LA CONSTITUTION D!^ LA BANQUE LT LA FRANGE
influence s'établit et s'installe. A M. Renouard, mort en 1910, succédera, à la fois comme Représentant de la France et président du conseil, M. Demacliy. A M. Demachy, mort en 191 1, succédera, dans sa double fonction, M. Dervillé, administrateur de la Ranque de Paris, président de la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M, A la vice-présidence, the Hon. Sydney Peel et M. Francisco Amezquela y Nieto, assurent, contre M. Arthur Fischel, à l'influence française Tavantage. Le conseil nommant le personnel, les employés sont en majorité français. Le directeur, à Tanger, est français, le sous-directeur espagnol, les deux fondés de pouvoir, anglais et allemand. Là aussi, comme dans le conseil d'administration, la France exerce l'hégémonie, et prévient toute tentative allemande par l'alliance hispano-anglaise. D'autres témoignages viennent corroborer la défaite germanique. Dans le collège des Censeurs où, à Sir Edward Law^, mort en 1909, et à M. Liron d'Airoles, démissionnaire, la même année, ont succédé the Hon. C. S. Addis et M. Guernaut, premier sous-gouverneur de la Ranque de France, — la rédaction du rapport annuel est confiée, chaque année, au censeur français. Le commissaire des comptes et le commissaire-adjoint, réélus à chaque assemblée générale, sont deux Français, M. d'Hérissé, et M. Choppin de Janvry. — Cettemajorité acquise à la France, enfin, ne peut-elle pas se transformer en une majorité, de fait, française ? Les Statuts prévoient des mouvements d'actions, non seulement à l'intérieurdes groupes, mais encore entre groupes. Ils stipulent qu'au moment
248 LÀ GENÈSE DE LA BANQUE d'ÉTâT
OÙ le sort désignera les administrateurs sur les pouvoirs de qui l'assemblée sera appelée à statuer, les groupes qui auront cédé plus de la moitié des actions constituant la part initiale, perdront leur droit de désignation, qui passera à l'assemblée (i) ? Tandis que nos amis prendront chez nous leurs représentants, sera-t-il donc tellement malaisé de découvrir des compensations assez tentatrices, pour que ceux-là qui ne sont venus à Algésiras qu'avec indifférence ou avec ennui, — voyant par ailleurs l'éclat tout neuf de l'hégémonie germanique se ternir et s'elïacer, l'entente des nations occidentales se resserrer, et se fortifier deux fois à l'Orient, par le raffermissement d'une alliance ancienne, dont les menaces allemandes ont prouvé la nécessité, par l'ébauche d'une alliance nouvelle, dont les intérêts anglais ont senti l'opportunité, — se laissent persuader que les temps sont venus de restituer la Banque à la France, de réparer l'erreur où l'Europe se laissa induire, et que l'incoercible logique des faits a commencé tout aussitôt de corriger P
(1) Statuts, art. 26.