‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 119 sur 259 · Faciendarum amicitiarum artifex. » Sénèqde, Lettres · texte numérisé non relu

Faciendarum amicitiarum artifex. » Sénèqde, Lettres

COJJTROVERSES MORALES loo

drogues, ni herbes, ni paroles magiques de sorcière. Aimez, on vous aimera \ » — Mais le sage fera-t-il les premières avances? Il ne manque de rien, il se tient compagnie à luimême *. Pourquoi s'embarrasser de liens dont son cœur ne sent pas le besoin? Sénèque répond à cette objection, mais son argumentation est pénible et embarrassée '; et si, comme il le conseille \ le sage perdant son ami répond à ceux qui le plaignent : « Je n'ai rien perdu, » n'est-ce pas que cet ami n'était rien pour lui? — De plus, le sage ne veut d'amis que ses pareils, et ils sont rares. De peur de se commettre , il restera donc dans son isolement. Pour vouloir trop de perfection dans l'amitié, il renoncera à toute amitié, et à l'impossible sacrifiera le possible.

Le stoïcien se trouve toujours placé entre deux courants contraires, l'un qui le pousse en dehors de lui, l'autre qui le rejette sur luimême et l'y enferme. C'est à propos des rapports du citoyen et de l'état que ce conflit éclate avec toute sa netteté. Nous avons vu que le

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