‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 155 sur 259 · Maxime de Tyr, Dissertations, XI · texte numérisé non relu

Maxime de Tyr, Dissertations, XI

3. Sénèque, Lettres, 10. Cf. ici., 60. Voir Martha, les Moralistes..., p. 126 et 129.

202 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

effusions et ces hommages désintéressés, qui n'abaissent ni celui qui prie, ni le Dieu auquel il s'adresse, sont peut-être l'idéal de la prière. Mais on n'empêchera jamais le cœur humain de croire que Dieu se fait petit pour l'écouter, et de lui confier avec un respectueux abandon les plus honnêtes de ses désirs et de ses tristesses. La raison proclame l'inanité de pareilles prières, mais « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ».

L'influence des rhéteurs sur les esprits fut double. Ils jetèrent dans le courant de l'opinion les plus brûlantes parmi les théories de l'école : ils furent des vulgarisateurs. Ainsi ces séances de déclamation, vie artificielle des esprits d'alors, n'étaient pas sans quelque intérêt réel; et elles ressemblaient de loin à ces conférences qui de nos jours sont les ateliers des idées et l'antichambre des réformes. Mais les maîtres de tous les jours, et qui traitaient avec leurs élèves les questions de la vie quotidienne, eurent peut-être une action plus pénétrante, sinon plus éclatante. Ils sont plus moralistes, si les premiers sont plus philosophes * ; et nous croyons avoir montré que ces moralistes sont des casuistes.

1. Voir Dems, Histoire des théories et des idées morales, II, p. 193.

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