‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 135 sur 259 · HoR-VCE, Epitres, I · texte numérisé non relu

HoR-VCE, Epitres, I

Car commencer, c'est avoir à moitié fait ^ Et il nous donne l'exemple. Tout entier à luimême, à sa campagne, il arrache l'ivraie de son âme, pendant que son jardinier l'arrache de son champ, et, pour exciter leur zèle à tous deux : « Voyons, dit-il, qui sera en meilleur état, d'Horace ou de sa terre ^ » Cet épicurien se plaît à table; mais ce n'est point pour y causer du champ et de la maison du voisin, ni du danseur à la mode; d'autres choses le touchent de plus près, et qu'il est fâcheux d'ignorer : « Est-ce la fortune ou la vertu qui fait le bonheur? Sur quoi se fondent les amitiés, sur l'utile ou sur l'honnête ^? » Horace fait aussi la grasse matinée; il aime l'ombre des portiques. C'est que, dans son lit comme dans ses promenades, il s'appartient, il pense à lui : « Ceci est mieux, se dit-il; ma vie en sera meilleure. Ainsi je plairai à mes amis. Mais voilà qui ne vaut rien. Est-ce que par hasard, et sans m'en douter, j'agirais de la sorte *. » — « Un poète, dit spirituellement M. Martha % qui s'examine, se juge, se gronde, un poète mécontent de lui-

1. Horace, Epitres, I, 2. « Dimidium facti qui cœpit habet. »

Page 1