‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 114 sur 259 · Epigr., I · texte numérisé non relu

Epigr., I

148 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

d'un droit trop longtemps exercé, et comme la conscience tardive d'une injustice que la mort rendrait irréparable? — Ce serait là un état de conscience que le conflit de l'ordre établi et de l'idée stoïcienne de l'égalité des hommes a dû rendre fréquent.

Que ce conflit n'ait pas plus bruyamment éclaté, c'est plutôt ce dont nous nous étonnerions. La part du stoïcisme est grande dans le progrès que nous venons de décrire. Accordons qu'il soit dû en partie à la culture plus grande des esprits et à l'adoucissement général des mœurs. Aux stoïciens restera toujours l'honneur de l'avoir provoqué par leurs théories et de l'avoir hâté par leurs protestations répétées en faveur des opprimés. Mais une chose nous surprend, c'est qu'ils ne l'aient pas hâté davantage, et que nous ne trouvions chez aucun stoïcien l'espérance et l'annonce de l'affranchissement universel. « Mes amis, dit Trimalchion à la fm d'une orgie*, les esclaves sont des hommes comme nous ; ils ont sucé le même lait, quoique la fortune les ait traités en marâtre. Cependant je veux que bientôt et de mon vivant ils goûtent l'eau des hommes libres. Enfin je les affranchis

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