Stobée, Ed., II
à la félicité du sage ^ Le bien absolu est invisible dans les descriptions psychologiques comme dans la réalité. C'est un soleil caché, et j'ai bien peur que les objets qu'il éclaire de rayons tant de fois tamisés et réfractés ne soient mal distingués par une vue peu exercée de ceux dont sa lumière est tout à fait absente. En ouvrant la porte, et c'était justice, au moindre des biens, on laissera par mégarde s'insinuer dans la morale ce qui n'a avec le bien aucune parenté.
Le mal admet à son tour des degrés et des nuances. Sénèque distingue les maladies de l'âme qui sont les vices vieillis en nous et maîtres de nous, et les affections, attaques intermittentes contre lesquelles nous pouvons nous défendre ^. Chrysippe avoue qu'il y a des craintes, des chagrins, des déceptions qui nous nuisent sans nous rendre pires. Ailleurs il recommande de ne point rompre une amitié pour toute espèce de griefs ^ Certains torts exigent sans doute une rupture. Mais à d'autres suffit une légère réprimande, et il en est même qu'il faut complètement négliger ^ Et les amitiés
1. Stobée, Ed., 100, 114, 126, 128, 136. Cf. Sénèque, Lettres, 66.