Aulu-Gelle, id., XIV
trouve suffisante. Ce même philosophe, ne perdant paè l'occasion d'une dissertation, montre à ce propos dans combien de difficultés la conscience du juge se trouve impliquée. Peut-il juger d'après des renseignements qu'il doit à des circonstances fortuites et personnelles? — Peut-il faire pressentir son opinion avant le jour du jugement? — Peut-il, s'il découvre un moyen terme qui a échappé aux parties, arranger leur différend, au lieu de le trancher *. — Toutes difficultés que le magistrat doit commencer par résoudre. C'est donc au dedans de lui qu'il s'exerce à juger, sans cesse justiciable de lui-même, et jugeant à l'avance ses propres jugements.
« On discute souvent parmi les jurisconsultes, écrit Quintilien, la lettre et l'esprit de la loi, et la plus grande partie des controverses de la jurisprudence roulent sur cette question : quel est le sens, l'esprit de la loi écrite? Il n^est pas étonnant qu'il se produise des discussions de ce genre dans les écoles des déclamateurs, où l'on imagine à dessein des suppositions qui puissent y donner lieu ^. » Cette phrase de Quintilien nous mène par une tran-