‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 118 sur 259 · Voir Denis, ouvrage cité, I · texte numérisé non relu

Voir Denis, ouvrage cité, I

Ceux qui ont en effet l'ambition d'être les envoyés des Dieux doivent renoncer aux biens terrestres. Voyez-vous un sage entre sa femme, son beau-père et sa belle-mère, et ayant à plaire à tout ce monde? Le voyez- vous occupé aux soins du ménage, faisant chauffer de l'eau et baignant son petit enfant ^ ? — Épictète s'efforce de rendre ce tableau ridicule, et peut-être les stoïciens n'ont-ils jamais su tout ce qu'il y a parfois de grandeur à se faire petit. A moins de rencontrer une femme philosophe, ajoute-t-il, le philosophe a tout avantage à n'en pas prendre ^ — C'est ainsi que ceux qui se marient font bien, et ceux qui ne se marient pas encore mieux.

L'amitié sera-t-elle au moins une compensation pour le sage que sa dignité condamne au célibat? — Ici encore il y a du pour et du contre. Les stoïciens ont admirablement parlé de l'amitié, et nous avons vu qu'elle est pour eux l'égale des autres vertus. Sénèque appelle le sage un artiste en amitié ^ Et c'est d'un stoïcien, d'Hécaton, qu'est cette belle parole. « Voici une recette pour se faire aimer sans

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