Map.c-Alréle, m. o: V, 1: VI, 30: XI
gouverneurs, ses amis, ses proches, et enfin envers ses serviteurs \ derniers mots qui n'ont pas besoin de commentaire, et rare exemple d'un souverain plus préoccupé de ce qu'il doit, même aux plus humbles, que de ce qu'on lui doit. Et Marc-Aurèle conclut cet examen par ces mots : « Puis-je dire, à l'heure qu'il est : jamais je n'ai fait tort à personne, ni par mes actions, ni par mes paroles? » Et n'allons pas croire qu'il se donne des absolutions de complaisance. Le devoir lui semble n'être jamais achevé : « Au dedans de toi est une source de bien; une source intarissable, pourvu que tu creuses toujours ^ » Puis un oubli ou une surprise sont toujours à craindre '. Puis il faut avoir la hâte de la vertu, car la mort peut venir avant que nous ayons mis la dernière main à notre perfectionnement *. Aussi exercet-il sur lui-même la plus impitoyable surveillance % et à chaque instant, pour chaque action, il se demande : « Quel usage est-ce que
1. Marc-Aurèle, V, 31. Nous avons déjà fait allusion à ce texte en exposant les opinions stoïciennes sur l'esclavage.