Justum ac tenacem propositi virum. » III
174 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ
sionnaire Jean de Witt, reçut la mort sans broncher. Certains morceaux de notre poète sont ainsi de vrais hymnes stoïques et des réminiscences comme devait en avoir un homme élevé à l'admiration de Gaton, un ancien soldat de Brutus *. Mais Horace est plutôt un ami qu'un adepte de cette orgueilleuse vertu. Il sourit tout le premier de son stoïcisme intermittent S et ne se donne nullement pour un sage. Il serait plutôt de ceux dont la scolastique stoïcienne disait qu'ils s'avancent (-goxôtctovtcç) vers la sagesse. Se faisant vieux, il songe à sa conversion, comme font certains viveurs de nos jours; et c'est ce mélange de belles résolutions et de confidences d'un tout autre genre qui fait le charme vraiment humain de la lecture d'Horace. Chacun se reconnaît en lui, et sa vertu accommodante a quelque chose d'encourageant. On fait ce qu'on peut, nous dit-il. Vous n'aurez jamais la vue de Lyncée; ce n'est pas une raison pour ne pas laver nos yeux malades. Vous n'aurez jamais la vigueur de bras de Glycon :
n'en soignez pas moins votre goutte ^
Mais ne remettez pas votre guérison à demain.