‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 101 sur 259 · Plutarque, id · texte numérisé non relu

Plutarque, id

lesquels nous déguisons à notre propre palais ce que nous le condamnons à goûter. Mais ils ne le pourraient pas, tant il est vrai que tout dans cet usage de la viande est corruption et cruauté. — L'homme a de mauvais instincts, qu'il a d'abord assouvis contre les animaux malfaisants eux-mêmes. Telle fut l'origine de la chasse '. Puis, ayant goûté du carnage, nous nous sommes plu à immoler même les animaux domestiques, jusqu'à ce qu'enfin les combats de gladiateurs, vrais sacrifices humains, dont nous faisons notre spectacle préféré, montrent dans toute sa nudité, notre cruauté originelle. Loin de nous exercer ainsi à la barbarie sur les animaux, ne devrions-nous pas nous exercer sur eux à la bonté et à la compassion ^ ? — Mais, diton, ce que vous appelez cruauté est légitime défense. Les animaux sont nos ennemis naturels. Cela est vrai pour quelques-uns; mais comment expliquer que de ceux-là, c'est-à-dire des loups et des lions, nous ne fassions justement pas notre nourriture? Sans doute, les autres animaux, sans nous faire une guerre directe, nous disputent les fruits de la terre;

{. Plutarque, Quels animaux sont plus intelligents des terrestres ou des aquatiques? 1-2.

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