‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 14 sur 259 · Plotarque, Des contr. stoïc · texte numérisé non relu

Plotarque, Des contr. stoïc

22 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

Quoi qu'il en soit, nous sommes loin de ces distinctions tranchées qui ne laissaient à l'homme que la terrible alternative de la sagesse et de la folie. La morale est descendue des sommets où elle planait, — un peu dans le vide. Elle est descendue dans la vallée où l'air est moins pur, mais plus dense et mieux fait pour des poitrines haletantes. Elle guide d'ailleurs ceux que tentent les hauteurs et qui gravissent le rude chemin qui y mène. Ceux-là ne sont point encore des sages, mais ils s'avancent (irpoxo-rj, Ttpoxô-Ttov) ^ vers la sagesse. Et il y a différentes étapes dans leur marche et leur progrès ^. De plus en plus ils s'aguerrissent et apprennent à défier la fortune ^ Enfin ils arrivent au sommet sans s'en douter, et la transition de leur misère passée à la dignité de sage est insensible. C'est le sens de cette phrase de Chrysippe : « Le sage devient sage sans s'en apercevoir \ »

Mais ce sage n'est plus peut-être celui que rêvaient les stoïciens. Il n'a plus la prétention

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