DiOGÈNE Laërce, VII
avoue qu'il préfère la première. Il préfère aussi une sagesse opulente à une sage pauvreté \ « Chez moi, dit-il, la richesse a quelque place, » et il se défend seulement de lui donner la première. Mais quel est le philosophe, quel est même l'honnête homme qui ne s'en défendrait? Gicéron a donc raison de dire qu'il n'y a entre les stoïciens et les autres hommes qu'une querelle de mots. Les stoïciens réservent scrupuleusement le nom de bien à la vertu, mais ils ne font pas pour cela moins de cas de tout le reste. Encore se relàchent-ils quelquefois de ce scrupule, et la vérité de leurs sentiments se fait-elle jour. Posidonius appelle biens la santé et la richesse ^ ; et il arrive à Ghrysippe ^ lui-même de faire à l'usage la même concession. — D'un autre philosophe qui n'aurait jamais eu les scrupules exagérés des stoïciens, cela serait sans portée; mais chez les stoïciens la confusion de mots semble trahir une confusion de choses , et les préférables élevés au rang de biens semblent élevés trop haut et prêts déjà à entrer en conflit avec le vrai bien, le bien moral.