LA CONSTITUTION DE LA BANQUE ET LA FRANGE
térêt de rassemblée. Nommé par quatre Banques d'Etat, les seconds n'ont d'inquiétude que des intérêts financiers. Quant au Haut-Commissaire Impérial, puisqu'il ne relève que du Sultan, et que la Banque n'a ni attributions politiques, ni fonctions administratives, il n'a souci que de la gestion pécuniaire des ressources de son maître. Rien de comparable au corps diplomatique ne fait peser sur la Banque de menaces de contrôle international, à la fois politique et hostile à la France. Bien au contraire, dans le Collège des Censeurs, qui est le principal organe de surveillance, dans le Conseil d'administration qui est le véritable maître de la Banque, la France possède la majorité. Les Etats Unis ont renoncé à souscrire leur part. Le Conseil, de même que le Comité d'études, comprend donc quatorze membres. Comme puissance, nous avons une part dans le capital, donc une voix d'administrateur. Le consortium, en échange de ses droits de préférence, a deux voix. Et; par des accords formels, l'Angleterre, l'Espagne, la Russie, le Portugal, la Belgique et l'Italie nous ont promis la voix de leurs administrateurs respectifs. Il y a donc, pour soutenir les propositions des Représentants de la France, une majorité assurée de neuf voix. De même pour le Collège des Censeurs, oii le censeur français est certain de l'appui de ses collègues anglais et espagnol.
Les faits, dès le commencement, démontrent qu'à Algésiras, les ambitions de l'Allemagne et ses cupidités ont échoué ; qu'avec l'enjeu européen elle a perdu l'enjeu marocain, et qu'elle n'a pas davantage réussi à reconqué-
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rir l'hégémonie bismarckienne, qui la quitte, qu'à s'ap- ^ proprier un Maroc, que la France réclame. La police appartient à la France et à l'Espagne, et, pour chacune d'elles, dans les ports de la zone d'influence qu'elles se sont réciproquement reconnus. La Banque, sans appartenir à la France, comme la police des ports qui lui ont été attribués, n'en est pas moins docile à sa direction. La présidence du Comité d'études, chargé d'élaborer les Statuts et le Règlement est conférée, en mai 1906, à M. Georges Pallain, gouverneur de la Banque de France. La session de mai-juin, la session de novembre, se tiennent à la Banque de France Le conseil d'administration siège à Paris. Sans doute, les groupes n'usent pas encore de la faculté qui leur est reconnue par les Statuts, de choisir pour représentants des actionnaires d'une nationalité différente. Le conseil formé en février 1907 comprend, pour l'Allemagne, M. Arthur Fischel ; — pour F Autriche- Hongrie, M. Julius Hertz ; — pour la Belgique, le baron Baeyens ; — pour l'Espagne, M. Francisco Amezqueta y Nieto ; — pour la Grande-Bretagne, the Hon. Sydney Peel ; — pour l'Italie, M. Ganovaï ; — pour le Maroc, FAmin elHadj Idriès Ben Djilloun ; — pour les Pays-Bas, M. Van Nierop ; — pour le Portugal, M. da Cunha ; — pour la Russie, M. Maurice Verstraete ; — pour la Suède, M. M. Wallemberg ; — pour la France, M. L. Renouard ; — pour le Consortium, MM. Joanny Peytel et Gaston Guiot. Mais le choix de M. L. Renouard, comme président, révèle tout de suite l'influence prépondérante. Cette