‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 161 sur 259 · Epictète, Diss., I, 26; III · texte numérisé non relu

Epictète, Diss., I, 26; III

même deviennent avec lui plus compliqués. Il apprend à ruser avec le mal. A ceux qui ont coutume de s'emporter, il conseille de laisser passer un jour, puis deux, puis trois sans colère. « Au trentième on offrira un sacrifice à la divinité \ » On a justement comparé cette indulgence décroissante pour soimême au registre que tenait Franklin de ses défaillances, s'enrichissant moralement tous les jours « au moyen de petites économies de vices * ». — Ajoutons que cet art de lire en nous de plus en plus profondément nous donne en même temps que la conscience des défaillances qui nous sont propres, celle de la dignité et des obligations que la raison nous confère ^ et qu'ainsi nous y trouvons ce double avantage d'apprendre à mieux remplir nos devoirs et à les mieux connaître.

Mais il faut passer d'Epictète à Marc-Aurèle pour trouver le plus parfait modèle d'examen de conscience, en même temps que le plus beau livre et la plus belle âme de l'antiquité païenne. Le livre des Pensées est un journal, le journal d'un empereur, et qui, sur dix-neuf ans de

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