‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 123 sur 259 · Séisèque, Lettres · texte numérisé non relu

Séisèque, Lettres

4. Voir Séxèque, De la Tranquillité de l'âme, III, et Athé- NODORE, apud Sen., id. — A ces textes s'opposent sans doute les deux traités de Plutarque : Si « cache ta vie » est une maxime bien judicieuse, — et Si le vieillard doit prendre part au gouvernement. « Véritablement, dit Plutarque, recommander aux hommes vertueux de se tenir cachés et inconnus, c'est dire à Epaminondas : ne sois pas général; à Lycurgue : ne sois pas législateur; à Thrasybule : ne mets pas à mort le tyran; à Pythagore : n'enseigne point; à Socrate, ne converse point. » C'est d'ailleurs aux épicuriens que s'adresse Plutarque, plus qu'aux stoïciens.

intérêts plus généraux qui le préoccupent, et c'est au monde entier qu'il se doit. Or les problèmes qu'il agite ont une portée univ^erselle, tandis que les services qu'il rendrait à son pays seraient enfermés dans d'étroites limites de temps et d'espace *. Son apparente indifférence est donc un dévouement mieux entendu. — Mais j'ai bien peur que le devoir ne perde en solidité ce qu'il gagne en surface, et qu'il ne devienne trop facile de confondre avec des intérêts si généraux, partant si vagues, nos préférences personnelles. — Quoi qu'il en soit, lorsqu'il s'agit de choisir un genre de vie, nous trouvons donc aux prises les uns avec les autres des arguments dont la valeur dépend des circonstances et entre lesquels le choix est un problème? C'est là une de ces crises dont la solution retentit sur toute la vie de l'homme qui les a traversées. Et, s'il est une règle pour nous et à l'heure présente, pouvons-nous dire qu'elle vaille pour tous et pour toujours?

Il nous reste à étudier un dernier conflit dont le premier terme est toujours l'autonomie prétendue du sage. Il ne veut relever que de lui, et il foule aux pieds toutes les nécessités K

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