‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 125 sur 259 · Sénèque, id · texte numérisé non relu

Sénèque, id

162 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

la servitude. Mais elles sont pénibles, exigent trop de force d'àme? Où sont, dis-tu, les grandes routes vers la liberté? — Toutes les veines de ton corps \ — Mais nous sommes plus timides que les petits enfants; car, lorsque quelque chose cesse de leur plaire, ils disent : je ne jouerai plus. Et toi aussi, si quelque chose te déplaît, dis : je ne jouerai plus, et va-t'en ^

Puis un scrupule vient aux stoïciens. N'abandonnons-nous pas avec la vie une famille qui nous aime? Ne trompons-nous pas son affection et son attente ^? Sénèque nous apprend que, jeune encore, il allait se tuer pour échapper à d'horribles souffrances physiques, lorsqu'il fut retenu par la crainte de causer un trop vif chagrin à son vieux père *. Musonius nous défend le suicide quand nous pouvons encore être utiles à quelqu'un sur cette terre ^ Or, sommesnous jamais sûrs de n'avoir plus aucun service à rendre, aucun exemple à donner? Et quand cela serait, chacun de nous n'est-il point, comme disait Platon, un soldat à qui un poste est confié, ou, suivant une comparaison plus familière aux

Page 1