‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 117 sur 259 · Sénèquë, Des Bienfaits, IV · texte numérisé non relu

Sénèquë, Des Bienfaits, IV

ces bienfaits créent des devoirs. Voilà donc le sage mis dans l'alternative de sacrifier ces devoirs ou sa hautaine indépendance. De nombreux conflits vont naître de cette antinomie K Les devoirs de famille ne sont-ils pas les premiers de nos devoirs sociaux, et créer une famille n'est-il pas le premier des devoirs de famille? Une femme et des enfants sont le complément nécessaire de l'homme, et les affections de la famille sont le type de toute autre. Nous devons donner la vie que nous avons reçue en dépôt. Nous devons des enfants à l'humanité et à la patrie ^ — Cependant Épictète conseillant à Métronax de se marier le trouve rebelle. C'est pourtant un riche que ce Métronax, et il n'a pas pour excuse le scrupule du malheureux craignant d'engendrer des malheureux ^ Mais le mariage est un de ces devoirs que l'on prend ou que l'on laisse. Ce n'est même plus un devoir, ce serait une gêne pour le sage. Aussi le célibat philosophique devint-il une institution.

1. Nous suivrons d'assez près dans ces pages l'historien de la philosophie grecque, Zeller. Cette partie de son exposition du stoïcisme nous semble la mieux renseignée et la plus forte.

2. DiOGÈNE La'ÉRCE, vu, 121. Kai yy.it.-q<SEi^, wî ô Z-r,vwv cprjTiv èv iioTvtTeta, xat Trai3o7ro(r,c;£i76ai. Voir Ghrysippe, Antipater, MusoNius, cités par Zeller, 321, note 2.

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