Plutauqce, gs Discours, i
134 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ
de la cruauté inventés pour servir aux raffinements de la sensualité. Ne soyons ni sensuels ni cruels ; notre corps y gagnera, et notre âme : car la frugalité est saine pour toutes deux *. — A ces arguments, Plutarqueet Sénèque ajoutent ceux que fournit la métempsycose. Chez cet animal que vous allez immoler est peutêtre l'âme d'un homme, peut-être d'un parent. Vous en doutez? Mais de grands hommes l'ont cru. Que perdez-vous à croire ou à faire comme si vous croyiez? — Une pâture de lions et de vautours. Et en ne croyant pas, vous vous exposez â l'assassinat et au parricide ^ Ce raisonnement , qui est du philosophe Sotion , ne fait-il pas penser à un raisonnement bien autrement célèbre de Pascal? « Pesons le gain et la perte : en prenant le parti de croire, si vous gagnez, vous gagnez tout : si vous perdez, vous ne perdez rien. Croyez donc si vous le pouvez. » Parmi tous les arguments que nous avons rapportés, les uns sont stoïciens, les autres sont pythagoriciens. De Pythagore est non seulement la crainte superstitieuse d'immoler un de ses semblables en immolant un animal, mais aussi le respect du droit de tout ce qui