Maxime de Tyr, Dissertations, XT
nous convient. L'anecdote suivante en fait foi * : Un Phrygien profitant de l'ivresse d'un Satyre le fait prisonnier et exige pour sa rançon qu'il lui accorde tout ce qu'il peut accorder. Le Satyre promet. Notre Phrygien de demander alors que toute la terre se change en or pour lui. Ainsi fut fait. Mais tout le pays manqua bientôt de blé, et il fallut supplier le Dieu de reprendre son bienfait. Laissons donc les Dieux, qui les connaissent mieux que nous, veiller sur nos intérêts. D'ailleurs, si nos vœux sont d'accord avec leurs desseins, ils sont inutiles, et s'ils les contredisent, ils sont inutiles encore et impies. Ne faut-il donc pas prier? Ce serait, s'il l'osait, la conclusion de Maxime de Tyr. Pour lui, prier c'est seulement demander la force et la paix de l'àme, l'intégrité des mœurs et autres biens qu'il nous appartient ensuite de nous donner à nous-mêmes ^ Pour d'autres % ce sera se soumettre, confondre sa volonté avec la volonté de Dieu. D'autres viendront encore qui dans ce « fiat voluntas » mettront moins un acte de raison qu'un acte d'amour. Ces pieuses