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CHAPITRE IV FINS IMMÉDIATES DU TRAVAIL

En\îsagé dans son action immédiate, le travail a une double fin : la conservation de l'homme et la multiplication de l'espèce humaine.

Vivre ici-bas n'est ni notre seul devoir, ni notre seul bien, c'est pourtant un bien véritable et un grand devoir. Or, sans le travail, l'homme languit et meurt; la race, loin de se développer, s'affaiblit et s'éteint. Le travail doit donc être avant tout la lutte contre la mort; l'effort nécessaire à

la production des choses inrUspemables à notre existence physique. L'aliment est le premier de ces objets, et sous les clinjats un jieu rigoureux, le vêlement et l'abri viennent se placer au même rang que la nourriture. Aussi la faim et la soif» le chaud et surtout le froid rappellent-ils énergiquement au genre humain Tobligation du travail. Quiconque ne s'assurerait pas, selon ses moyens, la possession des objets de première nécessit(';, se rendrait coupable de suicide.

Toul(.'fois, c'est trop peu pour T homme d'aviser à ne pas mourir d'inanition ou de froid ; il a des besoins moraux qui, |H>ur être satisfaits, exigent de ses mains laborieuses plus que la production d'un morceau de pain et d'une pièce de toile. La science, par exemple, ne réclame-t-elle pas, comme instruments, des livres manusciits ou imprimés ? I^ défense de la liberté, de l'honneur, ne s'appuie-t-elle pas sur la fabricatioji des armes? L'exercice de la charité envers les malades ne suppose-t-il pas l'art de guérir, les remèdes, et la longue série d'(;xpéricnces, de recherches, de manipulations que demandent la confection des insti'uments chirurgicaux et la préparation des médicaments?

Tel est donc l'essentiel devoir du travail ; fournir à l'homme les objets nécessaires : 1° à la conservation de son existence, T à l'accomplissement de ses devoirs spirituels. — (Nous n'examinons pas encore- ce qui est pei^mis au travail, nous déterminons ce cjui lui est prescriL)

Dans la société, il s'opère une combinaison. La production se divise. Le laboureur produit du blé pour lui-môme et pour leniaron ; et le maçon bâtit sa maison et celle du laboureur qui le nourrit. Mais, selon l'enseignement divin, nul ne dcMt se soustraire à la loi du travail. </.eux-là seuls sont légitimement exemptés du travail manuel ((ui s'emploient à un travail d'ordre spirituel, selon la doctrine de saint Paul (1), exposant le droit du prêtre à être assisté dans ses besoins matérieb

(1^ l Cor., i\, l)-l.'i.

par ceux auxquels il distribue le pain spirituel. Hors de là, l'oisiveté volontaire est un crime. « Que celui qui ne travaille pas ne mange points dit l'Apôtre (1). Jésus-Christ lui-même nous montre dans une de ses paraboles le serviteur inutile sévèrement condamné par le père de famille, qui dit aux exécuteur de sa justice : « Ce serviteur inutile^ jetez-le dans les ténèbres extérieures^ là oie il y aura des pleurs et des grincements de dents (2). »

Si le catholicisme respecte, pour de justes motifs, le fait de la richesse, il n'admet pas que la richesse autorise jamais l'oisiveté. Tout ce qu elle permet, c'est le choix entre diverses occupations utiles ; mais il faut payer sa dette à Dieu et à l'humanité. Se contenter d'échanger les fruits du travail de ses ancêtres contre les fruits du travail de ses contemporains, c'est être irréprochable devant la justice légale, qui ne peut distinguer entre la pièce de vingt francs que vous avez reçue et la pièce de vingt francs que vous avez gagnée, mais c'est être criminel devant l'Évangile.

Les oisifs sont le scandale de la société. Elle les doit pourtant tolérer, pourvu qu'ils portent leur part des charges communes. Pourrait-elle, en effet, les contraindre au travail?... Mais à quelle sorte de travail ? Dans quelles limites? N'éluderaient-ils pas facilement la loi par l'apparence d'un labeur quelconque? UÉtat portera-t-il un regard inquisiteur dans l'intérieur de la famille pour s'assurer que chacun s'y occupe, que le mari fait un livre ou bêche son jardin, que là femme coud ou brode, que tous les doigts sont en mouvement ou qu'ils chôment pour des motifs légitimes. A l'oisif qui, dans sa détresse, implore l'assistance d'-autrui, on peut répondre : a Travaille I •> mais le riche qui se suffit à lui-même ne peut être inquiété sans que le principe de la propriété chancelle, entraînant la société dans sa ruine. Il faut que ce riche soit

(i) Si quis noA vult operari, nec manduceu (UTliess., m, 10.) (t2) Maitb.,xxv, 30.

zsfyiti^', à \rh\z\\\^,T volonuireuieni. Or. le besoin étant écaitét v/ri u^%'Hil fift p^it avoir d'antre mobile qoe le goût do Ime fm U: vrfjtirnent d*un (\t\w. Le goût du liue exdte fréquemm*ifii Ut rV.h^: lui-riiérne au travail « niais â son détriment tuffial, f'i '^11 d/rtriineut moral et matériel de se? semblables. WirnUt \(: ^faiiimt^nt ff un devoir. Or ce sentiment, très-mar- /(ij/; chez lf:i (/'ruples de la haute antiquité, placés près des r^','J'Uiû'jU*i priiijjtives, s*eflace à mesure que s'étend la hideuse ifihtitfjtion de Tesclavage ; ranimé avec la prédication du ChristiariiHmcs il H/:Uiint de nouveau chez nos modernes païens. AV? rkn /aire^ cVrst la gloire du patricien et le secret désir de Touvrier au rlix-neuviôuie siècle, comme c'était l'orgueil du r/jifip;itriot/î de Périclès et du Romain de la décadence. Ne rif'ti fnirr,^ sinon de la déjK'nse; s'amuser, c'est-à-dire consumi*.v folleiiient sa \ie dans Tinutilité, c'est Tidéal des beaux fils et i\('.<i ffîiinnrfs /•N'hantes â notre époque ! Et trop souvent le \.rti\ii\\\i'.\\r (\\ï\ les voit pîLsser, se pavîinant dans leur opprobre, un li< 11 i\v> l<*H \\\t'\)\'\iM'A\, coinnio il le devrait, leur porte envie <•.!, M'UU'iiWi tri.Htiî dans son atelier, se dit à lui-même: Que ne pui't-jc, moi aussi, vivre sans rien faire? — Sans rien faire!... '[\'v.\U\ arribilion, en vérité !

\,v r;itlioliriHni(s |)ar les connnandements les plus fennes, 1rs prorui'ssrs 1rs plusniagniliqu(.»s, les exemples les plus tourjijints, les nirnaces Icîs |)lus terribles, presse l'homme d'échapprr ïiu.\ «'•nrrvantrH séductions de l'oisiveté , non par le plaisir, oifûvf'té ing(''nieuse k s'étourdir, mais par le Irivvail nianni'l ou par d'autres occupations d'une utilité é^iilii ou Hupérirure. Il n'y réussit pas toujours, sans doute; pourcpioi? Parri! (pi'ij n'est pas suflîsamment accepté! Mais relailrs unrscM'iiHé solidtMuenî. catholique ; dans cette société, TuisiNrlé, lioiuiir et conspuée, diminuera rapidement et le travail par rousécpicnt s t';ttMulraet pix)spèrera.

In aulrr fruit ih^ la doctrine catholicpie, c'est son efficacité *'onlro \\\\{> d(»s plus grandes plaies économiques, le découra- ^iMurul du IruNailleur. No vise-t-il (pi*;i la jouissance, l'homme

compare les fatigues présentes de son labeur et les satisfactions plus ou moins assurées qui en peuvent être le prix. Alors, qu'arrive-t-il souvent? Il lui semble que la récompense attendue ne vaut pas l'effort ; les conséquences problématiques, de l'épargne ne contrebalancent pas les sacrifices que l'épargne exige; et le voilà, travaillant au jour le jour, d'une main indolente, s' accoutumant à la misère paresseuse, et ne produisant que juste ce qu'il lui faut à lui-même pour ne pas périr.

Animé des pensées de la foi, le plus modeste manœuvre sait que son travail est inscrit sur le livide du Seigneur. Si la récompense terrestre est médiocre, si elle est lente à venir, si elle lui est ravie, la récompense divine est magnifique, elle est assurée, elle est étemelle. Il travaille avec cœur, produit plus et produit mieux.

Se conseiTer soi-même, se maintenir en état d'accomplir convenablement les actes de la vie spirituelle et physique, c'est assurément un très-grand devoir. Mais le devoir étant une vivante relation avec l'auteur de la loi, avec Dieu, l'oubli de Dieu entraîne l'oubli du devoir, de la conservation personnelle comme de tous les autres. Dans les ténèbres de l'incroyance, la vie n'est plus envisagée que pomme une des conditions requises pour la jouissance ; la jouissance venant à échapper, la vie paraît sans valeur, et pour peu qu'elle pèse, on s'en débarrasse complètement par le suicide , infamie presque inconnue aux âges de foi et dont les exemples se multiplient depuis un siècle avec une rapidité inouïe (1).

De plus, la doctrine catholique oblige très-impérieusement le travailleur membre d'une* famille à subvenir, dans la vraie mesure de ses forces, aux besoins présents et futurs de cette famille. Pour l'Économique athée, la famille n'est qu'un fait modifiable, selon les lieux, les temps, les idées régnantes; tout au plus un institution politique. Les devoirs y sont mal

(1) Le héros du dernier roman de M. V. Hugo se venge de Dieu, qui ne lui a pas gardé le cœur de sa fiancée de rencontre, par un

dé(inis, et les obligations de chacun sans base stable (1). Pour rÉconomique catholique, la famille est une institution divine : un sacrement auguste la fonde , et les devoirs réciproques de ses membres. sont des devoîre religieux. Ne pas s'assister les uns les autres en famille , c'est un sacrilège. Dès lors, toute la puissance du sentiment religieux vient, chez le travailleur, s'unir aux instincts du sang et souvent y suppléer pour l'exciter à subvenir généreusement, grâce à un travail courageux, aux besoins de ses vieux parents, de son épouse, de ses enfants et de ses autres proches dans l'indigence.

Je n'ai pas tout dit encore. I^ famille, composée originairement de deux pei*sonnes, doit en accroître le nombre. Lafmdu mariage, en vue de laquelle la Pro\îdence a institué « l'œuvre de chair, » c'est la multiplication des être humains. C'est là ce qu'affirme la Genèse; c'est là ce que le Catholicisme a toujours enseigné.

Mais l'Économique incroyante, peu confiante en la sagesse divine et en la fécondité des ressources providentielles, s'effraye des périls que semble présenter la fidélité à la loi conjugale. Elle a trouvé dans les écrits d'un pasteur protestant du nom de Malthus cette formule terrible : n L'accroissement de la' population suit une progression géométrique^ F accroissement des subsistances une progression arithmétique seulement. » Donc, arrêtez l'essor de la population, ou les vivants mour-^ ront de faim... Hélas! Le chef de famille que la foi catholique ne gouverne plus, ne trouvera que trop de motifs d'arrêter, en ce qui le concerne, l'essor de la population. Une nombreuse

suicide, que les lecteurs hébétés de cette littérature auront trouvé d'un très-bel effet.

(1) Parmi les socialistes, Proudhon est à peu près le seul qui ^ic défendu énergiquement la famille; encore l'a-t-il fait avec quelque maladresse. Les économistes anti-socialistes, mais matérialistes, en-yisagent habituellement le travailleur comme simple individu, et soutiennent mollement la fumille. La Franc-Maçonnerie, dans ses Laqcs androgynes d'adoption, sapo la famille par la base. (Voir A. do Saint- Albin, Les MyHères dt la Franc- Maçonnerie , ch. II.)

famille à élever, c'est chose coûteuse. D'une paxt, redoublement de labeur; d'autre part, diminution, suppression forcée de dépenses dont la mollesse et la vanité contemporaines ont fait des nécessités. Conclusion: deux enfants dans une famille et le plus souveftt un seul I

Sur cette question, la doctrine chrétienne n'est point baibare, conune on l'en a niaisement ou méchamment accusée; elle ne rend point « l'œuvre de chair » obligatoh-e pour les époux, dans les cas où il en résulterait un détriment grave pour l'un ou l'autre des conjoints ou pour tous les deux. Mais elle ne peut pas plus excuser la honteuse volupté délibérément exclusive delà fm essentielle de l'œuvre de chair qu elle n'excusait, au temps des Césars, ces ignobles gourmands qui mangeaient et vomissaient pour manger encore ; elle frappe de ses justes anathèmes ceux qui font de la chambre nuptiale du chrétien baptisé une ignoble succursî^e des lupanars. Ainsi, sans rigueurs exagérées, elle pom'voit suffisamment à la multiplication de Tespèce humaine, divinement voulue, par l'alternative obligatoire entre l'accomplissement régulier de la loi, que récompense la jouissance physique, ou l'abstention qui exige du célibataire, et plus encore des époux, un sacrifice énergique et persévérant.

L'Économique humaine, n'envisageant la société que dans ses destinées terrestres, recherche principalement un prompt et facile équilibre entre le fait de la production et le fait de la consommation. Et, depuis Malthus, il lui a paru plus simple de réduire la consommation, en diminuant par avance le nombre des consommateurs, que d'aviser, coûte que coûte, à amener la production au point suffisant pour les besoins des consommateurs. Développer rapidement la production, c'est chose embarrassante, effrayante pour les producteurs, surtout quand la production inutile empiète, comme de nos jours, sur la production nécessaire; au contraire, quoi de plus aisé que de refouler dans le néant des êtres qui n'existent pas encore ou qui n'existent qu'à peine !

Malthus, sans doute, avec une candeur ingénue, n'invite qu'à la contrainte morale.... Cette contrainte moi'ale, que l'économiste invoque, ce n'est rien moins que la continence, vertu difficile et sublime , que généralement la grâce d'en haut, seule, donne à ceux qui, l'ayant réclamée par une fervente et continuelle prière , la conservent par la pratique de la mortification, de la vigilance, de toutes les bonnes œuvres. Mais prêcher la continence à des masses qui ont secoué le joug de la morale évangélique , à des gens qui ont horreur de la gêne, qui ne savent pas lutter un quart d'heure contre une tentation, qui mettent leur félicité dans la sensation, qui ue communient pas, qui prient à peine ! Leur prêcher la continence, non-seulement avant le mariage mais après! Quelle, triste plaisanterie! Ceux qui tiennent ce langage sont biea naïfs ou bien pervers.

£n fait, nos populations n'envisageant plus, depuis qu'en leur a ravi la foi, la génération et l'éducation des enfants comme le grand et essentiel devoir de l'état conjugal, le torrent de la vie se voit arrêté, tout aussitôt qu'à la satisfaction personnelle des époux succéderait pour eux un sacrifice à accomplir. Des villes cette gangrène passe aux campagnes; le mouvement ascensionnel de là population se ralentit dans les hameaux comme dans les cités. Sauf de rares exceptions, la continence ne joue aucun rôle dans ce phénomène lugubre qui commence à épouvanter les hommes d'État euxmêmes, tant il s'étend. On a trouvé l'art infernal d'appliquer à la vie conjugale la maxime matérialiste qui joue un si grand rôle dans l'Economique oublieuse du ciel : la jouissance pour la jouissance.

Le mal est grand. Il peut tuer la France. Ce ne serait pas la première fois qu'on aurait vu un grand peuple périr faute d'hommes. Sous les Césars, l'Empire romain croula ainsi. Vivre, pour les Romains abâtardis, c'était se gorger de jouissances ; moins il y avait de partageants, plus la part de chacun était grosse. On en revient là. Honte et malheur ! Ce sont

plus encore les riches que les pauvres qui craignent une famille nombreuse. On a cent mille francs de rentes : avec ces cent mille francs, on réussit à grand' peine à ne point s'endetter, tant Tépicuréisme pratique multiplie les besoins factices, tant l'orgueil et la volupté exigent de dépenses ! On a cent mille francs de rentes ; ce n'est pas assez pour quatre héritiers! Ailleurs, une nuée de petits fonctionnaires qui, au nom de l'égalité, s'efforcent d'imiter, au moins en apparence, le luxe des hauts fonctionnaires ou des fonctionnaires munis de bons patrimoines : pour ces ménages, l'éducation d'un enfant unique, n'est-ce pas déjà une trop forte dépense? Fautil le dire? nos lois ne favorisent en rien les familles nombreuses, et nos mœurs frivoles allant plus loin, des malheureux dont la vie n'est qu'un long outrage aux plus saintes lois du Créateur osent souvent les tourner en dérision. Aux champs, le petit propriétaire, marchant sur les traces du bourgeois, avise à empêcher le morcellement de son héritage : il n'aura qu'un héritier.

' Contre cette monstrueuse audace d'un égoïsme qui, sans souci des promesses et des menaces de Dieu, réduit les fonctions les plus hautes de la vie à de honteuses et stériles jouissances, contre ce grand mépris des âmes immortelles auxquelles on dénie frauduleusement, avec l'existence, la béatitude éternelle, contre cette grande iniquité des temps modernes (que le prêtre catholique est parfois accusé de tolérer, parce qu'un silence coupable la dissimule à son tribunal) , les moralistes pourront, Proudhon lui-même à leur tête, faire d'éloquentes invectives; ils pourront, opposant formule à formule, montrer, dans une société avancée comme la nôtre, la production croissant selon une progression plus rapide encore que la population : tout cela n'empêchera pas Tinfâme lèpre d'étendre ses ravages ; seule, la foi catholique a la puissance de maintenir ou de ramener les époux solidement chrétiens à l'accomplissement de leur devoir, parce que, seule, elle rectifie suffisamment leurs idées sur la jouissance des biens matériels;

j^rrf, /{Tjfr, ^•^ilf'. f'Uf donne à !a volonté la forre fl^•/r^^am^nent lOTit fU:\oÏT. «ans marchander avec le fire,

F/i vnî'r rîrhfî^s^. dit le ratholîcîsme, ce sont les hommes: un^! «^Mile .^rri'*, Fâme d'un enfent encore cach^ dans le srin rnrtf/rmH ^'St un tn:«or que tous les produit^ du gloly» ne pourraient /•J.^'^^T. IM homm'-5, des hommes ayant pour le corps h' n^rre-saire et p^iur Tâme la sag**sse et la vertu, voilà ce qi'ie IVieu veut !

N*f<<t-c/î pn% aussi ce que la société réclame? Li force d'une nation, n'f?st-ce pas la force vivante de ses bons citoyens? On rraint le manque de subsistances! Quoi! le globe est-il épuisé? wr< cntrail!f»s sont-elles desséchées? ses mamelles sont-elles tarî^'s? I/î travîiil inoven d'un homme, dans des conditions H(MjIernent passabl«.*s, ne produit-il pas plus qu'il ne faut pour lui donner le nécessaire? Si les subsistances font défaut, n'est-ce pas pnr dr»s causes purement accidentelles, par la Ijfintcî de ceux qui Sf? [ilaignent le plus aigrement ; n'est-ce pas, il faut, le répéter, parce que la production des objets nécessair^'M est déL'iÎHsée f)f)ur la production des objets de luxe? IVirnrnenses fspnriîs n'appellent-ils pas encore le trop plein (les populations? Si l'équilibre entre la production des subsisfanrps ri la po|)ulation se rompt, économistes, réfléchissez, étudiez, r'Tirouragez l(»s travaux les plus indispensables, inclinez l'opinion |)nl)lîque à flétrir énergiqnement les dépenses IoIIpm; mais jusqu'au jour, peu proche, où la terre ne p(»iiira plus vériUibleinent porter et nourrir des populations trc)|) pn»ssé(»s, sachez condamner avec nous cette prévoyance (pji, par la profanation assidue de la couche nuptiale, liMid h ravir au ])ays sa vraie force et sa vraie richesse, les liounnes (I) !

(1) La priso dn possession do la terre ontltVf par riiumanité iMitro dans U* plan do la Irovldence. ^fultif)lic^u^n^li et lejtlrte terranu l.«w piMiplO"» (pli !U»nn(MU la ti^to do la rivllisation doiveot donc prodnlio rtd«^vi»rM»r sur los n^yrions Inhabitées des émîprants, des colo-

Le Catholicisme, qui honore et favorise le mariage (1), qui combat les entraves légales apportées au mariage en maint État de l'Europe , autorise et même préconise la virginité. En cela, point de contradiction. C'est l'application élevée d'une loi que tout économiste révère : la division du travail. Une société réclame de nombreux citoyens ; elle demande aussi que ces citoyens soient vertueux, sobres, laborieux, justes, charitables. Le mariage, vocation du grand nombre, donne, dans ses conditions normales, un suffisant accroissement dépopulation ; plus rare, la virginité, par les salutaires exemples qu'elle fournit, par les fonctions *de l'enseignement et de la charité qu'elle remplit, donne à ces nouveaux venus l'éducation, les secours moraux et même matériels qui les rendront aptes à une vie utilement employée. Pour quiconque sait voir, la virginité est un supplément admirable à la famille, dont elle élève les orphelins, soulage les nécessiteux, panse les blessés, soigne les malades et' recueille les délaissés, préparant ou rendant à la société des travailleurs, en même temps qu'elle l'aide à assister ses membres souffrants et misérables. La virginité contemplative elle-même, pour quiconque n'ignore point l'utilité sociale de la prière, est de toutes les fonctions précisément la plus productive.

En résumé, le Catholicisme commande le travail, comme devoir et comme expiation ; il le dirige vers la production des utilités nécessaires à la conservation de l'individu et à la multiplication de l'espèce ; il intime énergiquement l'obligation

nisateurs. L'Angleterre comprend cette vérité, et ses nombreuses colonies sont sa force et sa ^rloire. En France, un patriotisme mal entendu, et d'autres causes que je n'aborderai pas ici, dégoûtent de cette grande œuvre de la conquête de l'univers par le travail et la création de contres coloniaux : cette répugnance à l'émiiiration est une des causes de la stérilité préméditée des mariages et les bons esprits doivent la combattre.

(1) A Rome, il existe une foule de fondations pieuses qui ont pour objet de doter des jeunes filles pauvres. Une seule, celle de TAnnonciade, a distribué cette année-ci 8/^6 dots.

de travailler pour autrui ; il réconforte et anime m^me ceux des travailleurs qui désespèrent d'arriver ici-bas à jouir. Ne lît-il que cela, Téconomiste devrait le bénir. Mais je suis loin d'avoir épuisé la matière : je l'aborde à peine.

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