Plutahqce, id., 2. Cf. Symp., VIII
ils sont nos concurrents dans la vie. Il faut, par quelques holocaustes, arrêter leur trop rapide multiplication et leur envahissement *. C'est de bonne guerre; et, puisque la guerre est la loi naturelle, il faut se résoudre à la faire. Les anciens en effet n'ont jamais eu l'idée ambitieuse de résister à la nature, et de se faire des devoirs contre les instincts. — Mais au moins devrions-nous épargner les poissons *. Ils habitent un autre élément que le nôtre ; ils ne se nourrissent pas des mêmes mets. Nous n'avons aucun sujet de les craindre. Aussi les Pythagoriciens s'abstenaient-ils surtout de poissons, et Pythagore acheta un jour le coup de filet d'un pêcheur pour rendre à la mer tout ce qu'il lui avait pris '. — Quant aux animaux terrestres que la lutte pour la vie, et aussi les habitudes prises nous forcent à tuer, tuons-les avec pitié *. Ne transperçons pas de broches rougies la chair des pourceaux; ne piétinons pas sur les mamelles des truies, ne crevons pas les yeux des grues et des cygnes, raffinements
1. Plutarque, Symp., VHI, 8. — Sur ce pressentiment de la théorie de la concurrence vitale, voir encore Plutarque, Des Contr. stoïc, 32.