‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 115 sur 259 · Pétrone, Satyr · texte numérisé non relu

Pétrone, Satyr

par mon testament. » Pourquoi rendre la liberté à ceux qui y ont droit, fût-il la boutade d'un homme ivre qui se vantait de n'avoir jamais assisté aux leçons des philosophes S et non l'utopie d'un philosophe dans son bon sens? Quelles raisons forcèrent donc les stoïciens à manquer de logique, ou, tout au moins, excusèrent à leurs propres yeux leur inconséquence? S'ils eurent l'idée de la dignité et de la fraternité humaines, ils en eurent une autre, qui ne leur fut pas moins chère, celle de la supériorité de l'ensemble sur le détail, de tous sur chacun, de l'intérêt général sur l'intérêt particulier. L'état, la société, avec ses institutions séculaires, bonnes ou mauvaises, sont choses sacrées et auxquelles on ne touche pas. Le stoïcisme fut une philosophie de conservateurs. C'est sur le tard qu'il se mit à prêcher pour tout le monde, même pour les femmes et les esclaves ^ et Dion reproche encore aux autres philosophes de ne pas s'adresser à la foule ^ A son idole, l'intérêt général, on comprend donc que le stoïcisme ait sacrifié, quoique avec

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