‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 121 sur 259 · Stobée, Floril., 45, 29. El [aev uovYjpà uoXueueTai, xoîç · texte numérisé non relu

Stobée, Floril., 45, 29. El [aev uovYjpà uoXueueTai, xoîç

CO.MROVERSES MORALES 157

ressemble. Il faut avoir des mérites à leur portée, et se faire vil pour attirer à soi ce qui est vil *. — On retrouve ici l'impitoyable dédain des stoïciens pour ces hommes qu'ils disent pourtant leurs frères. Dans une cité de sages chacun se devrait à tous. Dans les cités humaines, le sage se doit à lui-même qui vaut mieux que tous. Le stoïcisme a le triste honneur d'avoir inventé ce sophisme paresseux et orgueilleux : notre patrie n'est point digne de nos services; attendons pour nous mêler à la politique que ses oscillations l'aient ramenée à nous, — comme si le meilleur moyen pour guérir un malade était de l'abandonner provisoirement. C'est cette indifférence égoïste que recommande Chrysippe : « Que chacun, dit-il, ait le bon goût de ne s'occuper que de ses affaires. On évitera ainsi les dangers et les ennuis ^. »

Ce fut surtout aux mauvais temps de l'empire, alors que l'indifférence était prudence, qu'elle devint la règle stoïcienne de conduite. Une fois aux affaires, le stoïcien ferait son de-

1. Sénèque, Lettres, 29. « Quis enim placere potest populO) ctii placet virtus? malis artibus popularis favor quaeritur. Similem te illi facias oportct... ; conciliari nisi tiirpi ratioue amor turpium non polest. »

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