‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 11 sur 259 · Plutarque, Des contr. sioïc · texte numérisé non relu

Plutarque, Des contr. sioïc

18 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

seraient en effet plus stables si tous les amis pratiquaient cette casuistique indulgente qui consiste à se dire que les hommes, même ceux que nous aimons, ne sauraient être parfaits, et qui cherche à corriger plutôt qu'à envenimer et à mépriser. Gicéron attribue à Zenon une opinion analogue à celle de Ghrysippe : il est des fautes qu'on peut tolérer, d'autres non K Une faute est moins grave quand elle échappe à un moment de trouble et d'emportement que lorsqu'elle est l'œuvre calculée de la réflexion -. S'il fallait choisir entre ces deux maux, la fraude et la violence, Gicéron choisirait la violence, car la fraude a quelque chose de plus odieux ^ Les fautes et les vices peuvent donc être rangés sur une échelle qui, à l'inverse de celle de Jacob, nous conduirait dans l'abîme du mal. Mais le premier degré est encore bien près de terre, et n'est-il point des fautes si légères qu'on ose à peine les nommer des fautes?

Les maux et les biens se sont donc rapprochés insensiblement, et sur les limites de plus en plus lâches et flottantes pourront naître des

Page 1