le prêtre doit traiter? Avec des hommes, non avec des anachorètes de la Thébaïde; avec des hommes de vertu moyenne, qui croient à la nécessité de gagner le ciel, mais qui en attendant souhaitent trouver un peu de bonheur sur la ten*e.
La logique commence par se }dacer avec ceux qu'elle veut convaincre sur le terrain conunun de vérités acceptées de part
1^ -.''iA-..'*: .i -f'-fc.-r;-; 'A.'.'.z'V-'^'- ''-•■.: »ïl-ir -civrcâer rboame Cï ',\i-'>r'-".:«::^ *i*r * rîïr »»: wmls «# uKtrîftf naiâieis. -v.'; :i'--.T ■■ ';*î.':*vjr^r v.-.y.'ir-, «^ra.; abdiquw la miaâMi *;'*■ •vr'Vj'/-, r;.!Ùr> i»"cr y r'/notr !*ïîi*1H^fliDevIl6M»ce^■- ■'j/':;*■. 4'.r.'. !•: friïT iir.il ^fra .'a «aEi^i^taîioc des âmes. Dioi Uif:r..f. lUiti''. -■^.•.i ^iV-Aïf:*: ■-.-■':f. :*r p^Ql/ie jliif. ii*aniiail-il pas I.T3'-: ;ï s viifit^i": •fO.r dt* prct**^- ôe pir-priêïé miiérieUeT \}t- •M'it\' si:'i^-n* ri»r Viiit-it* pa= 'rmpl'j^^ du» TèdiKaDOB ft» ht j*ijri'-i'^: 7 .Irriér^ un «l'-ïcL'iru^ <;reu\ ! arrière ces pom- )»"f,-*;-. ifiaiiiii'f* du dtroir po>tr le deroir; mêtapbx'siqiie ('*(■<.!'; «-?. itripui|i'!atiie? [,'h"mme aeii par aiu^ur. ei la dÎTer- HÎii- i\i: ■■..-\ :itn'tnn fait la divTT'ii^ de ses œuvres. Très-pen ■tirif-nt à .'i(rir lytriMamnieiit [lar pure chaiitê. Les satisfac- ÛUU-. i»"r-'»(in''ll''«(, lufirii*; matérielles, quand elles ne sont \i'»u\ l'ti '(pji'wition avec un devoir, s^^nt permises. In mvsti- (;r>Mii« farfiif-he ipii ]<rs reruserait impitoyablement aux masses, |i!<(r"t(iii<rr;ûtiiifailliblenient. (lerles, ce n'est point ta pensée du rntli'ili'-r.sirie. L'entier renoncement aux joies ten-estres, l'i^inpl'ii tU: toutes Im heur*» aux pi-ati({ue8 hî-roïques de te verirj. f'.'ffst, à ^e*i yeii\, le partafre iimgnîlique maisesceptioniii'l des Kiffv^ et dfts l«îro«, c'esl-ii-dire des suints. La religion r-xliorlf! à monter jiiHi'iii'à ce Tatte, ellene le commande juis. '
Mais In malheur dcft \cm\m k répandu ce préjugé dans la sorréli''. \j- ( iatlioliclHims cnnnno nous l'avons amplemenf d/:irtiinln';, ir;itl.iriue(tu'nn tiixedésa-streux! les masses se per~ .'ïiiaileni ijik! le, rittholiciHmo («t hostile, ou du moins indifféiTut h leur hieiiJiHte matériel ; les inasses croient que 1« cli'rK''' veut leH iihlifier il remplir, durant toute la vie d'ici-bas, des devnir pi^nit)lr«, diuiH l'esfmir d'une récompense éloignée, snn« .toiijfer iiiK-unenient h so^l!,'^^r leurs souffrances, sans jnmilis irav-niller pour leur cause.
Kn n> dt'<plonil)ln malentendu, le clerKÔ n'a pas été bien
jPllpHltle. Ce n'est pus lui (jui s'est retira à l'écart ; c'est la
ÙtA hique fini, nniseiltiV par des «uidos animés de la
nitlu ('.hi'i!4linni.snie, l'a mis decOié! Mst-il maxime plus
acceptée que ceUe-<:i» par exemple : « // ne {m^t pas que le clergé fasse 4e polùiçue! >> Maxime ab&ufde, ^uan^ on lui donne un sens général, et c'est le seus qu'o^ lui donne borbituellement. Quoi! la religion posera les réglée; d^ la. morale individuelle, et elle ne posera pas leS;rè!glç$ de Ja morale publique, bien autrement importante! ^}le:idérendi;a de vqlfjr une pièce de monnaie, et elle ne déftincji^a.p^s,, fie, voler i|n royaume! Elle condamnera Tassassin, qui, t^e,.dj^l3 un acc^^ de colère, et elle ne condamnera pas l,e,tyfaf> qui t|ip iuri^ij quement! Depuis c^ évêques, éclairaat de fleurs, luijai^res^. ],Ç? premiera rois de France et le grand, C^riem^gni^, jusqi^'^ saint Vincent de Paul, memb^*e du conseil de régence d'^nn^ d'Autriche et inteiposant, parfois au péril de ses jours, s^ médiation dans les troubles de la Froude; depuis saint Thomas, réfutant dans l'immortel traité De Regimmc Pnncipu^^ les Machiavels du passé et de l'avenir, jusqu'à Pie IX foudroyant les erreurs sociales et politique des jours, où, noyjs \ivons, le clergé a fait de la politique, :et i) faufirf ..I^ien qu'il en faase^ivcore pour que la politique. p^ieope ne xôvienpie p^, ai'ec sa brutalité et Bon astuce, Uvi^erile^m/onde à l'incessant conflit du I despotisme et de l'anarcbii^fi Qj!i^lque3 bomin^ d'État comprennent cette nécessité de V»^Qt§rv,wtion politique du clergé ; jet fl^tre constitution lat oonsf^re ep , ^ppelant.au Sénat les. i Cardinaux. Mais a,u prix d^ ,quiçUçp, c^lèrqs l'^-oe^fgique dévouement du clergé ^ la .chp^. ,pu)?^qvij^; n'e^t-i,! . pa;? obligé de i^iKMdamer une vérité si pQvttC9f{^plris^I!le$ homn^j^s ' qui veulent Isiice succéder la luuM^^:^ ^e, ^r<& ^ystèn^es àjla lumàère catholique, défigurent les.principe^.ettdénatuient 1^^ intentions du prôti-e qui se peru^t deijpntredinîil^urs alléga,tions et de contester leur sagesse; et comme. ils parlent d'une voix plus retentissante, ils étouffent la contr^dictiQn; C'est un rude devoir pour l'Église que ide promulguer les règles diviqes de la morale politique et internationale ; mais c'est un devoir sacré, et dés lois on peut êtv*e assuré quelle ^e se l^ira paç. Dans l'ordre éconpmique,irinfluence.du prêtre est, jusqu'à
présent, moins redout('^, et dès lors moins contestée. Qd ne s*eflarouche pas trop de le voir membre et même préndeot -d'une société de secours mutuels. On ne trouve pas mauvais rpi'il use de son influence personnelle pour obtenir rétablissement de voies de communication ; on l'entend avec pliûsir exposer, dans la conversation, d'intéressantes découvertes industrielles, de nouveaux procédés agricoles. S'il hii était agréable et si la législation lui permette! de faire un peu de médecine usuelle, les populations en seraient fort reconnaissantes. On applaudit au concours qu'il apporte à la création des or[)béons et sociétés chorales, délassements populaires que l'Économie ne peut voir avec indifférence, et dont l'excès seul présente des inconvénients (1).
Je lis dans les œuvres d'un prêtre espagnol contemporain, philosophe et politique profond, les réflexions suivantes :
« n est un homme dans chaque paroisse qui ne la quitte ni le jour, ni la nuit, qui n'a aucun lien de parenté avec les habitants, qui ne doit prendre aucune part au gouvernement civil, qui,par son caractère, est supérieur àceux qui l'entourent et par sa position indépendant de tous les partis ; un homme qui ne meurt jamais, puisque un individu venant à disparaître, un autre le remplace immédiatement dans toutes ses fonctions et tous ses pouvoirs ; un homme, enfin, dont vous n'avez pas besoin de savoir le nom, parce qu'il se nomme aujourd'hui comme il se nommait hier, comme il se nommait dans le passé, comme il se nommera dans l'avenir; cet homme, c'est le curé de la jmroisse. Vous pouvez lui confier toute mission civile, sûr que votre pensée anûvera à son but et sera commu-
(1) J'appelle surtout excès cette ridicule exagération de concours, qui amène de jeunes ouvriers ou déjeunes cultivateurs à de lointaines distances de leur domicile habituel, et les jette dans le tumulte dé fêtes coûteuses pour leur bourse, et fort dangereuses pour leur moralité. Concours entre localités voisines, pour donner quelque émuhktion à ces jeunes amateurs, soit! Mais tous ces concours-monstres qui •'organisent à Tenvl finiront par rendre haïssable une institution excellente....
niquée à ceux qui peuvent avoir intérêt à la connaître. Au lieu de fatiguer les populations par d'étemelles circulaires. ... envoyez de temps en temps à tous les curés un court renseignement sur les améliorations déj^ éprouvées concernant toutes les branches de Tagricultme, de Télève des arbres ou des troupeaux, ou tout^autre objet qui touche à la prospérité du pays ; chargez-les de propager par tous les moyens qu'ils croiront utiles et honnêtes, la connaissance de cesrenseignements, de ceux en particulier qui peuvent s'appliquer à la localité qu'ils habitat ; et sans de nouveaux frais, sans créer de nouvelles chaires, vous en aurez une toujours ou verte sur tous les points du territoire (1). »
Chez nous, vu le petit nombre de prêtres chargés du saint ministère, il serait difficile d'organiser officiellement ce service charitable. D'ailleurs, le choix des curés comme intermédiaires officiels n'est pas sans des inconvénients, sur lesquels il est inutile d'insister ici. Mais que les membres du clergé, individuellement ou sur l'invitation ec conformément aux conseils de leurs chefs, les évêques, s'effoicent de rendre, dans l'ordre économique, tous les services compatibles avec les devoirs essentiels de leur nûnistère, c'est chose souvei-ainement désii^le. Le travail peut être wisi partagé. Aux religieux, hommes de cabinet, l'étude approfondie des questions économiques; aux prêtres de paroisse, hommes d'action, la vulgarisation ; à tous une grande ardeur à procurer à la prospérité même matérielle du pays.
Ce n'est point là pour le prêtre négliger sa vocation. Il négligerait sa vocation, il compromettrait son caractère,r homme de Dieu trop ami du monde qui se plairait dans les festins et dans l'intimité prolongée des heureux de la terre ; il demeure fidèle à sa vocation, il honore son caractère, le prêtre qui consacre ses loisirs à donner un peu de bien-être aux petits d'ici-bas, à élever le niveau intellectuel de la classe labo-
(1) Balinès,if(é^/2^e;, t,L De ia vie et detinfluenre des Curés de campagne. ^ . . . '
li./ V: jj^A'ti ti-'ir Si ii.ii/i'Ah^^j-: h ii î^uii-^ dr U Bjl>}e « de u S'jtmtif; »*: iJ.'*r:j-r :* âw: ijçii' i*-: fju*- îe* roHtazi? du jiv. (^; j JLUjVji".': i^;j^-.i«'- ;;!*;:.: q-^- a.ir^ ^joque. «prise df i^j'y^f.^. lua'i^r.i'-i, 'sii'j.'je li v-j i.rrLi j»- lo-jr^^ iii&i>ï-jie] loimtij.t. j/^ui a]'jii':ii«j^ t.'jLÙvt a 'jU'-iir^ C'ioiiiatins le fruit
i.iti'i'/'.-. li'ju'.*- ujj J<ui^■^à^I ;-\i»rr 'la/^;~ ia Cvonaissauce du lii<.mi':i. ■■ I. iioi:iij»: c'vxjij'i r-mj |>Jiiï <ii:«^m*-m ses iin»*rëls (jœ U iicrlaîjfiïïi'ju':, (Joan'l il aj;^ji~'r\ra i''jri3r'r rt-.'nfimiqne n- \iiiVA. jj'jKit ((ar p'iiui. j-ur l'ordrT <i'j;:»iatii}ue. il lît-ndra va IjauU; c'jïisi'J'-ratimi <;<: i|<-nii-r. La rtriigion ne lui ^^inblen j>lijsuiji:alfsUa/:tiori... Ou Mfim l'-s venu- ►xonomïque? desc'.fj'Jffî, f'jiiKiji; itruj-i «iiiihr'*-. d*ri venus sacrW-s (jue le dogme I ri;;': <,n u'jIk: àii."; .!. •
•■ l>; 'JtTt."- a tr'ij. r(;S|jt.-i.-n^ la liliené humaÎDe en restant 'laiis ]•: ttiaiijft rJ'; la Jiiurul'r îiidivirluelle. eii laissant la con- !«•':' ju';nr:': ti 1 lidriiiiii:. Je sali r|ii'il lui a dil loui ce qu'il de\ait lui ilii''-, eu lui {(if;s( i'i\aijL le hieii*-. le liien suflit à le conduire au (:iel,eiiltiiai»aiil [ixs.SËr()uil lauLnur la terre. Mais lL>clei;gé doÎL s'ajiei'cevuir t\w. riidiiiiuf; e.st si iNra)kal>le de tii'cr la conhi';(]Uf;iii:(: sfui-'i lui, qu'il revient luut courant au pafranisme jMturcorjNiltia' kclialr...; Il importe au clergé de ctuinaltre, non ii'.i\ivi:v, les ■Anv/^i-.a, niuîs ii'a|)rés les linmmeâ de génie cjui en ont suct^es-^ivenifiit édaîré led grands pointi^, cette AfinH'.f itiouîe (rMiroiiUiuiqiiej, p/us jikiue encore dex merifillex t/ii t'/irixti/iiiimœ (ftm le^i sciences historiques t'ilfsmèiius... (.lue l;i rcli^inn dise enliii à l'iiotnine grossier de nos jour» que ses iulérêtsen ev. iminde (iépendcnt de ses intérêts B l'autre ("ij. »
à bien lii question. De niOiai' 'pie nuf^uèrn, aux jnui's où L SaiiK-itoiincI, /.>( Hi:sU-»,'<iiwi, etc., llv. III, eli. txi.
la société trei^blait sur ses fondements, des évêques et des prêtres, sans jactance comme sans fausse timidité, vini^ent s'asseoir au milieu des législateurs pour y lutter, au nom dé la religion, contre l'anarchie politique ; airtsi, â T heure' où tes questions fondamentales de f Économique se débattit', lé clergé doit, par charité chrétienne et patriotique, éclaitér ces problèmes des rayons de la doctrine dont il est lô dépoàîtaîrô et rinterprète. Son rôle est tout concîliateUr>, • et là; seule audace des théories socialistes le contraint à plaider k cààsè ^crée des faibles avec une prudetice qui ciôûte à son ctféiii^ (Jfil se mette en mesure, par une étude attentive, flè' feùggéi^éf â tous des pensées de justice, défaire prévaloir dânsf les côtiti-ati les arrangements équitables, d'inspirer aux forts mlé' activité généreuse et aux faibles une résignation vaillante, que surtout son zèle indomptable ignore le découragement. L'heure dte Dieu sonnera. A la lumière écrasante des faits, les préventions et les illusions finiront par tomber. Les sociétés rie rejetteront plus l'influence tutélaire de la religion. Alors la pâtïèrtcfe^^du sacerdoce sera récompensée. Alors lé' ttiohde ifïduètrieî, le monde des affaires, qui méprisait le p)tëiité dotoitneùrt ItnpMdtfctîf, qui le fuyait comme un'îto]f)brtûh;"qiine' hiaïsBaîl comme un censeur incommodé; éôrti^rfeAàrit enfin que le» ^ ciétés tempôtelles elle-mêities né pètfvèrit'jiro^pérér que sous Vègidè desïieuteWantsdë la Vérité étërtélië,.topéctérà;, dànislè cïèrfei5,'làfofrtembrhle dortt' la pt^sèhcë èïl'actîoiîfVivifiehtl'ôf. dreiïiàtérièl''ju»4tie dàns^sesn^àmyficatiotts'ïéspîû'â lôîTrtkînë^ QuàHd Wèiàcèrdoce élsfi-espetté, sî-rtratede'quie'iioil! tmè nation,'ïà ^uérison ne peut tarder!' ' '" ' " ■ ' ' :
.„ ,. '. , , CHAPITRE ly.. , ,,., , .^,^